AGR
existence presque aussi courte, se réduit en eau noirâtre qui peut servir d'encre de Chine. Enfin l’on peut indiquer comme l’objet le plus mignon des soins de la nature dans ses productions, ce semble, les plus informes,l’A. DES ÉCORCES, A. corticalis, et l'A. BLANC DE LAIT, À. Zacteus, si petits qu’on a de la peine à les apercevoir sur les troncs moussus où ils croissent en automne après la pluie, mais si jolis qu’on serait fàché de ne les avoir pas découverts.
AGAVÉ D'AMÉRIQUE. Originaire d'Amérique, l’Agavé croit en plein champ dans l'Espagne et le midi de la France. Les fortes épines qui bordent et terminent ses larges feuilles la rendent propre à faire des haies impénétrables. Dans nos climats, l’Agavé demande l’orangerie; rarement on l’y voit fleurir ; ce n’est que sous le ciel du Midi qu’elle se développe entièrement. Ses feuilles, bordées dans une des variétés d’un large liseré jaune, sont très-remarquables par l’abondance de leur parenchyme, qui sert d’aliment aux bestiaux, et surtout par la ténacité de leurs fibres connues sous le nom de fi? d’aloës, dont on fait des cordes, des filets de pêcheur, des tricots, des tissus, de la toile, du papier et une multitude de charmants ouvrages.
La culture de lAgavé est la même que celle de toutes les plantes grasses. (V. GRASSES.)
AGNUS CASTUS. V. GATELIER.
AGRIFOUX. V. Houx.
AGRIPAUME CARDIAQUE. Leonurus cardiaca (du grec leôn et oura, queue de lion). On employait autrefois cette Labiée dans la cardialgie et autres affections du cœur: de là son nom spécifique; elle doit sans doute celui de Queue de lion à ses calices en anneaux hérissés de pointes dures et piquantes. Aujourd’hui on emploie peu la Cardiaque, quoique réellement stimulante et tonique.
AGROSTÈME. V. LAMPETTE.
AGROSTIS. Le nom grec et latin donné à cette Graminée de nos prairies prouve assez qu’elle abonde aux champs de blé, qu’on n’en purge qu’avec peine ; du reste, tous les Agrostis vivaces, que les botanistes nomment canina, vulgaris, alba, decumbens, stolonifera, les cultivateurs Trainasse, Eternue, Gramen, et les Anglais Fioren, sont, en prairies, un excellent fourrage propre aux plus mauvais terrains, même aux sols argileux et tourbeux, aux sables froids où l’eau séjourne l'hiver. Leur végétation presque continuelle fournit aux troupeaux une nourriture solide ; mais quand la Traïînasse si propre aux prairies s'empare des chamos cultivés, on ne parvient