CITROUILLE. V. COURGE
CIVETTE. V. A1r.
CLADONIE, CÉNoMYycÉ. Ces deux noms désignent heureusement le même geure de Lichens; le premier (du grec kladôn, petite plante rameuse) exprime leur petite tigelle, et le second (du grec kénos mykés, champignon vide) indique
u’elle est creuse en dedans. Il est riche en espèces très-diférentes les unes des autres ; la plupart sont remarquables par Jeur forme graeieuse autant que singulière. Il est probable qu'elles ont à peu près les mèmes propriétés; trois d’entre elles, cependant, sont mieux connues et plus intéressantes. 1° La C. DES RENNES, C. rangiferina (Mousse du Nord). C'est le Lichen rangiferinus de Linné. La Providence, en donnant les rennes aux Groënlandaiset aux Lapons, devait aussi pourvoir à la pâture de ces animaux si utiles. Aussi des champs immenses, couverts de Lichen, remplacent pour eux, dans ces régions désolées, les vertes prairies de notre zône plus heureuse ; ils savent très-bien les découvrir sous la neige et s’en nourrir l'hiver. Dans les climats moins rigoureux, les chèvres, les cerfs et autres animaux de leur famille mangent ce Lichen avec avidité. Dans le Nord, on en engraisse le bétail et surtout les cochons. Il peut aussi servir de nourriture à l’homme, après avoir été débarrassé de sa saveur amère par des lotions suffisantes ; les Islandais en font des gelées nourrissantes, en le lavant d’abord dans l’eau, puis en le faisant cuire dans du lait.
Cette plante ulile, très-commune partout, eroit sur terre, dans les lieux secs et montagneux; elle y forme de petits buissons blancs, serrés, de 3 à 5 centimètres, si jolis, si réguliers quand on les examine de près, qu’on les a nommés corail de montagne. Ses nombreuses variétés sont regardées maintenant, pour la plupart, comme autant d’espèces différentes.
2° La C. SCYPHOPHORE, C. pyxidata (Lichen en entonnoir, Pixide), Lichen pyridatus de Linné. Il suffit de voir une fois ce singulier Lichen pour se rendre compte de tous ses noms; car sa forme est absolument celle d’un ciboire, d'un gobelet, d’un verre à pied. Quelquefois à tige nue, s’élevant plus souvent du milieu d’un petit gazon qui lui appartient, il offre dans sa forme une grande Het: le plus communément ce n’est qu'une coupe à pied; d’autres fois cette coupe est ciselée ou relevée d’ornements; assez souvent aussi