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temps fistuleuses et marquées de nœuds d’espace en espace comme notre Roseau.
Les Bambous montrent bien tout le parti que l'industrie humaine peut retirer du règne végétal. La tige du Bambou d'Amérique, B. A LARGES FEUILLES, donne une eau claire, trèsagréable à boire. Des nœuds de leurs Bambous les Indiens el les Chinois savent extraire un sucre brut qui, par la fermentation, leur donne une liqueur alcoolique ; ils confisent au vinaigre leurs racines, leurs jeunes tiges et leurs bourgeons, et en font, sous le nom d’achar,un mets anti-scorbutique et recherché. Les feuilles servent à envelopper les boîtes de {hé qui nous viennent de Chine; les fibres qui forment leurs gaines se convertissent en cèbles, voiles de navires et mèches pour lampes ; de la seconde écorce et de la substance ligneuse que l’on fait rouir, macérer dans la chaux, bouillir longtemps et réduire en poudre, on obtient le papier de Bambou ou papier de Chine, presque aussi bon et aussi beau que le nôtre.
Les tiges servent aussi à une foule d’usages ; on en fait des maison en entier : les murs, les portes, les tables, les chaises et les lits y sont en Bambous; on en prépare de fortes cloisons. Les cannes de Bambous sont le terrible instrument de la bastonnade des Chinois; on en fait des bois de lances, des flèches, des piques ou zagaies, des échelles, des brancards de charrettes et de palanquins. Ces mêmes tiges, percées ou coupées près des nœuds, leur servent de vases pour les liquides, de mesures pour les grains, d'instruments à vent, de conduits pour les eaux. Des éclats de la tige ils se font des PRE à écrire, de petites lanières très-commodes pour Joites, corbeilles, sacs à graines, nattes et tapis. Enfin il est difficile de décider ce qu'il faut admirer davantage, ou de industrie de l’Indien, ou de la docilité de ses Bambous à se prèter à tous ses besoins.
BANANIER. Musa. Ce genre étranger est l’un des dons les plus précieux qu’ait fait la Providence aux habitants de toutes les régions intertropicales ; il mérite aussi, comme colosse ou géant des plantes herbacées, de fixer l'attention.
Les Bananiers sont le type de la famille des Musacées, voisine des Cannées Leurs fleurs très-nombreuses se trouvent groupées autour d’un régime, espèce de pignon terminal, et protégées chacune par une spathe membraneuse ; leur périanthe est à deux lèvres irrégulières; elles ont 6 étamines et 4 style unique. Le fruit, connu sous le nom de banane, est une baie un peu triangulaire, arquée, de 12 à 15 centimètres de long, surmontée de la fleur. Cette baie
BAN 405 jaunâtre ou noirâtre est toute remplie d’une pulpe sucrée dont le goût ressemble à celui d’une poire qui commence à mollir. Elle offre rarement des semences à l’intérieur, parce que la longue culture qu’on fait des Bananiers et leur constance à se reproduire par rejetons ont augmenté la pulpe aux dépens du véritable fruit.
. La tige et le feuillage des Bananiers en donnent encore une idée plus avantageuse : cette tige, tout herbacée qu'elie est, et seulement formée par les pétioles des feuilles s’engainant les unes dans les autres, est de 3 à 4 mètres. Le limbe de celles-ci montre toute la fécondité d’un sol humide sous un soleil brülant ; il est quelquefois long de 2 mètres et large de 5 décimètres. Les feuilles, au nombre de 8 à 12, couronnent la tige et protégent les régimes, qui sont au nombre de 3 ou 4, donnant chacun près de 50 fruits. On a calculé qu'un seul Bananier pourrait ainsi nourrir une famille de nègres pendant un mois, La tige périt après avoir donné son fruit; mais les nombreux rejetons qui la remplacent et s'élèvent successivement étalent à leur tour la même fécondité.
L'usage immense que les nègres et les colons font des bananes est une preuve de leur excellente qualité comme alimentaires. On les mange crues ou cuites, et cela sous la cendre, au four ou avec la viande. Les jeunes feuilles aussi peuvent être alimentaires. Quand elles ont acquis tout leur développement, on en fait des nappes, des serviettes, des parapluies, des couvertures de cabanes. Des fibres de leurs pé- tioles engaïnants on obtient une filasse qui sert pour toiles, cordages, excellentes mèches de chandelles; les tiges fraîches sont un très-bon fourrage ; on peut mème, en les faisant sécher et les pulvérisant, en obtenir de la farine dont on fait du pain.
Deux espèces de Bananiers se prêtent à ces différents usages. La plus importante est le B. À GROS FRUITS, Musa paradisiana (Plantain en arbre, Pommier-du-paradis, Figuier-d’ Adam). Il doit ses dénominations vulgaires et son nom spécifique à l’idée, qu’inspire naturellement sa beauté, que le paradis terrestre devait en être plein. Son nom générique Musa semble être une traduction du mot mauz que lui donnent les Arabes. La deuxième espèce estle B. À PETITS FRUITS (Bacove ou Figue banane). Ses fruits, plus petits, mais plus délicats et plus sucrés, se mangent plutôt comme friandise que comme aliment habituel. Les botanistes le désignent sous le nom de M. sa- Pientium, parce qu’on a cru que c'était sous son ombrage que les gymnosophistes ou sages de l’Inde trouvaient, pendant leur vie contemplative, le vivre et le couvert.