‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 730 sur 1111 · CON L · texte numérisé non relu

CON L

séparer entre elles et de les éloigner des autres Cucurbitacées, afin d'éviter la dissémination du pollen par les vents. Pour avoir de bonnes graines, on choisit celles du fruit le plus beau et le meilleur, on les sépare de la pulpe, et, après les avoir bien fait sécher, on les ferme en lieu sec; elles se conservent jusqu'à sept et huit ans; celles qui en ont quatre valent mieux que celles de l’année précédente.

Les nombreuses variétés de Melons se réduisent à trois races principales : 4° Les Maraïchers à écorce brodée de blanc, auxquels appartiennent le Sucrin de Tours, le Sucrin à chair blanche, l'Ananas à chair verte, et le Maraîcher de Honfleur. 2° Les Cantaloups plus petits, plus arrondis, souvent bordés d'une couronne au sommet. Leurs variétés sont : l’Orange, de tous le plus précoce, le Fin hâtif, le Noir des Carmes, le gros et le petit Prescot, le Gros noir de Hollande. 3° Les Melons à écorce unie et grande graine, faussement désignés sous le nom de Melons d’eau, et auxquels appartiennent le Melon de Malte, blanc et rouge, le Melon du Pérou, le Melon d'hiver, à chair blanche, qu’on peut garder jusqu’en février. Cette dernière race est Dé spécialement cultivée dans le Midi.

Les Melons sont en général rafraichissants et se mangent crus ; on les accuse d’être un peu fiévreux quand les chaleurs sont passées. Ceux qui ne peuvent mürir sont très-bons cuits, et les jeunes pousses qu’on retranche au pincement se mettent au vinaigre comme les Cornichons. On fait des cataplasmes émollients avec le Melon, et sa graine est, avec celle de la Citrouille, de la Calebasse et du Concombre, l’une des quatre semences froides employées à faire des émulsions rafraichissantes. On fait confire certains Melons; on en met dans les vins cuits ou raisinés. Les chevaux en mangent la côte; mais sur nos tables il convient d’ajouter au Melon cru un peu de sel, de poivre ou de sucre pour le rendre plus agréable et moins indigeste.

2° Le CONCOMBRE COMMUN, C. sativus. Les Concombres ont de grands rapports avec les Melons, hors la saveur sucrée, la couleur et le parfum. Ils sont froids et fades; on ne les mange que cuits et en salade. C’est un mets très-recherché dans le Nord. En Pologne, on les cueille encore verts pour en remplir des tonneaux de saumure qu’on laisse au fond d’un étang pendant trois mois, après lesquels on fait usage de ces Concombres salés. L'eau dans laquelle ils ont macéré leur a donné tout son sel; elle est potable, agréable et très-recommandée pour calmer la soif que donne la fièvre. La graine de Concombre se donne en émulsions dans les maladies inflammatoires.

Leur cuiture est la même que celle des Melons, si on veut en faire un aliment ; mais si on n’en sème que pour avoir des Cornichons, il suffit de les semer en avril. Aussitôt que les jeunes fruits sont de la grosseur du petit doigt, il les faut brosser, couvrir de sel fin, les mettre à l’eau froide d’abord, et, quand ils sont égouttés, les jeter dans un pot de grès avec estragon, girofle et petits oignons, puis jeter par dessus du vinaigre bouillant que le lendemain on fait rebouillir encore, et cela trois ou quatre fois. Il serait très-dangereux de se servir pour cette opération d’un vase de cuivre, sous prétexte de leur donner une couleur plus verte.

Le seul Concombre dont la pulpe soit sucrée est le C. SER- PENT, à fruit très-allongé, sillonné en long, cylindrique et plusieurs fois replié sur lui-même.

3° La PASTÈQUE, C. citrullus (Melon d’eau). Cette espèce, très-voisine du Melon, a une variété cultivée surtout dans le Midi. Elle y a une chair très-fondante, mais un peu fade ; elle demande beaucoup d’eau et exige la même culture que nos melons, si ce n’est qu'après l’avoir pincée on laisse étendre ses branches latérales. Ce fruit est recherché en Provence ; on en fait des compotes et des confitures. Les graines donnent une huile bonne à manger.

4° La CoLoquinTe (Chicotin, Concombre amer). Cette espèce, originaire de Barbarie, a le fruit en pomme, parfaitement rond et jaunâtre; l’écorce est lisse et la pulpe blanche, d’une amertume insupportable, et de là le proverbe : Aimer comme chicotin. Cette pulpe est âcre, excite des nausées et déchire la gorge. C’est un purgatif violent dont on ne se sert que dans les cas désespérés, spécialement les hydropisies passives. C’est aussi un vermifuge employé contre le ver solitaire. La graine, qui ne participe point aux qualités àcres et corrosives de sa pulpe, est émolliente et mucilagineuse comme toutes celles du genre.

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