‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1000 sur 1111 · POM · texte numérisé non relu

POM

franc, la Belle de Vannes et la pomme Api avec ses deux variétés, la noire et la rose. |

Les Pommiers, encore plus que les Poiriers, fontelæ richesse de nos vergers. C’est dans les vallons de montagnes et à l'exposition du nord qu'ils réussissent le mieux. Une terre franche, forte et un peu fraiche leur convient à merveille. C’est là qu’ils donnent quelquefois une telle abondance de fruits, qu’il faut étayer leurs rameaux qui se courbent sous le poids de leursrichesses. Un verger chargé de fruits est, ainsi qu'une forêt d’Orangers, une des plus belles images de la fécondité de la nature et de la bonté de la Providence pour l’homme, unique objet de tant d'amour et de soins.

Les Pommiers, comme les Poiriers, se greflent en fente ou à l’écusson ; la première méthode est employée surtout pour les Pommiers à plein vent. Les sujets employés pour la greffe sont’toujours d’autres Pommiers; ils se divisent en trois classes : les Egrins, les Doucins et les Paradis. On appelle Egrins ou Aigrins les sujets francs qui viennent par le semis des pépins, Doucins une variété que l’on perpétue par le marcottage ou. par rejetons enracinés, et Paradis une autre variété plus petite que l’on multiplie de la même facon. Ces deux dernières variétés ont été obtenues primitivement par le semis. Les Pommiers à plein vent et les grandes quenouilles se grellent sur Egrin ; les arbres de troisième grandeur, tels que les gobelets, les contre-espaliers et les pyramides moyennes, se greflent sur Doucin, et les sujets de quatrième grandeur, les nains de lespèce, se grelfent sur Paradis. Plantés à 70 centimètres, maintenus courts, arqués et soudés

aux extrémités à l’aide de la greffe par approche, ceux-ci

euvent former des bordures élégantes el produisant de trèseaux fruits. Il est bon de ne mettre qu’une espèce à chaque bordure; la Calville blanche et la Reinette du Canada réussissent très-bien pour ce genre de culture.

La pomme est l’un des meilleurs fruits que possède la France. Elle müûrit à l'époque où on n’en a presque plus d’autres; on peut, en la privant le plus possible d’air et de lumière, conserver certaines espèces d’une année à l'autre, en les mettant à l'abri de la gelée et de l'humidité, (V. Frur- TERIE.) Elle se mange crue, cuite ou conlite. On en fait des marmelades, des gelées, du sirop, du sucre. On en prépare aussi pour les malades une tisane rafraichissante. La pulpe est un collyre dans l’inflammation des yeux. Les parfumeurs en font un cosmétique.

Le cidre se prépare avec le suc fermenté de la pomme ; on y emploie surtout les nombreuses variétés de la pomme sau-

186 PON vage, acides ou amères ; mais cependant on y fait entrer aussi des pommes douces.

Laæ préparation en est bien simple. On broie les pommes qu’on laisse ainsi amoncelées pendant quelques heures, après quoi on les porte au pressoir. Le jus, mis dans des tonneaux, entre en fermentation au bout de deux ou trois jours et re- Jette une écume rougeûtre; lorsqu'il n’en coule plus, on bouche les futailles, et l’on obtient du cidre fort si on le laisse sur sa lie, ou bien du cidre doux si on le soutire aussitôt qu’il est clarifié. Il peut, avant sa fermentation, servir aux mêmes usages que le vin doux. (V. Vigne.) Le marc des pommes peut encore être employé à faire du petit cidre et à nourrir les animaux, les cochons surtout. Dans les pays où on ne fait pas de cidre, les pommes sauvages sont passées au four pour être ensuite mêlées à l’eau et faire une boisson rafraichissante aux gens de la campagne. Le bois du Pommier est assez dur et assez solide pour servir en menuiserie, mais il est loin de valoir celui du Poirier.

Le P. commun, à fleurs semi-doubles, est cultivé dans les jardins paysagers comme arbre d'agrément. On y plante aussi le P. DU JAPON, nommé aussi Poirier ou Coïgnassier du Japon, dont on admire au premier printemps les belles fleurs incarnates. Cette espèce donne souvent à Lyon des fruits très-aromatiques et qu’on peut utiliser. On en fait une confiture délicieuse, et on en fabrique un ratafa excellent. Pour faire ce ratafia, on commence par préparer le jus de pomme. Pour celte opération, on prend 100 pommes du Japon et 300 grammes d'amandes douces. On ràpe les pommes, auxquelles on a soin de laisser leur écorce, et on pile les amandes mondées. On mêle la pâte bien homogène de celles-ciavec la pulpe de celles-là. On abandonne le tout au repos, puis on liltre. Le suc ainsi obtenu est clair et d’un parfum exquis. Quand on en a une quantité suffisante, on le mêle à parties égales avec de la bonne eau-de-vie. On ajoute, sur 6 kilogrammes de mélange, une petite quantité de cannelle fine concassée, de coriandre également concassée, de girofle, de macis et d'amandes amères. On fait infuser le tout pendant six jours, puis on ajoute 4 kilogramme 250 grammes de sucre concassé. On filtre à la chausse, et on obtient une liqueur stomachique et très-agréable. II faut la conserver dans des bouteilles de verre noir et à l'ombre.

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