REMORDS-DU-DIABLE. V. SCABIEUSE
RENAVELLE. V. RAIFORT SAUVAGE.
RENONCULE. Ranunculus (du latin rana, grenouille). La plupart des espèces de ce beau genre, croissant dans les marais et sur le bord des eaux, ent emprunté leur nom de leurs voisines en marécage. Leur suc, âcre et caustique, est un poison dans quelques unes; mais on peut l'utiliser en appliquant leurs feuilles fraiches comme vésicantes, Les + à fleurs jaunes sont confondues sous le nom de Bouton-d'or.
Celle des Renoncules qui, par la variété et la vivacité de ses mille couleurs, le bleu excepté , l'emporte sur toutes les autres, est la R. ASIATIQUE où DES JARDINS, R. Asiaticus. Sa culture à commencé à la cour de Mahomet IV, et a passé de là à Marseille, en France et surtout en Hollande, où cette belle fleur est devenue-une branche de commerce. C’est de là qu’on l’expédie aux fleuristes de toutes les parties du monde et qu'on en fait des collections pour lesquelles se passionnent les amateurs. La Renoncule se multiplie par ses racines nommées pattes ou griffes, qu'on plante ordinairement vers la fin de janvier, en ayant soin el les abriter contre les gelées de la lin de l'hiver. Il leur faut une terre douce, légère et terreautée, à l’exposition du levant ou du midi. La culture est à peu près la même que celle des Anémones(V. ANÉMOXE), excepté
que les griffes se plantent moins espacées et à une moins grande profondeur. Cependant on peut varier l’époque des plantations depuis la mi-septembre jusqu’au mois d'août, en ayant soin de ménager l'ombre et l’eau en raison de la température. Avant de les planter, on fera bien de faire tremper les grilles pendant douze heures dans de l’eau de suie pour les préserver des insectes.
LaR. ACRE, R. acris (Bouton-d’or, Bassinet), est très-commune dans les prés et fort grande (de 4 à 10 décimètres). On la cultive dans les jardins pour sa variété double, à petites fleurs parfaitement pleines, rondes et du plus beau jaune. Où la multiplie par éclats, en terre légère, franche et fraiche.
La R. RAMPANTE (Bassinet rampant, Pied-de-coq), et la R. BULBEUSE (Rave-de-saint-Antoine, Grenouillette), sont renarquables par la beauté de leur fleur large et d’un éclat métallique. On cultive leurs variétés à fleurs doubles. Les feuilles de la Renoncule rampante sont connues des ménasères sous le nom de piport ou pied-de-poule ; elles entrent dans la nourriture des dindonneaux. Le collet de la Renoncule bulbeuse est vénéneux et sert à empoisonner les rats.
La R. SCÉLÉRATE (Grenouillette des marais, Mort-auxvaches, Herbe sardonique), est très-commune dans les fossés d'eau stagnante ; elle justifie tous ses roms par sés sucs vénéneux et caustiques; aussi les animaux la fuient. Sa fleur est peu remarquable, mais elle est assez singulière par le cône allongé de son fruit.
La R. FLAMMETTE Ou PETITE DOUVYE, R. flammula, a les fleurs pâles mais nombreuses. Ses feuilles entières sont vésicantes.
La GRANDE DOUVE, R. lingua, à haute tige et grande fleur du plus bel or, mériterait une place dans les pièces d’eau des jardins. Elle est assez rare.
La R. pes cHamps, R. arvensis, pullule dans les blés, d’où on l’arrache. Elle n’a de remarquable que ses capsules hérissonnées.
La R. 4 FEUILLES D’ACONIT ne se trouve que sur les hautes montagnes, où elle est simple. Dans les jardins, où elle est double, on lanomme Bouton-d’argent, et les Anglais Belle Pucelle de France; elle est globuleuse et d'une éclatante blancheur. Il lui faut une terre légère, de fréquents arrosements et un bon paillis hiver.
La R. DES GLACIERS ne se trouve que dans le voisinage des neiges éternelles ; le rose pâle de sa coroile, l'air languissant et abattu de sa tige el de ses feuilles, attestent les derniers
efforts de la nature contre les rigueurs du froid et l'empire des glaces.
La R. THoRA, la plus vénéneuse de toutes, croit aussi sur les hautes montagnes. Elle était connue des anciens guerriers, qui trempaient le fer de leurs lances et de leurs flèches dans son suc pour l’empoisonner.
RENOUÉE. Polygonum. À la tête de toutes les espèces in téressantes de ce genre nombreux, on remarque la R. sar- RASIN, P. fagopyrus (Blé noir, Blé rouge, Blé de Barbarie, Bucail, Carabin), originaire d'Afrique et d’Asie, répandue dans toute l'Europe, et d’une immense ressource pour les pays pauvres et les mauvais terrains. Le nom de Blé qu’on lui donne prouve d’ailleurs assez le prix qu'il a et l'usage qu'on en fait. Egalement propre à la nourriture de l’homme et à celle des animaux, on réduit son grain en farine pour les usages de la table, ou on le donne en nature pour nourrir et engraisser les pigeons, la volaille, lescochons, les moutons, et servir d’avoine aux chevaux. Sa fleur, recherchée des abeilles, leur fournit beaucoup de miel et une cire très-blanche ; sa tige, surtout dans une variété vivace connue sous le nom de P. cymosum, fournit un bon engrais pour les champs et beaucoup de potasse. Le Sarrasin croit si vite, qu’on le place entre deux récoltes pour en avoir une troisième; mais 1l craint le froid et les terrains humides. On sème de juin en juillet, à la volée, plus ou moins épais selon qu’on tient au grain ou seulement à l'engrais. L'usage du Sarrasin comme fourrage n’est
as absolument sans danger pour les troupeaux, au moins à ‘écurie.
La R. DE TaRTARIE, P. Tataricum ou dentatum, originaire de Sibérie, diffère surtout du précédent par les angles dentés de ses fruits ; il est aussi plus ramilié, plus productif et moins sensible au froid.
La R. misrorTE (Feuillette, Serpentaire) tire son nom de sa racine contournée et deux fois repliée sur elle-même ; elle est d’un grand effet dans les prairies des hautes montagnes par Sa tige élevée et ses fleurs en épi d’un rose charmant. La racine, précieuse par le tannin qu'elle contient, est un astringent qu'on emploie dans les flux chroniques, les hémorrhagies, ol diarrhées atoniques, etc.; associée à la grande Gentiane et à quelque autre amer, la Bistorte est un fébrifuge, mais son action est trop énergique pour être risquée impunément et sans précautions. On la cultive en Suisse comme plante fourragère, mais son foin est dur et de médiocre qualité. Les fouilles cuites sont alimentaires, ainsi que les graines, qu'on mange en Islande; ces graines sont aussi bonnes que le
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Sarrasin pour les oiseaux. La racine, qui sert à tanner, rerrferme, outre son principe astringent, une fécule nutritive dont on fait du pain en Russie.
La R. VIVIPARE, qui croit sur les hautes montagnes, ressemble assez à la précédente, quoique beaucoup plus petite. Les fleurs inférieures de son épi rose se changent, comme dans quelques Aulx, en bulbilles noirâtres, qui reproduisent la plante et lui ont valu son nom spécifique.
On a donné celui de Persicaire à quatre espèces de Renouées assez semblables aux deux précédentes :
La PERSICAIRE DU LEVANT, P. Orientale (Bâton-de-saint- Jean, Cordon-de-cardinal, Monte-au-ciel, grande Persicaire), belle plante &e 1 à 2 mètres, à larges feuilles partant d’un anneau remarquable, et à longs épis de fleurs rouges, retombant avec grâce. Elle se ressème naturellement, mais il est mieux d’en mettre sur couche et de repiquer en terre fraiche pour avoir plus tôt les fleurs; on peut utiliser la graine pour les oiseaux et la volaille.
La PERSICAIRE AMPHIBIE, P. amphibium, embellit le bord et la surface des eaux tranquilles par de jolis épis roses s’élançcant du milieu de larges feuilles qui nagent sur l’eau. Sa racine, astringente et dépurative, est un des succédanés de la Salsepareille.
La PERSICAIRE DOUCE, P. persicaria (Pied rouge, Fer-àcheval), a quelquefois des feuilles tachetées de noir ou de blane. Ses fleurs forment de beaux épis blancs ou roses. Toute la plante a été vantée comme vulnéraire, astringente , antiputride et odontalgique; elle teint en rouge-orangé. Ses graines nourrissent la volaille.
La PERSICAIRE ACRE OU BRULANTE, P. hydropiper (Poivre d’eau, Piment aquatique, Curage) a dans ses feuilles toute l’âcreté qu'annoncent ces différents noms. Elle est repoussée par les animaux ; c’est une plante vénéneuse dont le suc rubéfie la peau. On s’en sert dans la goutte, et on lemploie aussi pour raviver les plaies blafardes et putrides. Elle est très-commune dans les lieux humides ; sa graine peut remplacer le Poivre.
La R. LISERON, P. convoluulus (Vrillée sauvage), et la R. DES BUISSONS, P. dumetorum (grande Vrillée), n’ont de joli que leur vert feuillage qui enlace les arbrisseaux, et de bon que leurs graines qui nourrissent les oiseaux. Sous ce dernier rapport, la R. DES OISEAUX, P. aviculare (Traïînasse sanguinaire, Herbe-des-saints-Innocents), est la plus intéressante. Elle se trouve partout ; ses tiges grêles et rampantes font de petits liens. Tous Les animaux la mangent, les oi-