‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 674 sur 1111 · BRUGNON. V. PÊCHER · texte numérisé non relu

BRUGNON. V. PÊCHER

BRUNELLE. (| Prunelle, petite Consoude. ) Un botaniste enthousiaste demandait à tous ceux qu’il rencontrait : « Connaissez-vous les cornes de la Brunelle? » Il est de fait que ses étamines sont assez singulières; mais on remarque surtout ses corolles bleues, roses, violettes ou jaunâtres, groupées en tête serrée. La plus belle est la B. À GRANDES FLEURS ; on l'a introduite dansles jardins; elle s’y multiplie par éclats et veut un lerrain pierreux et une exposition à plein soleil. La B. VULGAIRE est stimulante et astringente ; elle entre dans la composition de la thériaque. Toutes les Brunelles ont à peu près les mêmes qualités, mais on en fait rarement usage.

BRUYÈRE. Erica, Calluna (du grec erukein, reténir, kallunein, embellir, balayer). (Bucane.) Ces deux genres, Erica et Calluna, offrent en Botanique des différences assez remarquables ; mais communément on les confond sous le nom de Bruyéres. Cette nombreuse et charmante tribu embellit les bois les plus arides et les landes les plus sauvages. A part les grandes Bruyères de la Corse et du Midi, hautes comme des arbrisseaux, toutes les Bruyères sont de petits arbustes décorant tous les lieux où ils se trouvent d’un tapis toujours vert, relevé de juillet en septembre de “era fleurs en grelot, disposées en grappe ou épi, du rouge le plus vif ou du rose le plus tendre.

L'élégante famille des Bruyères compté plus de 300 espèces, toutes plus jolies les unes quexlés autres; la plupart

BRY 427 nous viennent du cap de Bonne-Espérance. On les cultive en Angleterre avec plus de succès qu’en France, où cependant on en possédait en 1802 plus de 200 variétés. A présent on s’en tient seulement aux moins délicates; 1l faut essentiellement la terre de bruyère, ét peu d’eau à la fois, mais souvent ; on doit les dépoter de deux en deux ans et les tenir en bâche ou serre chaude sans feu. Elles se multiplient de semis, marcottes et boutures sous cloche.

En France, la Bruyère est le bien du pauvre; il en fait son lit, son feu et son fumier. On s’en sert dans le Midi pour faire monter les vers à soie; les peuples du Nord l’emploient à tanner leurs cuirs et la substituent au Houblon dans la fabrication de la bière. Partout elle sert au chauffage et donne de la potasse; mais ce qu’elle fournit de plus précieux est la terre de bruyère, indispensable à une foule de plantes étransères et indigènes; il n’en est aucune de plus douce et d plus substantielle, ni qui convienne mieux aux marcottes et aux boutures; elle est noire et légère. Telle que l’emploient ordinairement les jardiniers, c’est un mélange presque égal de sable pulvérulent et d’humus végétal formé des débris des tiges, des feuilles et des racines de Bruyère longtemps et parfaitement décomposées. Ce fut vers 1780 que Lemonnier, alors professeur de Botanique au Jardin-des-Plantes de Paris, fit connaitre les qualités précieuses de la terre de bruyère. Jusque là, on composait pour la culture des plantes étrangères des terres dans lesquelles on mêlait une foule d'ingrédients, et encore on ne parvenait qu’à élever les plus robustes. Aujourd’hui, grâce à la terre sa bruyère, 1l n’est point de plante sur le globe qui ne puisse être cultivée chez nous.

BRYONE DioiQuE (du grec bryôn, poussant à profusion). (Gros Navet, Racine vierge.) IF suffit de considérer les longues tiges grimpantes et rameuses de la Bryone pour voir BR justilie bien son nom; leur envahissement prodigieux

tonne moins quand on arrache le gros navet d’où elles sortent; il est fusiforme, couvert d’une écorce jaunâtre et sillonné ou annelé transversalement : de là ses noms de Colubrine ou Coulevrée; son intérieur est blanchâtre et séparé en zûnes: sa saveur amère, nauséabonde, et son odeur vireuse l’ont fait appeler Navet-du-diable, Fausse Coloquinte ; elle sent encore plus mauvais quand elle est sèche.

Tous ces caractères indiquent de l’énergie dans cette racine : appliquée fraîche, elle est rubéfiante et presque vésicante; prise à l’intérieur, elle agit comme les poisons irritants, produit des vomissements et des selles sanguinolentes,

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