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du matin pour se refermer à midi. Cette règle, à laquelle elle obéit chaque jour avec fidélité, lui a valu son nom botanique (du grec katananché, contrainte irrésistible). Sa corolle du plus beau bleu de ciel, que fait ressortir un disque noir dans un calice à écailles nacrées, se balance sur une tige grêle, blanchâtre et peu feuillée, assez semblable à celle du Bluet. La plante a peu de grâce, mais la fleur est réellement d’une grande beauté. Quoique dépaysée dans nos jardins, on peut y conserver avec des soins en la semant au printemps, en terre sèche, légère, et à chaude exposition ; elle se multiplie de graines et d’éclats, et veut une couverture l'hiver. On la dit vulnéraire et apéritive.
CURACAO. V. CITRONNIER.
CURCUMA LONG où ROND. Terra merita. (Souchet des Indes, Safran de terre ou des Indes.) Cette plante des Indes, de la famille des Drimirrhisées, voisine des Cannées par son périanthe épigyne, irrégulier et à une seule étamine, est célèbre par sa racine. Celle-ci est répandue dans le commerce sous deux formes différentes, ouen petits bâtons tortueux de la longueur du doigt, d’une saveur àcre et poivrée, ou en morceaux arrondis, jaunâtres et poudreux. C’est un stimulant aromatique, très-actif, mais peu employé en médecine ; elle l’est beaucoup plus comme assaisonnement, surtout dans les Indes. Mais son principal usage est dans la teinture, à cause de la belle couleur Jaune-orangée qu’on en obtient, quoique peu fixe ; on s’en sert pour teindre en Jaune les parquets, le papier, le bois, le cuir, les pâtisseries, le beurre, le fromage, les huiles, certains vernis. Elle est employée comme couleur de fond pour la dorure ; elle avive l’écarlate. On prépare avec son infusion le papier de Curcuma, très-usité comme réactif en chimie ; les alcalis Le font rougir.
CUSCUTE GRANDE et PETITE. Cuscuta major et minor. (Au sure ou Bourreau-du-lin, :Cheveux-de-Vénus ou du-diable, Epithyme, Lin-maudit.) Cette plante parasite, proscrite à bon droit par les cultivateurs, est des plus singulières. Son embryon, dépourvu de cotylédons, s'élève de terre comme un petit fil rouge, toujours sans feuilles, qui va bientôt s’accrocher aux plantes voisines. Dès qu’il a pu s’enrouler autour d'elles, sa racine se dessèche, ses crampons s’enfoncent dans les supports qu'ils enlacent, et ses tiges, se ramifiant à l'infini, s'étendent circulairement en donnant la mort aux plantes herbacées ou aux sous-arbrisseaux dont elles pompent le suc. Ses petites fleurs blanchâtres, groupées en paquet sur leurs filaments jaunâtres, justifient les noms de Râche et de Teigne qu’on lui donne encore dans les champs. Elles sont peu ap-
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parentes, mais l’état maladif des plantes que la Cuscute attaque décèle toujours ses ravages. Quelquefois elle ne s’attaque qu’au Thym, au Genêt-flèche, aux Orties; mais trop souvent aussi elle envahit le Lin, la Luzerne, le Trèfle, et, si l’on n'arrête ses ravages en arrachant les pieds qu’elle a envahis ou en les brûlant jusqu’à la racine, elle s'étend chaque année et parvient à détruire des champs entiers.
‘Et cependant cette plante maudite paie encore à l’homme son tribut d'utilité. La Cuscute est apéritive, désobstruante ; son suc est purgatif; en Russie, il est usité contre la rage. Hippocrate et les Arabes l’administraient dans la phthisie ; enfin, les paysans de la Suède en font usage pour teindre en rose les étofles de lin.