‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 675 sur 1111 · BUG · texte numérisé non relu

BUG

On l'a nommée Ipecacuanha indigéne; on Femployait autrefois à petite dose comme émétique et purgatif violent. Aujourd’hui les médecins homœæopathes s’en servent avec succès dans un grand nombre de cas, et, en particulier, dans les inflammations naïissantes de la poitrine, résultantes de refroidissements vulgairement nommés chaud-et-froid.

Le principe actif de cette racine, nommée bryonine, est soluble dans l’eau; il en résulte qu'on peut par de nombreux lavages enlever à la Racine vierge toute son amertume et en retirer la fécule abondante qu’elle contient pour en profiter en temps de disette,

La Bryone vient dans les haies et les Jardins; elle aime un terrain substantiel; ses petites baies rouges et globuleuses sont purgatives.

BUBON. V. ATHAMANTHE.

BUCANE. V. BRUYÈRE.

BUGLE. Ajuga (du grec a zeugos, sans joug). (Consoude moyenne, Herbe de saint Laurent.) L'absence de lèvre supérieure dans la corolle, qui laisse libres les étamines de la Bugle, jui a valu son nom latin. C’est l’une des premières fleurs du printemps. La B. RAMPANTE, A. réptans, est en épis d’un bleu pâle, roses ou blancs; ses feuilles, lisses et d’un beau vert, croissent dans les prairies et sur le bord des fossés. Ses longs stolons rampants permettent de la cultiver avec avantage dans les vases suspendus. Alors, au lieu de ramper, ils descendent et s’inclinent avec grâce, pendant que la tige centrale dresse vers le ciel son épi tout ruisselant de fleurs. C’est surtout en réunissant ensemble les trois variétés, la bleue, la blanche et la rose, qu’on obtient un effet des plus

charmants. Comme cette plante est indigène et croit par-

tout très-abondamment, il est facile de se procurer cet ornement de salon, sans avoir. besoin de recourir à certains jardiniers très-haut huppés qui n’aiment d’autres plantes que celles qu’on leur achète. Toutes les Bugles sont astringentes et vulnéraires. La rampante est la seule usitée en médecine humaine et vétérinaire. En Italie, on mange en salade les jeunes pousses et les petites feuilles.

BUGLOSSE OFFICINALE. Anchusa Italica. Le nom de Lanque de bœuf qu’on lui donne encore pour la rudesse et la forme de ses feuilles est la fidèle traduction du mot grec Buglosse. Celui d’Anchusa (du grec anchéin, étrangler) fait présumer que les anciens qui l’ont décrite la croyaient bonne dans les maux de gorge. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’elle jouit des mêmes propriétés que la Bourrache, étant comme

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elle émolhente, sudorifique et pectorale; elle a mérité pour cela le nom de Bourrache bâtarde.

. Il est peu de Borraginées aussi belles : ses tiges majestueuses, ses longues feuilles velues, et surtout ses fleurs en étoile, disposées en épi, et variant du bleu de ciel au violet purpurin, en font un des plus gracieux ornements des terrains calcaires et desséchés où elle se plaît davantage. Elle mériterait une place dans les jardins si l’on n’y cultivait de préférence la B. TOUJOURS VERTE, A. sempervirens, à petites fleurs en ombelle, d’un bleu charmant.

BUGRANE. V. ONONIDE.

BUIS. Buœus sempervirens (du grec puxos, vase, gobelet). (Bois-bénit, Rambenais.) Point de jardin qui n’ait au moins une touffe de Buis pour fournir à Pâques fleuries le ‘rameau vert ou rameau bénit qu’on garde toute l’année fixé à la colonne du lit ou suspendu au foyer paternel. Cet important arbrisseau, toujours du plus beau vert, prend, sous le ciseau du jardinier, toutes les formes qu’on lui donne : il s’égalise en mur, s’arrondit en boule, s’élève en pyramide ou se courbe en berceau. On en fait surtout des bordures aussi fraîches que solides ; elles ont pourtant l'inconvénient de donner retraite à une foule d'insectes nuisibles, surtout aux limaçons. Le B. NaIN, B. suffruticosa, que l’on cultive dans les jardins, se multiplie par éclats ou par graines aussitôt semées que mûres. Les variétés à feuilles panachées, maculées, bordées de jaune ou de blane, s’obtiennent par grefles ou par mar- - cottes. |

Le type de toutes ces variétés est le B. TOUJOURS YERT, à feuilles plus ovales, et qui croît en si grande abondance dans le Jura et sur les autres montagnes du calcaire jurassique. C’est à Saint-Claude et dans les aüûtres villes qui dépendent de cette chaîne que l’on peut mieux apprécier l’importance du Buis, en voyant tous les ateliers qu’il fait vivre. Son boïs extrêmement dur et sa racine veinée de noir, connue sous le nom de broussin, se montrent aussi dociles sous le ciseau du tourneur, du sculpteur et du luthier que ses branches et son feuillage sous celui du jardinier. Malheureusement le Buis est long à croître, les forêts s’en dégarnissent, et les défrichements trop rapides feront peut-être bientôt regretter cette branche d'industrie.

Dans le Vivarais, le Buis sert à un autre usage : comme il fat la richesse de ses coteaux arides, on respecte sa racine, etion coupe seulement ses tiges tous les quatre ou cinq ans, pour en faire la litière des troupeaux et en tirer le plus préciéux engrais de ce pays industriel. Les cendres du Buissont

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excellentes pour la lessive. De tous les charbons employés pour l'absorption des gaz méphitiques, celui du Buis est le meilleur, à raison de la multiplicité de ses pores; son bois est cependant l’un des plus lourds que nous ayons; sa sciure très-fine est la poussière la plus commune pour sécher l’écriture. La décoction de cette mème poudre est un sudorifique assez usité en médecine humaine et vétérinaire. La feuille est purgative et sert à falsifier le Séné.

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