‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 1103 sur 1111 · VES · texte numérisé non relu

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de mars, dans des terrines placées sur une couche de fumier bien chaud et abritées contre les gelées. La terre qu’il convient le mieux d'employer est un mélange de sable fin et de terre de bruyère. Dès que les chaleurs arrivent, on: tient les jeunes plants à mi-ombre, on les arrose légèrement de temps en temps, et, quand ils ont six feuilles, on les repique en place, en ayant soin de conserver la motte-et de les tenir à lombre sous des pots renversés pendant deux ou trois jours. La graine doit être récoltée bien mûre, ce que l’on reconnaît quand elle devient grise ou noire. Celle des mois de juillet et d’août est toujours la meilleure.

VESCE CULTIVÉE. Vicia sativa. (Pesette, Vesce-de-pigeon, Jarousse, Billon.) C’est, après la Luzerne, le Trèfle et le Sainfoin, le fourrage légumineux le plus répandu. Les anciens en faisaient le même usage que nous. On en distingue deux variétés : celle du printemps, qu’on sème de mars en juin dans les terrains forts et un peu frais, et qui sert à remplacer le foin quand la récolte manque; celle d'hiver, qui préfère un sol sec et léger, et qu’on sème en automne. Quelquefois, entre ces deux époques, immédiatement après la moisson, on la sème encore pour l’enfouir et servir d'engrais au Froment de la mème année. On en fait de bons pâturages et des coupes pour nourrir les troupeaux à l’étable. Au reste, la Vesce, étant humide, présente les mêmes inconvénients pour la météorisation que le Trèfle. Sous le nom de Pesette, son grain fait la nourriture ordinaire des pigeons domestiques, qui en sont très-friands; mais il est contraire aux canards, aux poules, aux dindonneaux, aux cochons. L'homme peut en user comme d’un aliment dans les années de disette ; mais on préfère pour la table la V. BLANCHE, V. sativa alba (Lentille du Canada), dont le fourrage est aussi bon que les autres et le grain bien meilleur. On peut faire des purées avec la farine ; la médecine peut Femployer comme résolutive. La décoction des grains se donne en Angleterre aux enfants comme sudorifique dans les maladies éruptives.

Les Vesces sont des plantes grimpantes, à tiges faibles qu'il est bon de soutenir par quelques tiges de Seïgle ou d’Avoine que l’on sème en même temps.

La V. crACCA, V. cracca (Liciet des prés, Pois-à-crapaud), est la seule des espèces vivaces qu’on associe à l'herbe des prés. Elle y est d’un très-joli effet et produit beaucoup. Sa tige s'élève quelquefois à 4 mètre.

VESPÉTRO. On donne ce nom à une sorte de liqueur composée ayec plusieurs végétaux. C’est un des ratafas les plus stomachiques qu’une habile ménagère puisse avoir en

réserve pour les bonnes occasions. Au lieu d'aller l'acheter chez les marchands, qui souvent le frelatent et le font payer fort cher, elle peut très-facilement le fabriquer elle-même. I suffit pour cela de prendre 32 grammes de graines d'Anis vert, grammes de graines de Fenouil, 32 grammes de graines de Coriandre, 46 grammes de graines de Céleri, 32 grammes de graines de Carvi; on enlève les zestes (épidermes) de quatre oranges et de trois citrons ; on fait macérer pendant huit jours dans 12 litres d’eau-de-vie ; on distille ; ensuite on fait un sirop (V. Sirop) avec 3 kilogrammes et demi de sucre et 3 litres d’eau, et on filtre.

VESSE-LOUP. Lycoperdon. Qui ne connait ces impures produetions de la terre que l’on voit sortir grosses comme un petit œuf, à pellicule blanchâtre, et pleines d’une poussière fauve qui s’en échappe avec le bruit que rappelle leur nom quand on les presse sous le pied? Ce sont les sporules de cette espèce de Champignon que l'on dissémine ainsi quand ils sont parfaitement mûrs; jusque là leur intérieur est plein d'une substance blanche et compacte que l'on peut utiliser dans les gros Lycoperdons, tels que le Boviste. On la mange en quelques provinces. Elle peut servir d'amadou après avoir été desséchée, battue et trempée dans de l’eau de nitre très-chargée. Mais quand cette substance s’est convertie en poussière par la maturation, elle devient âcre, cause de la cuisson et de linflammation si elle est portée dans les veux ou dans les narines, ét même un auteur célèbre (Buillard, dans un traité sur les Champignons, la dit mortelle prise à l'intérieur. Elle est astringente au dire de Tournefort, qui assure qu'en Allemaqe tous les barbiers en ont pour la mettre sur les coupures de rasoir.

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