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Le CHou-NavET (Turneps de Laponie) et le RuTABAGA, B. napobrassica (Navet de Suède), tiennent de la Rave par la racine et du Chou par le goût ; leur racine est grosse et oblongue. Ils résistent aux plus grands froids et sont seés sur place. On les cultive surtout comme plantes fourragères. 3 DEUXIÈME GROUPE.
Aux Choux à feuilles rudes appartiennent :
1° Le NAvET, B. napus, dont le caractère distinctif est d'avoir une racine fusiforme, très-renflée sous le collet. C'est un bon comestible cultivé dans les jardins potagers. Ses nombreuses variétés se partagent en deux divisions : les Navets secs, dont la chair ferme et serrée ne se fond point à la cuisson, et ceux à chair tendre. Parmi les premiers, on cite comme les meilleurs la Freneuse, le Navet de Meaux blanc, le Soulieu noir, le petit Berlin, n'ayant pas plus de feuilles qu’un Radis. Parmi les tendres, on distingue le Rose du Palatinat; le Gros long d’Alsace, énorme, mais peu délicat; le Navet de Claire-Fontaine, sortant de terre; le Navet de Chirouble ; les Navets plats, hâtifs et précoces.
On sème à la volée et sans transplanter, depuis juin jusqu’au mois d'août, pour jouir en été et en automne. Les Navets croissent rapidement; ils préfèrent un terrain sec. Les jeunes pousses sont bonnes à manger ; quant aux racines, il convient de les faire bouillir dans une première en, avant leur entière cuissôn, pour leur enlever toute amertume. On peut en extraire de l’alcool.
2° La RAvE, B. rapa (Navet turneps, Rubiole, Rave plate). C’est elle qu’on cultive en grand pour la nourriture des animaux pendant l’automne et l’hiver. Beaucoup plus succulentes que le foin, les Raves sont excellentes pour les vaches laitières et pour les bœufs à l’engrais. On en fait, sous ce rapport, une immense consommation. Du reste, on établit peu de différence en cuisine entre cette espèce et la précédente, dont elle se distingue par une pomme plate, ronde et brusquement terminée par une petite racine. Les variétés les plus répandues sont la Rave du Limousin (Robioule) et celle d'Auvergne. La Rave du Norfolk est meilleure, mais lente à se faire. Le Turneps hàtif est d’une belle grosseur et croît rapidement. Les semis demandent peu de soin; on les fait à la volée, après la moisson, sur un simple labour donné aux chaumes de blé; dès les mois de septembre ou d’octobre, si le temps a été propice, on a des Raves magnifiques qu’on arrache avant l'hiver.
Enfin on cultive dans le Nord, sous le nom de Navette,
int
CHER 481 deux ou trois espèces de Choux à feuilles rudes, pour l'huile de Navette employée pour l'éclairage et la préparation des cuirs ; elle sert à falsifier les huiles d'olive. Cette graine fait partie de celles qu’on donne mélangées aux petits oiseaux.
Ce nombre prodigieux d’espèces et de variétés, qui toutes ont l’avantage de se conserver par graines et forment ainsi autant de races distinctes, assure au Chou l’un des premiers rangs parmi les plantes indigènes.
Sans rappeler ici l'importance de la graine de Chou comme oléagineuse, nous dirons seulement qu'il est du plus haut intérêt considéré comme alimentaire pour l'homme et pour les animaux. Cette propriété se développe encore davantage en lui par la cuisson; le bouillon qui en résulte est savoureux el nourrissant, surtout si on y associe de la vian’e ; mais cinq heures de coction sont à peine suffisantes pour lui faire acquérir toute sa bonté. Cette longue cuisson corrige parfaitement les défauts qu’il a d'être venteux et indigeste. On conseille aussi de laisser faner quelque temps les Choux avant d'en faire usage ; ils sont toujours plus sains après leur séjour à la cave. Quoique les animaux les mangent très-bien Crus, ils leur conviendraient encore mieux si, dans les grandes fermes où il y a toujours un fourneau allumé, on tenait une grande bassine remplie de feuilles et de tronçons de Choux ; quelques poignées de sel, un peu de son, et surtout les eaux grasses du ménage, en feraient pour les vaches laitières et les bêtes à l’engrais une excellente nourriture.
Le Chou est cultivé de temps immémorial ; les anciens en faisaient le plus grand cas, à cause de leur goût pour la nourriture végétale. Chrysippe, Pythagore et Caton l’Ancien ont écrit de longs traités sur ses qualités et ses avantages; ce dernier surtout avait pour le Chou une sorte de vénération.
Sans aller tout à fait jusque là, nous regardons encore les
houx comme plante indispensable : point de jardin où l’on n'en cultive, point de cuisine, si petite soit-elle, qui n’ait sa Soupe aux Choux; enfin, pour l’homme accablé de soins, de fatigues et d’affaires, le dernier terme de l'ambition quel estil? de vivre enfin tranquille et d’aller planter ses Choux.