‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1090 sur 1111 · ÉPICE. V. NIGELLE CULTIVÉE · texte numérisé non relu

ÉPICE. V. NIGELLE CULTIVÉE

— SAINE. V. MILLEPERTUIS-ANDROSÈME.

— VENUE. V. SENEÇON YULGAIRE.

TRADESCANT. V. EPHÉMÈRE DE VIRGINIE.

TRAINASSE. V. AGROSTIDE RAMPANTE, RENOUÉE DES O1- SEAUX. | TRÈFLE. Trifolium:(de ses trois folioles). Les’Frèfles méritent, par le nombre de leurs espèces et leur importance comme fourrage, un des premiers rangs dans la riche : famille des Légumineuses. Le plus intéressant, le plus cultivé, est le T. pes pRÉS, T. pratense (grand Trèflé rouge, Trèfle rouge de Hollande et de Piémont), qui fait d'excellentes prairies artificielles de deux à trois coupes par an et bonifie le terrain qu’il occupe. L’action.continuelle de ses racinespivotantes rend la terre plus meuble,ret; loin de lépuiser, la nourrit par les sels végétatifs que les débris de ses feuilles et. là sé-

crétion des racines y déposent. Elles ont tant d’affinité avec les Céréales, que les belles récoltes qui succèdent au Trèfle l'ont fait nommer le pére nourricier du froment.

Il faut au Trèfle une terre fraîche et profonde; un sol argileux convenablement défoncé, et un terrain sablonneux, des w’il ne soit pas trop sec, peuvent aussi lui convenir.

n le sème avec l’Orge et l’Avoine, et quelquefois sur les Blés l'hiver. Sa graine est si menue, qu'il serait à propos de ka mêler avec du sable fin pour la semer plus également. Le plâtre est de tous les engrais celui qui le rend le plus fort et le plus épais. Ce fut F'illustre Franklin qui en introduisit l’usage. Pour démontrer aux agriculteurs récaleitrants l'in fluence de son action, il éerivit avec du plâtre dans un obamp de Trèfle ces quatre mots : Ceci a été plätré. Au moment de la récolte, le Trèfle, développé avec une plus grande vigueur, montra ces mots écrits en caractères gigantesques et convainquit ainsi les plus incrédules, Ce n'est ordinairement qu'après la seconde coupe qu’on fait pâturer le Trèlle ; mais on doit se garder d'y conduire les troupeaux quand il est mouillé ou de le leur donner tel à l’étable, pour éviter la météorisation, à laquelle il donne lieu trop souvent (4).

On reproche au Trèfle la lenteur de sa dessication et le brisement de ses feuilles quand on veut le conserver en grange; le meilleur moyen d’obvier à cet inconvénient est de le mêler sur place avec.de Ja paille d’Avoine qui le: sèche et simprègne de son suc; on peut Je laisser ainsi en petites meules pendant deux ou trois jours, après quoi il n'en. faut qu'un pour le sécher. Si la pluie est N craindre, on le tasse ainsi mélangé dans la grange sur des fagots qui établissent dessous un Courant d'air. On peut par ce moyen le conserver trèslongtemps. |

Le T. INCARNAT, T. incarnatum (Trèfle russe, Farouche). d’un très-bel effét par ses longs épis rouge-cramoisi, est annuel et plus communément cultivé dans le midi de la France; ne donnant qu’une coupe, il est nécessairement très-inférieur au.précédent, mais il a l'avantage d'utiliser une terre où on ne mettrait rien et de la préparer à une bonne récolte. La graine se sème avec sa gousse sur le chaume légèrement retourné ; elle lève promptement ei résiste au froid. La coupe se fait au printemps, et dès le mois de mai on peut semer

(1): Le médicament le plus sûr à employer ilans ces circonstances est l'am moniac (alcali volatil liquide) mêlé à ‘une infusion adoncissante quelconque dans la, proportion de 16 à 32 grammes pour le cheval et le bœul, el de deux tiers de uioins pour les chèvres et les mou'ons.

autre chose. On peut aussi remplacer par du Trèfle incarnat un semis de grand Trèfle rouge qui aurait manqué. Il suffit alors de semer par un temps humide la graine en gousse sur les clairières.

Le T. DE MOLINÉRI, svariété du Trèfle incarnat, à couleur beaucoup plus pâle, se cultive de même. Il est plus convenable pour les pays froids, mais il est d’une qualité. inférieure.

Le T. RAMPANT, T. repens (Triolet, Houssy des Anglais, Trèfle blanc, petit Trèfle de Hollande), se sème en abondance dans les prairies permanentes ; il est vivace, trace beaucoup et donne un bon fourrage qui convient aussi.bien aux terrains secs qu'aux sols humides.

LeT, JAUNE-BLANC, T. ochroleucum, voisin du Trèfle com- Inun, convient très-bien aux prés couverts des montagnes.

Le T. pes cHaAuPs, T. ayvense (Patte-de-lièvre, Miton, Mignonnet blanc), croit naturellement dans les terres à blé. I en bonifie la paille, mais gâte le grain et rend le pain rougeûtre. Sri

On cite encore comme intéressants le T. ÉLÉGANT, trèsvoisin du Trèfle rampant.et dont les capitules sont d'un joli rose : il convient très-bien aux prairies humides ; le T. FRAI- SIER, T. /ragiferum, qui semble ne sortir de terre que pour se couvrir de têtes sphériques à calices blancs, serrés et ballonnés, assez semblables au fruit dont il porte le nom; le T. ENTERREUR, T. subferraneum, très-remarquable par sa manière d’enfoncer son capitule dans la terre pour y mûrir et y semer sa graine ; enfin le T. pes Axrpes (Réglisse des montagnes, Réglisse des Alpes), qu’on prendrait pour un étranger à sa race à la vue de ses longues :corolles-en :ombelle. Sa fleur est belle, mais sa tige est aussi courte que sa racine est longue ; celle-ci, douce, succulente et sucrée, remplace la Réglisse pour les montagnards. On ne le trouve que sur les sommets élevés, Pierre-sur-Haute, le pic de Sancy, les Alpes, etc.

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