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CHAMPIGNONS. Fungi. Ce groupe nombreux et d’une étude très-difficile forme un des derniers anneaux de la chaîne végétale. Il est composé de substances aussi différentes de consistance que de forme. Elles furent longtemps regardées comme des productions spontanées et impures de la terre; mais un examen plus approfondi a montré que les Champignons étaient soumis aux lois générales de la reprodüction communes à tous les végétaux ; car s’ils n’offrent ni embryons ni graines proprement dites, ils sont munis de germes latenis ou gongyles, analogues aux bourgeons ou bulbilles de certaines plantes vasculaires. Leurs microscopiques sporules répandues sur leur surface ou dans leur intérieur s’aperçoivent sur le verre où l’on a déposé pendant quelques jours un Champignon en pleine maturité. Ces légères sporules, emportées par les vents, s’attachent un peu partout. Si le lieu et les circonstances favorables à leur développement se rencontrent pour elles, un nouveau Champignon se forme avec tous les caractères de l'individu dont le germe a été détaché.
Les pluies du printemps et de l’automne, jointes à Ia chaicur, leur conviennent éminemment. C’est l'époque où il s’en trouve le plus. Les lieux humides en sont remplis ; les lroncs moussus et pourris, les tas de feuilles corrompues, les couches en sont bientôt couverts. Leur croissance est st rapide qu’elle est devenue proverbiale, mais il en est un grand nombre dont la durée n’est qu’éphémère; les uns se dissol-
vent en eau, d’autres tombent en poussière. Les plus longs à
croître, comme les Bolets, finissent par se dessécher. Tous diffèrent essentiellement des plantes vasculaires, en ce qu'ils n’of-
Trent jamais leur couleur verte, et qu'aucune de leurs parties,
mises dans leau de source au soleil, ne laisse échapper de gaz oxygène. Mais ils contiennent de l’azote, et c’est à la présence de ce gaz, qui les rapproche des substanees animales, que plusieurs d’entre eux doivent leur propriété nutritive. Considérés comme comestibles, les Champignons exigent de notre part la plus sérieuse attention. Plusieurs sont des poisons d'autant plus dangereux qu’ils n’ont ni l’odeur ni l’aspect repoussants. Il est donc important d'étudier les articles de Botanique qui les décrivent et en permettent ou en interdisent l'usage. Mais c’est toujours une précaution à prendre avant de les faire cuire, que de les baigner quelques heures dans le vinaigre ou l’eau salée, qui, se: combinant à leurs principes vénéneux, leur en enlève une partie. L'épreuve de la cuiller d'argent trempée dans l’eau où ils cuisent doit encore être employée; si elle noircit, c’est mauvais signe :
ils contiennent de l’acide hydrosulfurique, qui est un poison. Si, malgré ces précautions, il se présentait des cas d’empoisonnement, qu’on reconnaît à une soit brûlante, aux nausées, tranchées, vomissements et violentes douleurs d’entrailles et d'estomac qui se manifestent après avoir mangé des Champignons , le meilleur remède est de provoquer le vomissement par l’émétique, ou en chatouillant avec une barbe de plume l'intérieur de la gorge ; il est bon aussi de faire avaler beaucoup d’huile. Après les évacuations, on calme l'estomac par des boissons mucilagineuses et sédatives, eau de riz gommée, eau de sureau coupée de lait, fleur d'oranger, etc.
A part le danger qui quelquefois accompagne l'usage des Champignons qu’on croirait les meilleurs, 1l faut avouer que c’est un mets lourd et indigeste, et convenir, avec le bon saint François de Sales, que le meilleur n’en vaut rien. (V. AGaRIC.)
CHANTERELLE COMESTIBLE. Cantharellus cibarius. La forme de ce Champignon, que l’on trouve en automne après la pluie dans les bois de pins, lui à valu son nom pour sa ressemblance avec les chanterelles en verre dont s'amusent les enfants. C’est la seule espèce vraiment comestible de ce genre nombreux. Quoiqu'il ait moins de mérite que la Morille, l'Oronge ou simplement l'Agaric de couche, ses dénominations nombreuses prouvent du moins qu'il est bien connu. Il porte les noms de Bouche-de-liévre, Cheville, Chevrette, Chevrotine, Escau, Gallinace, Girandet, Girole ordinaire, Jaunelet, Manne terrestre, Mousseline, Oreille-de-liévre jaune, Virole, etc., etc.
CHANVRE. Cannabis sativa. Cette plante précieuse, originaire de l'Inde, a été naturalisée en France, où on la cultive partout. Point de métairie qui n’ait son chenevier pour fournir aux lits, à la table, aux vêtements de toute la famille, aux cordes et aux liens de la ferme, etc. C’est le Chanvre qui fait à l’étable, sinon le plaisir des veillées, du moins le travail qui y réunit tout le monde. Les hommes le teillent, les femmes le filent au rouet et à la quenouille, les plus petits enfants jouent avec les chenevottes, et les plus grands en forment des paquets d’allumettes qui font le grand commerce des gagne-petit. Le Chanvre du Piémont donne des tiges d’une telle beauté, que les élégants et ies dames en font des badines d’une blancheur éclatante. Chez nous, les chenevottes, moins belles, sont le bois des pauvres, l’âme du foyer et la inatière ordonnée des feux du carnaval. Pour que les fibres qui donnent la filasse se détachent plus aisément et prennent plus de force, il faut faire rouir le Chanvre ou l’exposer en septembre à la rosée et au soleil pendant quelque temps;
lorsque les tiges sont blanches et cassantes, on les lie en bottes et on les empile à la grange jusqu’au. temps des veillées ou on les met en œuvre de mille manières. Il serait trop long d’énumérer ici tous les emplois du Chanvre : câbles de navires, cordes et minces ficelles, fils à coudre, toiles fines et grossières, charpie pour les plaies, étoupes pour matelas, papier de toutes les couleurs et de toutes les espèces, dans lequel entrent chiffons, vieilles cordes, tout le Chanvre, en un mot, qui ne peut plus servir à autre chose, etc., etc.
Le Chanvre se sème en avril ou mai dans le meilleur terrain du domaine, le mieux fumé, le plus substantiel; om tâche de choisir le lendemain ou la veille d’une petite pluie pour le faire promptement germer. Il pousse vite; ses tiges sont de 4 à 3 mètres de haut, selon le terrain, la saison-et la qualité ; plus le semis est épais, plus les tiges sont droites et fines. On arrache le Chanvre au mois d'août, et la femelle. très-improprement nommée le mâle à la campagne, un per plus tard, si on veut la garder pour graine. On-fait sécher les bottes avant de les mettre à l’eau ou sur le pré.
La graine, connue sous le nom de chenevis, est emplovée à une foule d’usages. L'huile qu’on en: retire est bonne à brûler et sert à la peinture. On la mange en Lithuanie, et c’est la base du savon noir. Le tourteau qui reste après l’expression de l’huile est un bon engrais pour tousles animaux de basse-cour ; sa ressemblance avec lé poivre moulusert souvent à le falsifier. La graine est bonne à tous les oiseaux de volière et engraisse promptement la volaille; autrefois cette même graine torréfiée se présentait dans les festins aux convives, entre le premier et le second service, pour exciter à boire et augmenter la gaîté. On en fait une émulsion rafraîchissante et épurative, et une décoction qu’on donne aux enfants dans leurs maladies éruptives. Dans le Nord, on prépare avec Ja feuille une boisson enivrante et somnifère.
Concluons de cet exposé trop succinct des avantages du Chanvre, autant dans sa graine que dans les fibres déhiées de son écorce, qu'il doit prendre rang parmi nos plantes les plus importantes, le Blé, la Pomme de terre, la Vigne, etc., et que nous devons le regarder comme un des plus grands bienfaits du règne végétal, ou plutôt comme un don de la providence de celui qui nous a dit : Ne soyez point inquiets comment VOUS VOUS vélirez.
CHANVRE AQUATIQUE. V. BIDENT.
CHAPELIÈRE. V. TUSSILAGE PÉTASITE.