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La plus infecte de toutes nos plantes d'Europe est une autre Ansérine, nommée pour son odeur Herbe de bouc, Herbe puante, C. vulvaria ; l'odeur de la marée corrompue en donne l’idée, mais elle ne l’exhale que lorsqu'on la froisse. On a reconnu que dans sa végétation elle laissait exhaler de l’ammoniac. Très-commune au pied des murs et dans les jardins, on la distingue aisément à ses tiges couchées et à ses feuilles blanchâtres et en losange. On l’a dite nuisible aux cochons. |
Deux Ansérines étrangères commencent à se cultiver en France. L’une est l’A. À BALAIS, C. scoparia, que son agréable verdure a fait nommer Belvédére, de l'italien belle à voir. Elle est spontanée en Chine, où l’on mange avec la viande ses fruits et ses racines. Les jeunes tiges y servent à envelopper les fruits, le poisson, les viandes salées. En Grèce et en Italie, on en fait des balais auxquels la multitude et la rigidité de ses rameaux se prêtent très-bien. C’est pour cette raison qu'un agronome distingué de l'Ardèche en encourage la culture ; il l’a trouvée très-propre à remplacer les Bruyères, qui commencent à manquer dans le Midi, pour donner à monter aux vers à soie. Cette Ansérine est annuelle.
L'autre espèce est VA. quinoa (petit Riz du Pérou), trèsemployée dans cette contrée pour la farine de sa graine, qui y remplace les céréales. On en obtient une sorte de bière, et elle est très-propre à nourrir la volaille. L’amertume que les graines du Quinoa offrent sous le ciel de la France, où elles peuvent cependant très-bien mürir, semble encore nous refuser leur ressource; mais les feuilles et les tiges, dont le développement est très-considérable et très-prompt, peuvent très-bien remplacer les Epinards et nourrir les bestiaux. La culture en est facile : le Quinoa ne demande qu’un terrain substantiel. Il est annuel aussi.
ANTHÈRE (du grec anthos, fleur). Tout le monde connaît ces têtes jaunes et poudreuses qui terminent les minces filets de la fleur du Lis : ce sont des anthères, petits sacs membraneux, remplis de la poussière qui tombe sur le stigmate et
fertilise le fruit, Les plus légères modifications dans un or-
gane d’une telle importance sont d’un grand intérêt et l’un des importants caractères qui ont servi à différencier les familles et les genres.
C’est dans le bouton, et avant que l’émission du pollen ait déformé l’anthère, qu’il convient le mieux de l’étudier. La plupart sont supportées par un filet se terminant à leur naissance (lIris), les soutenant par le milieu (le Seigle), ou se prolongeant avec grâce au delà de leur sommet (le Laurier-