‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 709 sur 1111 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Le CoLza, B. campestris, est le type du premier. On en donne en fourrage tout ce qu’on ne conserve pas pour sa précieuse graine, qui fait la principale richesse de nos provinces du nord-est. On le sème à la volée de la mi-juillet à la fin d'août, pour le transplanter en place six ou huit semaines après. On le moissonne un peu avant maturité parfaite ; il sèche en grange, où on bat les siliques. Les graines doivent rester étendues et non amoncelées jusqu'au moment d’en faire de l'huile. Sans être la meilleure que possède la France,

CHO 11 cette huile est du moins celle qui y abonde davantage ; elle est bonne pour la table et Ja lampe ; elle sert à la préparation du savon, des cuirs, au foulage des étoffes. Les tourteaux du résidu servent d'engrais aux animaux et aux Champs, surtout à la vigne. Les moutons mangent les cosses, et les tiges peuvent servir à faire monter les vers à soie.

On cultive plus spécialement, comme plantes fourragères, lés Choux verts ou Brocolis-asperges, dont on mange les jeunes pousses. Les plus remarquables sont : le Chou-cavalier ou Chou-cheval, grand Chou-à-vache, Chou en arbre, à tige de 4 à 3 mètres, et le Chou-moellier, dont la tige, presque aussi haute, va en grossissant depuis son milieu ; le Caulet de France, voisin du Cavalier, mais rouge ; le Vert-branchu ou Mille-têtes, plus court et très-rameux ; le Vivace ou Chou de bouture de Daubenton, dont les branches se couchent et s’enracinent ; le Frisé du Nord, vert ou rouge, insensible au plus grand froid, et d’une beauté rare par la noblesse de son port et l’élégance de son feuillage. Toutes ces grandes espèces doivent être placées à large distance, en raison de leur développement, et fumées à proportion.

Les CHoux CABUS, B. capitata (Choux caputs, pommes ou pommés), essentiellement Choux-légumes appartenant au même groupe, se subdivisent encore en deux sections : l’une de ceux à feuilles planes, l’autre de ceux à feuilles cloquées. Dans la première, on distingue : le Chou d’York, à pomme petite, allongée. très-bonne ; le Pain-de-sucre, à pomme en cône renversé, blanchâtre; le Cœur-de-bœuf, très-cultivé ; le gros Cabus blanc ou Chou-au-lard, moins précoce que les autres, mais très-gros et venant partout. Ses variélés sont : le Chou de Saint-Denis, le Cabus d’Alsace, le Trapu de Brunswick, le Cabus de Hollande, le Chou de Strasbourg ou Quintal d'Allemagne, dont on fait la choucroûte, aliment très-sain et anti-scorbutique, auquel le capitaine Cook dut la bonne santé de son équipage pendant une navigation de trois ans dans tous les climats. On apprendra peut-être avec intérêt la préparation de ce mets si employé en Allemagne et dans le Nord. Mettez dans un tonneau défoncé un lit de sel ; recouvrez-le d’une couche de Choux saupoudrée de genièvre et de carvi, et ainsi de suite, sel et Choux, couche par couche, jusqu’à ce qu’il soit plein ; la dernière mise est de sel sur des feuilles entières. Ou recouvre d’une toile, et on charge fortement le plateau de dessus, qui doit presser la choucroûte. La fermentation s'établit, les Choux rendent leur eau. Il se forme sur le tonneau une saumure bourbeuse et fétide qu’on enlève et qu’on remplace jusqu’à ce qu'elle

monte claire ; on peut alors manger la choucroûte et l'exporter partout. ER

Les Choux de Milan, aussi connus sous le nom de Chour maigres, Choux à l'huile, appartiennent à la deuxième subdivision, ou Choux à feuilles cloquées. Ils ont moins de goût que les précédents, mais ont l’avantage de passer l'hiver en pleine terre. On cite comme les meilleurs : le Milan très-hàtif, de moyenne grosseur ; le Milan nain trapu ; le Pancalier de Touraine, d’un vert très-foncé ; le Milan doré jaune ; le Milan des vertus, le plus gros de tous ; le Chou de Bruxelles ou Chou à jets, qui produit à l’aisselle des feuilles de petits Choux frisés que l’on cueille à mesure qu’ils grossissent et qui font de bons et jolis plats. Le Chou de Bruxelles est un des plus hauts Choux de cette section.

Entre ces deux sections se place le Chou rouge, variété moyenne, dont les feuilles et les côtes sont lie de vin plus ou moins foncé. On le met rarement en potage, à cause de la couleur sanguinolente qu’il donne au bouillon. Mais c’est celui de tous qui renferme le plus de vertus pharmaceutiques ; on le regarde comme pectoral, vulnéraire et détersif ; on peut le manger en salade, coupé en lanières ; on le confit au vinaigre comme les cornichons. C’est en chimie un puissant réactif; sa teinture devient rouge par les acides et jaune par excès d’alkali (potasse ou ammoniac).

Ces différentes variétés de Choux pommés ont à peu près le même mode de culture. On les sème à la fin de l’hiver en terre légère et bien fumée ; six ou huit semaines après, ils sont assez forts pour être plantés en terre forte, à distance proportionnée au développement qu'ils peuvent acquérir. Un petit insecte, le fiquet, les attaque souvent quand ils sont Jeunes ; on les en préservera en semant de la cendre par dessus le matin à la rosée. Ils pomment à différentes époques, selon les variétés : le Chou d’York, le Pain-de-sucre et le Cœurde-bœuf sont prêts l'été ; les gros Cabus n’acquièrent que sur la fin de l'automne leur énorme tête, et se replantent alors en jardin d'hiver, ou sont recouverts de terre pour être garanlis contre les gelées ; les Choux de Milan, qui résistent à l'hiver, et qui, pour cette raison, peuvent être plantés beaucoup plus tard, ne pomment guère qu'aux approches du carème. Ils ne donnent tous leurs graines qu’au printemps suivant. Pour les obtenir, on choisit toujours les plus beaux pieds, et l’on doit avoir soin de bien isoler les espèces. Quelquelois on est obligé de fendre la pomme en croix pour donner passage à la tige qui porte les fleurs. Souvent on se contente de replanter au jardin les trognons ou pieds de Choux restés à la cave ; leur graine est également bonne.

Une quatrième race ou sous-espèce de Choux, bien disüincte des précédentes, est connue sous le nom de CHou- FLEUR, B. bofrytis.

Dans cette espèce remarquable, l’abondance des sucs, au lieu de se porter dans les feuilles, s’'accumule sur les rameaux naissants de la tige et y développe une masse épaisse, grenue, blanche et charnue, prompte à euire et excellente à manger. On a vu des pieds de Chou-fleurs avoir jusqu’à 3 ou 4 décimètres de diamètre ; mais cette abondance de suc rend leur floraison plus difficile et leur graine excessivement chère. Pour venir à bien, il lui faut un site convenable, beaucoup d’eau et de la chaleur; le refroidissement de l'air et une pluie intempestive la font souvent manquer, mais elle compense ces désavantages en se conservant plus longtemps. On distingue, parmi les variétés de Chou-fleurs, le tendre, le ‘ demi-dur et le dur; le premier est le plus précoce, et le dernier le plus vigoureux et le plus beau.

La culture varie selon le temps où on veut jouir des Choufleurs ; il faut semer sur couche en février pour en avoir l'été, et, pour ceux d’automne, du 10 au 13 juin; ceux-ci pomment d'août en novembre. Lorsque la pomme a atteint sa grosseur, en la fait blanchir en réunissant les feuilles au dessus, ou simplement en cassant l’une d’elles à moitié pour l'abattre et mettre la tête à l'ombre. Si trop de Choux pommaient à la fois, on les retarderait en arrachant les pieds pour les replanter jusqu’au collet dans un endroit frais. Le Choufleur, dépouillé de toutes ses feuilles, se conserve frais assez longtemps dans un lieu sec et obscur ; on peut aussi le dessécher pour le manger longtemps après. 11 faut au Chou-fleur une terre douce, bien fumée, et beaucoup d’eau.

Le BRocort, B. botrytis cymosa, a de grands rapports avec le Chou-fleur, mais il est plus haut ; ses feuilles sont onduleuses ; sa tige se termine par un faisceau de drageons succulents, longs de 4 décimètre et terminés par un groupe de boutons verts, jaunâtres, violets, rougeàtres ou blancs. On les cultive, comme les Chou-fleurs d'automne, à l’entrée de l'hiver ; on les couche en terre, en abaissant la tête, qu'on laisse seule à l’air ; mais si le froid est au dessus de 6 ou 8 degrés, il les faut entièrement recouvrir. On peut aussi en jouir jusqu’au printemps.

Le CHOu-RAYE, B. caulorapa (Chou de Siam), donne à rase terre et couronnée de feuilles une grosse rave en boule ronde, très-bonne à manger, surtout dans sa jeunesse ; plus tard elle devient dure et fibreuse, si elle n’a été fréquemment arrosée.

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