‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 738 sur 1111 · CORONOPE. V. CORNE-DE-CERF, PLANTAIN · texte numérisé non relu

CORONOPE. V. CORNE-DE-CERF, PLANTAIN

CORROYÈRE. V. SUMAC.

CORYDALIS. V. FUMETERRE.

COTONNIER. Gossypium. Ce genre important, cultivé dans les contrées chaudes des quatre parties du monde, appartient à la famille des Malvacées. Des feuilles trilobées ou palmées, un double calice, 5 pétales jaunes ou rouges, de nombreuses

COT 511 étamines groupées en un faisceau autour de 4 ou 5 styles, une capsule sphérique ou ovoïde à 4 ou 5 valves et autant de loges contenant les graines, caractérisent tous les Cotonniers ligneux ou herbacés. Quoique leur racine serve dans l'Inde en décoction dans les maladies des voies urinaires, que lécorce des tiges ligneuses soit employée en Chine à faire du papier, que les fleurs soient pectorales et émollientes comme celles de toutes les Malvacées, que leurs semences puissent servir à préparer les émulsions rafraichissantes, des fomentations, des fumigations émollientes, et donnent l'huile de coton, mangée dans le Brésil et brülée à Cayenne, on oublie cependant toutes ces propriétés pour s'occuper surtout de l'importance de leurs capsules; elles sont pleines d'un duvet blanc, jaune ou rougeûtre, soyeux et fin, qui protége les graines : c’esl le coton, que tout le monde connaît. Sitôt qu'il est mûr, il fait éclater les valves, et, sans laisser échapper les graines de son enveloppe, il déborde de tous les côtés de sa capsule, et invite la main à le cueillir. Aussi, de temps immémorial, les hommes ont su l’approprier à leurs besoins. Des Indes, qui paraissent être sa première patrie, il a passé dans tous les pays chauds, et, si l’on en croit les essais de Faujas et les écrits de Choiseul-Gouffier, parmi les nombreuses espèces de Cotonniers, il en est une qu’on pourrait acclimater dans le midi de la France, la Provence, le Languedoc et mème le Dauphiné.

Le coton, denrée de première valeur, fait une des grandes richesses de nos colonies. D’un produit plus abondant que le chanvre, le lin, la laine et la soie, il s'emploie seul ou s’associe À chacun d’eux pour la fabrication d’étoffes et de tissus propres à différents usages. On en fait des tricots, du drap, du velours, du nankin, de la mousseline, des toiles: il compose toutes les mèches qui se brûlent avec la cire, l'huile et le suif;- sous le nom de fi? d’Ecosse, il sert à la couture ; sous celui d’ouate, il rend plus chauds nos vêtements d'hiver. Le coton en charpie est très-bon pour les plaies; les Anglais le préfèrent à tout autre. On en fait aussi des moxas.

Le coton du commerce se divise en coton des iles et coton du Levant; le premier, qui est le plus estimé, prend le nom du lieu d’eù on le tire ; celui du Levant, de Malte ou de Chypre, dont l’entrepôt est à Marseille, est moins fin, et se trouve mêlé à plusieurs matières hétérogènes. Le coton nous arrive en bourre ou filé. Malgré les efforts prodigieux de notre industrie et ses progrès, la mousseline des Indes contrebalance encore toutes celles qu'on fait en Angleterre et en France, quoique les fndiens, chez qui l'adresse supplée à l'invention.

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