‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 607 sur 1111 · AGA · texte numérisé non relu

AGA

Ils choisissent pour cela du fumier de cheval, bien meuble, bien débarrassé de ses longues pailles, et convenablement humecté, sans être cependant trop humide; quand il a bien fermenté, ils le remuent et le laissent ensuite reposer, Jusqu'à ce qu’il ait acquis une couleur brunâtre, qu’il soit moelleux et bien lié. Ils en font alors une meule en dos d’àne qu’ils placent, autant que possible, dans une cave obscure ; puis, d’espace en espace ils y font de petits potets qu'ils remplissent de blanc de Champignons. Ce sont des fragments de vieilles galettes de fumier, ayant servi.au même usaÿe et encore imprégnées de fibres blanches et de germes de Champignons, qui gardent leur faculté germinative après vingt ans et plus de séjour dans un grenier. On arrose ensuite modérément. Dès que le blänc paraît avoir pris, ce que l’on connaît à une moisissure naissant tout autour des lardoris, on recouvre la meule de 3 centimètres de terreau bien tamisé, et l’on n’a plus ensuite qu’à récolter les Champignons, qui poussent en abondance par la fermentation du funier et les arrosements faits à propos. Si la meule n’est point dans une cave, une couverture en paille lui est nécessaire pour l’abriter.

Il serait trop long d'indiquer ici tous les autres Agarics comestibles; il faut pourtant signaler comme le plus délicat de tous l’'ORONGE, À. Cœsareus ou aurantiacus (Dorade ou Jaune d'œuf), très-recherchée des gourmets, mais très-facile à confondre avec l’A. BULBEUX Ou FAUSSE CRONGE, À. phalloides, et l'A. DU PRINTEMPS ou Oronge-ciguë blanche, A. vernus, les plus vénéneux de tous les Agarics. Ceux qu’on estime le plus ensuite sont l'ORONGE BLANCHE ou Coucomelle fine, A. ovotdeus, qui croit dans le Midi; le COULEUVRÉ ou grande Coulemelle, A. procerus, le plus beau des Champignons à bague par sa haute stature ; le MOUSSERON BLANC OU CHAMPIGNON MUS- CAT, À. prunulus, que l’on dessèche beaucoup, mais qui même alors se reconnaît à son goût musqué, et le MOUSSERON D’AU- TOMNE Ou FAUX MOUSSERON. L’A. DES DEVINS, À. hariolorum, qui est aussi comestible, était très-célèbre autrefois dans la sorcellerie. L’un des plus intéressants est l'A. MOUCHE, A. muscarius (Tue-mouche ou Moucheté) ; quoique assez vénéneux dans nos pays pour que le lait dans lequel on le fait bouillir tue les mouches, il est en grand usage chez les Kamtschadales, les Ostiaks, etc., qui le mangent, comme les Turcs boivent lopium, pour se procurer une douce ivresse de dix ou douze heures.

L’A. ÉPRÉMÈRE, qui croit sur le fumier, justifie pleinement son nom en naissant, s’élevant très-haut et mourant en moins d’un jour. L’A. DÉLIQUESCENT, À, atramentarius, d’une

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