CORNIER. V. CORNOUILLER MALE
CORNOUILLER. Cornus. La dureté de ja corne, à laquelle on a comparé celle de ce bois, lui a fait donner son nom. Nous possédons deux Cornouillers indigènes : le premier est le C. MALE (Cornier), dont parle Virgile. C’est un petit arbre à tronc noueux et à rameaux diffus, qui croît dans les bois et donne dès le mois de février des fleurs en ombelles jaunâtres, qui paraissent avant les feuilles. Il leur succède de petits fruits mous et charnus, en forme d'olive, ordinairement du plus beau rouge, et de là ce vers du poète de Mantoue pour célébrer les merveilles de la greffe: Mirantur prunis lapidosa rubescere corna. Les cornes ou cornouilles sont à la fois aigres et douces, mais astringentes. On les mange crues, confites au sel ou au sucre. Elles font partie des fruits propres aux liqueurs fermentées. Leur amande donne de l'huile.
Cet arbre, très-lent à croître, vit fort longtemps; son bois est si dur que les anciens en faisaient leurs piques et leurs Javelots. On s’en sert à présent pour des lardoires, des roues de moulin, des manches d'outils, etc. Il reçoit un beau poli. Son aubier, qui est très-épais, tranche vivement avec le cœur du bois, qui est d’un beau brun. Il est bon pour les ouvrages de tour. Le Cornier vient dans tous les terrains; sa fleur précoce et de longue durée, ainsi que ses fruits, qui dans une variété sont jaunes et dans l’autre rouges, le rendent trèspropre aux jardins paysagers, où il est d’un joli effet.