ANS
tions si marquées des deux règnes organiques de la nature, et comment l'air, la terre et l’eau sont faits pour les plantes, les plantes pour les animaux, les animaux pour lFhomme, et l’homme pour Dieu, les naturalistes en sont venus à supposer que la divine Sagesse a uni par une chaîne immense tout ce qui a vie dans Pair, sur la terre et dans les eaux, et que chaque être appartient à l’un de ces anneaux, qui lui-même en renferme mille autres, où chacun roule dans sa sphere, depuis les mondes étoilés qui gravitent dans leur orbite immense jusqu’à l’animalcule qui tourbillonne dans locéan d’une goutte d’eau. De l’homme à l’animal-plante, quelle série d’organismes décroissants ! Dela reine des fleurs à la moisissure informe, quelle distance ! Mais ce premier anneau du règne végétal où le saisir ? Linné n’a point eu l’idée de ce problème ; de Jussieu et de Candolle ont entrepris de le résoudre ; celui-là seul osera s’en vanter qui aura pu suivre les gradations de la nature, en embrassant à la fois d’un regard toute la généralité des plantes.
ANOMALIES (du grec a nomos, sans règle). Quoique tout ait été réglé par la divine Sagesse, il arrive souvent que l’influence des causes secondaires produit dans leurs effets une dérogation dans l’ordre accoutumé : ce sont des anomalies. Dans le règne animal elles nous semblent des monstres; il est rare que dans le règne végétal on les regarde ainsi. Un beau Dahlia, une Rose bien pleine sont par le fait de vraies anomalies. Elles sont fréquentes dans les parties de la corolle, et, sous ce rapport, elles mettent souvent en défaut une classification qui n’est basée que sur un seul organe.
ANSÉRINE. Chenopodium (du grec chenos-podés, pattes d'oie). Ce genre de plantes, souvent recouvertes d’un enduit blanchâtre et farineux', a des propriétés émollientes. Les fleurs sont sans éclat ; mais les feuilles, d’aspects très-variés, olfrent toutes les nuances du vert. C’est à leur forme dans quelques espèces qu'est dû leur nom botanique et français.
La plus connue est l’A. BON-HENRI, C. bonus-Henricus, ou Épinard sauvage ; on peut effectivement le manger comme tel; il est émollient et vulnéraire ; ses feuilles sont en fer de flèche.
L’A.BLANCHATRE, C. album (Herbeaux vendangeurs), est une herbe des champs qui est diurétique, sédative, rafraichissante et bonne contre les hémorrhoïdes. L’A. POLYSPERME, qui lui ressemble, est une bonne nourriture pour les troupeaux ; le poisson des viviers l’aime beaucoup.