‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 639 sur 1111 · FEMELLE. V. SANTOLINE · texte numérisé non relu

FEMELLE. V. SANTOLINE

AVELINIER. V. NOISETIER.

AVOINE. Avena. Les Avoines forment un groupe nombreux dans les Graminées, très-important sous le double rapport de céréales et de plantes fourragères.

On èultive comme céréales trois espèces d’Avoines annuelles : l'A. ORDINAIRE, À. safiva; l'A À GRAPPE OU DE HON- GRIE, À. Orientalis; l'A. À GRuüAU, À. nuda. L’Avoine ordinaire est la plus répandue; elle se reconnaît à sa panicule étalée en tous sens, à ses épillets à deux fruits et à ses glumelles adhérentes intimement au grain. Plusieurs de ses variétés sont cultivées avec plus ou moins d'avantages; ce sont : 1° L’A. de Géorgie, d’une vigueur remarquable, à larges feuilles, grande panicule, chaume très-gros, mais bon pour les animaux ; elle est précoce, donne un bon grain, et peut, avant sa récolte, être fauchée une première fois en pré artificiel. 2° L’A. d'hiver, semée dans l'Ouest en septembre ou octobre, et devant l'être dans nos provinces au commencement de février ; elle mürit vite, donne avec beaucoup de paille un excellent grain, et convient mieux que toutes aux terres légères. 3° L’A. noire de Brie, Yune des meilleures et des plus productives. 4 L’A. Jeannette, très-précoce et de bonne qualité, et l’A. patate ou pomme de terre, très-estimée en Angleterre ; elle serait préférable aux autres si dans nos climats elle n’était la plus sujette au charbon.

La deuxième espèce, À. DE HONGRIE, est très-reconnaissable à sa panicule unilatérale et serrée. Elle compense par l’abondance de son grain et sa paille haute et fournie la qualité inférieure du grain. On distingue la noire et la blanche : la première est meilleure, la seconde est plus productive ; on la croit généralement plus propre aux montagnes que l’espèce précédente.

L’A. NUE Où AVOINE A GRUAU à de plus petits grains, mais chaque épillet en a quatre ou cinq, et l’absence de la glu-

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melle, qui ne leur est point adhérente, 14 rend semblable à FPAvoine gruée et très-propre à la remplacer.

Toutes les Avoines, excepté celle d'hiver, se sèment en mars et se moissonnent après le Froment; elles sont précieuses non seulement pour leur grain, mais pour leur racine, qui sert à faire du pain dans quelques contrées. On croit que leur chaume a servi autrefois à faire des chalumeaux, puisque Virgile donne à ceux-ci le nom d’avena. Leur paille, qui peut en partie remplacer le foin, est préférable à toute autre pour s’y mêler. Leur glume douce et molle, connue sous le nom de balouffe, est le lit de plume des pauvres et la couchette des enfants ; on en fait des coussinets pour les opérations, des couvertures pour les animaux malades. Mais c'est surtout par son grain que l’Avoine est importante : c’est la meilleure nourriture des chevaux et de Ja volaille. Ils mangent le grain tel quel, ou réduit en farine. C'est un excellent engrais et lé plus usité dans les campagnes. Dans les années de disette, on en fait du pain; les pauvres montagnards n’en ont pas d’autre. La principale nourriture des Bas-Bretons est le gruau d’Avoine, aussi employé en médecine comme émollient, rafraîchissant et légèrement nutritif.

Parmi les Avoines fourragères on signale l’A. JAUNATRE, À. flavescens, à panicule courte et dorée, qui donne un fourrage tendre; elle convient mieux aux plaines que le Fromental, et fait comme lui une base des prairies. Les A. MOLLE - et LAINEUSE se distinguent aisément à leurs feuilles molles et pubescentes, à leurs nœuds duvetés, et surtout à leurs panicules d’un blanc d'argent nuancé de violet. Quoiqu’elles fournissent un excellent fourrage, elles semblent plutôt appartenir au bord des champs qu’au gazon des prairies.

Une dernière espèce à signaler est l'A. FOLLE Où AVERON, qui croît dans le Midi au milieu des blés. C’est elle que Virgile a parfaitement décrite dans ce vers des Géorgiques : Infelix lolium et steriles dominantur avenæ. Cette espèce annuelle tient le milieu entre les Avoines fourragères et les Avoïnes à grain. On peut la cultiver en prairies artificielles, et son grain peut, en temps de disette, suppléer aux Avoines cultivées.

AZALÉE DE L'INDE. Azalea Indica, Rhododendrum Indicum. Ces plantes magnifiques figurent au premier rang dans l’ornementation de nos orangeries et de nos salons les plus élégants. On en connaît aujourd'hui plus de 100 variétés distinctes. Des hybridations successives ont confondu de plus les Azalées de l’Inde avec les Rhododendrons, tellement

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que nous avons cru devoir, après de Candolle, ranger les premiers parmi les seconds. Si les Azalées doivent figurer à la tête des plantes ornementales, il ne faut pas disconvenir que la culture en est difficile et exige les soins les plus minutieux.

Il faut d’abord choisir une terre qui leur soit convenable. Celle qui leur est le mieux appropriée est un sol sablonneux ; les racines y sont plus saines, la végétation en est plus active, les fleurs sont plus grandes, plus nombreuses et d’un coloris plus pur. |

On doit, en second lieu, prendre garde à l'exposition où l'on place les Azalées. Ils doivent être mis au soleil et à l'air libre, et non à l’ombre ; les rameaux sont plus ramassés, le feuillage plus vigoureux, la floraison plus assurée. On a de plus par là l'avantage d’empêcher l'invasion des insectes, qui s'attaquent de préférence à toute plante soufireteuse. L’ennemi spécial des Azalées est le tigre, petit insecte du genre des acarus, qui s’attache au revers de la feuille et s’y multiplie avec une rapidité effrayante. Pour en débarrasser une plante qui en est attaquée, il faut saupoudrer le dessous des feuilles avec de la fleur de soufre appliquée à sec et par un temps très-chaud. Afin de faire cette opération avec précision et délicatesse, on renverse le pot, et ensuite on le remet doucement en place pour ne pas faire tomber le soufre.

v- multiplication des Azalées se fait par bouture et par greffe.

Pour les boutures, on met une plante-mère dans une serre de 10 à 12 degrés, et on active sa végétation. Dès que les jeunes pousses qu’elle émet ont atteint 8 à 10 centimètres, on les coupe et on les place dans des pots séparés contenant une terre sablonneuse, riche en humus. On met les pots sous une cloche qu’on a soin d’essuyer toutes les fois qu’elle est humide et de couvrir toutes les fois que le soleil vient la frapper directement.

On grefle les Azalées en placage ou en fente (V. GREFFE), suivant la disposition des sujets. Quand on grefle à la fente, il faut avoir soin de laisser derrière la greffe une branche ou une feuille destinée à activer la circulation de la sève : cette feuille ou branche est connue sous le nom d’appelant. L'époque la plus favorable pour la greffe est dans les mois de février et de mars; mais on peut aussi, quoique avec moins d'avantages, la faire dans le mois d'octobre. Les greffes une fois faites doivent être mises sous cloche à une température de 15 degrés centigrades. Pour ne pas laisser l'humidité s’introduire, on les tient hermétiquement fermées pendant huit

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