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manière à pouvoir plus tard les enlever avec la motte. Dans le courant de novembre, avant les premières gelées, on relève les Cinéraires dans des pots de 10 à 45 centimètres de diamètre, selon la force des pieds. La terre qui leur convient le mieux est un mélange formé de deux tiers de terreau, d’un sixième de terre franche et d’un sixième de sable fin. On met ces pots à l’abri d’un mur ou d’une haie, et l’on a la précaution de les abriter le soir avec des paillassons si l’on craint une gelée blanche. Par là, les Cinéraires craignent moins la transplantation que si elles étaient immédiatement renfermées. Avant les premières gelées, on les rentre dans une serre bien éclairée, d’une température peu élevée et surtout très-égale, où l’atmosphère soit plutôt humide que sèche, où l’air soit sans cesse renouvelé tant que le thermomètre reste au dehors à deux degrés au dessus de zéro. Si pendant hiver quelques pieds avaient besoin de rempotage, ce que l’on -connaîtra à la quantité de racines qui garnissent la motte, on coupera celle-ci par moitié, on la transportera dans un pot un peu plus grand, au fond duquel on mettra de la terre préparée comme nous J’avons. indiqué, et l’on aura soin d’enterrer les racines du collet, qui sont indispensables à la végétation de cette plante. Cette opération doit être faite avant l'apparition des premiers boutons.
Les nouvelles variétés s’obtiennent par le semis qu’on fait aussitôt que les graines sont mûres; les jeunes plants doivent être rempotés au mois d'août et traités comme les rejetons dont nous avons parlé plus haut.
CIRCÉE De Paris. Circæa Lutetiana. (Herbe-aux-sorciers, Herbe-des-magiciennes.) On ne peut comprendre, à la vue de cette plante des bois humides dont toutes les propriétés sont innocentes, comment elle a pu être employée, dans les siècles d'ignoyance, à composer des philtres, opérer des maléfices, ou conjurer des enchantements. Un des articles les plus secrets de lascience des druides enseignait les moyens de la reconnaître, le jour et le moment de la cueillir, les cérémonies mystérieuses qui devaient accompagner son emploi. Aujourd'hui qu’on ne croit plus à toutes ses propriétés surnaturelles, on ne lui reconnaît plus qu’une faible vertu médicale, appliquée à l'extérieur comme anodine et résolutive. Si la Circée n’est plus regardée comme une plante magique, elle est encore remarquable par la grâce de ses petites fleurs en long épi blanc et le charmant elfet de son vert feuillage.
CIRE À GREFFER. C'est une préparation employée par les horticulteurs pour faciliter la soudure des plaies qu'on fait aux arbres en les greffant. Il y en a de plusieurs sortes,
CIR 37 mais voici les plus employées. La première est un méane de 5/8 de poix noire, 4/8 de résine, 1/8 de cire jaune, 1/8 de suif, auxquels on ajoute une certaine quantité de brique pilée et bien pulvérisée. On mêle le tout et on le fait fondre. L’inconvénient de ce ciment est de ne pouvoir être employé que chaud et d’obliger par conséquent le jardinier à porter un réchaud garni de braise dans le lieu où il veut greffer. Lesuivant u’offre pas le même inconvénient. Prenez: cire jaune 125 grammes, résine 1425 grammes, suif 125 grammes, terre grasse 125 grammes, bouse de vache 50 grammes, cendres de bois 30 grammes. Faites fondre les trois premières substances ensemble, en ayant soin de bien les mélanger; retirez-les du feu et ajoutez-y les trois autres après les avoir bien tamisées. Agitez le tout jusqu’à ce qu’il ait pris un peu de consistance, car autrement il pourrait arriver que la matière grasse vint à ja surface ; alors le mélange serait imparfait et le mastic de mauvais emploi. Ce mastic ne se liquéfie pas au soleil et ne se détériore pas par les pluies. Quand on veut l’employer, il suffit de le pétrir dans ses mains jusqu’àee qu'il devienne souple et facile à étendre.
Enfin, les Allemands emploient une troisième espèce de cire à greffer, qui offre le même avantage et est encore meilleure; elle a été inventée par un arboriculteur nommé Christ. Pour la fabriquer, il faut ajouter à une partie de résine et à deux de cire jaune, préalablement fondues ensemble, une partie de térébenthine ; on remue bien le tout et on le verse dans de l’eau fraîche; puis, dès que la masse est assez refroidie, on la pétrit bien, et l’on en forme des cylindres que l’on recouvre de papier huilé. Cette composition étant trop dure lorsqu'il fait froid, on y ajoute alors un peu d'huile d'olive ou de lin.
CIRIER. Ÿ. MyRICA.
CIRSE (du grec kirsos, varices, pour les pustules roussätres que le Cirse des champs portesur sa tige). On confond généralement les Cirses avec les Chardons; mais ils en diffèrent essentiellement par leurs aigrettes plumeuses. On peut citer comme espèces les plus importantés à connaître :
4° Le C. pes cHamps, C. arvense, Serratula arvensis de Linné (Chardon hémorrhoïdal, Herbe-aux-varices). Ce nom ne lui vient d’aucune vertu curative, mais seulement des pustules qui couvrent sa tige ; elles sont causées par la piqûre d’un insecte du genre des cinips. On prétend cependant qu'il est légèrement apéritif et résolutif.
C’est probablement le Cirse des champs que Virgile indique quand il dit : Cardnus horret in arvis: car c'est la perte des