‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 727 sur 1111 · COL · texte numérisé non relu

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machique et d’un goût très-agréable. Les conserves et la pâte de coïing, aussi nommée cofignac, sont très-recherchées et jouissen£ d’une réputation bien méritée. L’eau de coing est une liqueur de ménage, bonne pour l'estomac. Voici comment elle se prépare. Prenez des coings que vous râperez, et dont | vous exprimerez le jus jusqu’à ce que vous en ayez 4 litres; mêlez ce jus avec 4 litres d’eau-de-vie ; ajoutez-y 2 grammes de cannelle, autant de girofle et 4 grammes de coriandre. Après quinze jours de macération, filtrez le tout et mêlez-y un sirop. (V. Srror.) On peut mème se dispenser du sirop en se contentant d'ajouter du sucre au mélange avant de filtrer, à raison de 250 grammes par litre. C’est un excellent tonique. Le sirop de coing, employé comme astringent pour édulcorer les boissons, se prépare avec des fruits encore un peu verts. Les pépins, qui sont enveloppés d’une pulpe gélatineuse, s’emploient en lotions et cataplasmes émollients et mucilagineux. Les coings servent à la campagne à parfumer les armoires.

Le bois du Coignassier est bon pour les tourneurs et menuüisiers. La variété la plus cultivée pour ses fruits est le Coignassier du Portugal; celui de la Chine les a plus gros et plus parfumés, mais ils ne peuvent servir. Un terrain pierreux et humide est celui qui convient le mieux à cet arbre intéressant. ‘

COIX. (Larme-de-Job, Larmille des Indes.) C’est une Graninée annuelle, originaire des Indes, presque naturalisée en Espagne et cultivée dans un grand nombre de jardins à cause

de ses fruits. Ils sont un peu plus gros qu’un pois, et ressem-

blent à des perles par leur luisant d’un blanc bleuâtre. On en fait des chapelets, des bracelets, des colliers. Ils contiennent une farine assez nutritive qui peut servir dans les temps de disette. La plante a peu d’apparence, et a beaucoup de rapports avec les Méliques de nos bois. Sa culture est facile.

COLCHIQUE D'AUTOMNE. (Tue-chien, Safran des prés.) C’est dans les prairies qui reverdissent en septembre que se montre en petites toufles de fleurs du plus joli lilas la Colchique d'automne, ainsi nommée de la Colchide, célèbre dans l'antiquité par les différents poisons qu'on y trouve et où la Colchique abonde. Aucune feuille ne précède et n’accompagne ces fleurs charmantes au moment où elles paraissent ; elles jédent d’un bulbe aplati d’un côté, hémisphérique et strié de

autre ; c’est au printemps seulement qu’on voit surgir quelques feuilles grandes, ovales et d’un gros vert, du milieu des-

quellés partent deux ou trois capsules renflées où sont les graines.

On a à se défier de cette plante aussi singulière qu’elle est jolie. Les troupeaux s’en éloignent. Elle renferme en effet dans ses graines et sa racine un principe vénéneux nommé colchicine, qu'on extrait des premières ; c’est un poison énergique. On se sert des bulbes pour empoisonner les piéges que lon tend aux renards et aux loups. Ce poison est mortel pour les chiens. Son odeur est forte et désagréable, sa saveur âcre et nauséabonde. Pris à très-petite dose, son emploiest sédatif ; on l’administre avec succès dans les vives douleurs de la goutte et du rhumatisme aigu ; à forte dose, il est des plus irritants, et produit une vive inflammation gastro-intestinale ; à dose modérée, il n’est plus qu’un purgatif énergique et un diurétique puissant, analogue à la Scille, et employé en médecine humaine et vétérinaire. Le suc de la plante ou linfusion des feuilles tue les pous des bêtes à cornes ; il suffit pour cela de les en frotter. On peut, par de longs lavages, enlever à loignon de Colchique son principe vénéneux, et se nourrir de sa pulpe farineuse comme de celle de la Pomme de terre.

La Colchique est venue embellir nos jardins, où la culture a varié et nuancé ses couleurs, qui sont devenues blanches, roses, bleues, purpurines ; elle a aussi obtenu des fleurs doubles. Il faut relever les bulbes en juillet pour séparer les caïieux et replanter peu après. -*

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