CUVE-DE-VÉNUS. V. CARDÈRE
CYCLAME. Une grosse racine, ou plutôt un collet tuberculeux, arrondi, très-solide, a valu au Cyclame le nom de Pain-de-pourceau , parce que ces animaux le recherchent avec avidité. Une plante aussi belle méritait pourtant un nom moins irrévérent ; rien n’est en effet plus élégant qu’une touffe de Cyclames lorsque leurs fleurs épanouïies inclinent avec grâce leur gorge vers la terre pendant que leurs segments s’élancent vers le ciel. Pour produire un plus beau coup-d’œil, il ne faut pas en mettre un seul pied dans un pot, comme on le fait communément ; il convient d’en réunir un ques nombre dans une terrine assez profonde, en ayant soin de mélanger les variétés.
On connaît aujourd’hui à peu près 15 espèces de Cyclames ; les plus répandus dans nos pays sont les Cyclamen Europæum, Neapolitanum, Persicum, Coum et macrophyllum. Le premier et le second peuvent se cultiver: chez nous en pleine terre en leur choisissant une bonne exposition ; les autres sont par excellence propres à orner les appartements et les fenêtres. Le terrain qui leur convient à tous est un mélange de terreau et de bruyère pure. Quand on les met en pot ou en terrine, on doit avoir soin de mettre au fond une couche de têts ou de poteries brisées, pour préserver les tubercules de la pourriture. Quand la floraison est finie, il faut, pour le même motif, sevrer les plantes d’eau ou du moins leur en donner excessivement peu.
Les pédoncules des Cyclames, ordinairement contournés en spirale avant la floraison (1), reprennent cette disposition
(1) Si le C. Persicum n'offre pas chez nous cette disposition, c'est uniquement parce que, n'étant cultivé qu'en appartement, il n'alteint pas à la vigueur qu'ila dans son pays natal.
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quand celle-ci est terminée; c’est de là qu'est venu à ces plantes leur nom de Cyclame (du grec kuclos, cercle, spirale). La capsule, placée au centre de ces spirales nombreuses, se rapproche peu à peu de la terre et finit par s’y implanter pour y déposer ses graines. Aussi a-t-on regardé les Cyclames comme le symbole de Pamour maternel, à cause de Pespèce de tendresse avec laquelle ils prennent soin des enfants auxquels ils donnent naissance.
Les variétés de Cyclames s’obtiennent par graines qu’on sème aussitôt après leur maturité ; les jeunes plants ne fleurissent qu'au bout de quatre ou cinq ans. Lorsqu'on a des variétés auxquelles on tient, on peut les multiplier en coupant les tubercules en quartiers auxquels on laisse une partie des bourgeons du centre. Cette opération doit être faite lorsque la végétation est complètement arrêtée.
CYMBALAIRE. V. LiNAIRE.
CYNOGLOSSE (du grec kunos-glossa, langue de chien). Le C. oFFICINAL et le C. À FLEURS RAYÉES sont, parmi les espèces intéressantes de ce genre, les seules qui méritent le nom de Langue-de-chien par la forme de leurs feuilles et la douceur de leur duvet. On les trouve sur le bord des chemins calcaires ; leurs fleurs sont d’un rouge faux ou d’un bleu veiné, et leur feuille d’une odeur désagréable qui rappelle celle des Solanées; aussi participentelles à leurs qualités narcotiques, la racine surtout. On en fait les pilules de Cynoglosse qu'on administre avec lopium. Réduite en poudre, toute la plante est bonne contre la morsure des serpents. Les fleurs, appliquées à l'extérieur, sont émollientes.
On cultive pour leurs fleurs deux autres espèces dont la plus jolie est le C. OMPHALOÏDE où PRINTANIER ( petite Sourrache, Aimez-moi). Il eroît naturellement dans le Midi. Dès les premiers jours de mars, ses petites touffes vertes se couvrent de jolies fleurs d’un bleu d’émail dont on peut faire des bordures charmantes ; elles viennent partout, mais mieux en terre fraiche. Ses rejetons aboñdants se plantent en automne. La plante est adoucissante, quoique légèrement astringente.
L'autre espèce cultivée est le C. À FEUILLES DE LIN, C. linifolium, originaire du Portugal. Ses tiges basses ont peu de consistance ; mais ses fleurs d’un beau blane, qui durent tout l'été, font de très-jolies touffes ou corbeilles. Il est annuel et doit se semer sur place, en automme ou au premier printemps, sur une terre légère, en bonne exposition.
CYPRÈS. Cupressus (du grec Kuparissos). Les poètes ra-
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content que le beau Cyparis, inconsolable de la perte de sa biche chérie qu'il avait tuée par mégarde, pria les dieux de rendre sa douleur immortelle ; ils le changèrent tout à coup en Cyprès, et dès lors cet arbre toujours vert, mais d’un vert si sombre qu’on n’y entend point chanter l'oiseau, devint le symbole des regrets. On le dédia à Piuton. Les Grecs le plantaient sur les tombes et en accompagnaient les pompes funèbres ; ils s’en servaient pour orner leurs lampes funéraires, les autels des dieux infernaux, et pour couronner leurs prètres et leurs victimes. Un emblème de la douleur devait, comme elle, devenir universel ; et nous aussi, nous plantons les Cyprès autour de nos tombes chéries, mais la simple croix de bois qui les décore parle bien plus à nos cœurs que le noir feuillage de ces mobiles pyramides.
Le C. PYRAMIDAL, C. fastigiata, est le Cyprès des tombeaux ; ses rameaux, étroitement serrés au tronc, le font ressembler à de longues colonnes noires d’un aspect sombre et majestueux. Isolé, il produit un bel effet dans les bosquets l’hiver ; c’est à cette époque que ses branches se couvrent de pelits chatons staminifères si nombreux, que la dissémination du poHen ressemble À une épaisse vapeur jaune qui s’exhale du sein de l’arbre. Ses cônes ressemblent à de petites noix de galle ; ils sont stomachiques et vulnéraires. Cet arbre remarquable est originaire du Levant et des îles de l’Archipel.
Le C. HORIZONTAL Où À BRANCHES ÉTALÉES s'élève beaucoup plus haut que le précédent. C’est lui sans doute que citent les livres saints, lorsqu'ils disent que la sagesse s’éléve vers les cieux comme le cèdre du Liban ou le cyprès du mont de Sion. Ce bel arbre est très-commun dansle Levant, où il sert de bois de charpente. Moins élégant que le Cyprès pyramidal, il croît très-vite et résiste mieux aux orages. Il dure des siècles et n’est point attaqué des vers; son incorruptibilité l’a fait choisir pour enfermer les momies d'Egypte. Les Athéniens l’employaient au cercueil de leurs héros. On a vu à Rome des portes de bois de Cyprès du temps de Constance durer plus de onze cents ans. Cet arbre a la propriété d’assainir l'air par ses exhalaisons; c’est pour cela que les anciens médecins envoyaient leurs malades dans l’île de Candie, où cet arbre abonde; on l'y nomme Dos filiæ, la Dot d'une fille, pour le prix qu'on en retire. Pourquoi cet arbre n’est-1l pas plus cultivé sur les coteaux substantiels de la France méridionale, où On pourrait le naturaliser? Ses rameaux, qu’on met dans les étolles pour les préserver des insectes, donnent la térébenthine de Cyprès, dont on se sert pour conserver les ani- ] empaillés. Ses feuilles et ses tigelles teignent en jaune
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On donne improprement le nom de Cyprés chauve au Schubertia disticha, superbe arbre vert de l'Amérique septentrionale, qui atteint 30 à 40 mètres, et dont la circonférence peut ètre de 10. Les Indiens en font leurs pirogues, bateaux d’une seule pièce qui n’ont que 3 centimètres d'épaisseur et portent trois à quatre milliers pesant. Son bois, dur et léger, est excellent pour la charpente, surtout pour les toitures. La résine qu’il transsude sert aux nègres à cicatriser leurs plaies, et l'écorce à couvrir leurs cabanes. Le Schubertia, ainsi que le Mélèze, renouvelle tous les printemps son léger et vert feuillage, qui le rend très-propre aux Jardins anglais, où il est d’un grand effet. Cet arbre est surtout remarquable par de gros chicots ou cônes creux, comme des bosses de chameau, de 13 à 15 décimètres de haut, qui sortent des racines non loin du tronc. On en fait des ruches d’abeilles. 11 est le seul de sa famille qui croisse dans les lieux marécageux. Sa culture est la même que celle de tous les arbres verts, avec la seule différence que celui-ci se plaît en terrain très-humide et le pied dans l’eau.
CYTISE. Parmi les espèces de ce genre, la plus connue et la plus recherchée est, sans contre, le C. AUBOUR ou 4 GRAPPES, Cytisus laburnum (Ebénier des Alpes, Bois-d’arc), qui croit naturellement dans les Alpes et le midi de la France. Les bosquets et les jardins anglais s’en sont emparés. Entremêlé avec les Arbres de Judée et les Cerisiers à fleurs doubles, qui tous fleurissent en même temps, il tranche de la manière la plus gracieuse par ses jolis rameaux qui se courbent sous le poids de ses longues grappes jaunes et pendantes. À agréable 11 joint Putile : son bois, dur, souple et élastique, sert à faire des brancards de chaises à porteurs et des arcs qui pendant un demi-siècle conservent leur élasticité ; les anciens l’employaient à cet usage. Les tourneurs, les ébénistes et les menuisiers font de iolis meubles avec son bois, qui reçoit un beau poli. La différence très-tranchée de couleurs dans le centre et l’aubier est remarquable. On pourrait culliver partout et jusque dans les plus mauvais sols cet arbre intéressant, qui croît très-vite et vient également de semences et de boutures. Il faut, quand on le transplante, avoir grand soin de conserver le pivot. On sait que Virgile a chanté le Cytise fleuri que vient brouter la chèvre capricieuse ; mais c'est probablement une espèce de Cylise ou Genêt à tige beaucoup plus basse.
Le C. À FEUILLES SESSILES Fe Cytise, Trifolium des jardiniers), est un arbrisseau du midi de la France, de 1 à 2 mètres, aussi cultivé dans les jardins pour ses fleurs d’un
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beau jaune et en épi. On le taille quand elles sont passées pour l’élever en boule ; on le cultive et on le multiplie comme le précédent.
‘DACTYLE PELOTONNÉ. Dactylis glomerata. Cette Graminée, très-commune dans les prés de côte, donne un fourrage un peu dur, mais abondant. Ce serait un des meilleurs s’il était fauché de bonne heure; car il est rustique, précoce, et réussit mieux que tout autre dans les terrains médiocres. On doit semer le Dactyle au printemps ou en automne ; sa panicule pelotonnée a peu de grâce et fait courber son chaume élevé.
DAHLIA VARIABLE. (Géorgine.) Cette belle Radiée, découverte par M. de Humboldt dans les plaines de Mexico, et dédiée à Dahl, botaniste suédois, a été apportée en France au commencement de ce siècle. Les tubercules gros et nombreux de sa racine, que l’on mange au Mexique bouillis ou cuits sous la cendre, semblaient devoir offrir sous notre ciel les mêmes avantages que la Pomme de terre, originaire des mêmes lieux ; mais, si leur saveur plus âcre les a fait jusqu’à présent repousser par les hommes et les animaux, nos parterres et nos jardins leur doivent avec reconnaissance l’une des plus belles plantes dont ils se parent. Les Dahlias sont devenus la fleur du Jour ; aussi variés dans leurs couleurs que la Tulipe, la Renoncule et l’Anémone, plus majestueux dans leur port que la Primevère, la Jacinthe et l'OŒEillet, s'ils le cèdent à la reine des fleurs par l'absence de parfum, ils le disputent avantageusement avec elle par la richesse et Ja
râce des formes, et ils l’emportent de beaucoup par la nuance
es teintes et surtout par une longue durée qui nous en laisse jouir durant l'été et tout l'automne.
La culture, les soins assidus, la facilité des semis et limflence du terrain ont plié cette plante docile aux caprices des horticulteurs. Il en est peu dont les variétés soient aussi nombreuses pour la stature, la forme et la couleur. On en fait monter le nombre à plus de 4,000.
Le goût, toujours arbitraire dans ses lois, prescrit maintenant pour ja beauté d’un Dahlia les règles suivantes : 4° une tige unique, de 4 mètre au plus, revêtue d’un feuillage vert et abondant, et arrondissant son sommet en un cône renversé ; 2° des fleurs nombreuses, redressées ou très-légèrement penchées sur un pédoncule de médiocre longueur, complètement
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pleines, bien rondes, en hémisphère ou demi-globe parfait ; 3° des pétales très-nambreux, concaves, entiers ou en ovale arrondi à leur extrémité, disposés symétriquement, se recouvrant également les uns Jes autres, et convergeant tous comme autant de rayons de la circon'érence au centre; 4° une couleur vive, riche, fine et prononcée, ou de douces nuances en pourpre, violet, rose, jaune ou blanc, élégamment fondues, ou enfin la réunion distincte de plusieurs teintes, formant des raies franches, nettement dessinées, sans confusion, sans taches, sans mouchetures.
On peut en quelques années, quel que soit le climat qu'on habite, réunir sans beaucoup de soins une riche collection de Dablias. Un bon terreau, mêlé d’un peu de sable, leur convient mieux qu'un terrain bien fumé ; ils veulent à la fois beaucoup d’eau et de chaleur, en se contentant toutefois de celles qu'on peut leur donner. On peut, à la rigueur, ne planter les tubercules attenant à leur collet que lorsque les gelées d'avril sont passées ; mais il est mieux, pour en jouir plus tôt, de hâter le développement des tiges, en les plaçant en inars sur couche tiède et sous chàssis, et les recouvrant d’un peu de terre. Souvent cinq ou six jets se montrent à la fois ; ce sont les germes d'autant de plantes nouvelles, si l’on a soin de les séparer, en laissant à chacun un morceau de tubercule. Les débris des tubercules ne sont point à dédaigner ; ce sont d'excellents sujets pour la greffe.
Dès que ces jeunes pousses n’ont plus à craindre le froid, on les transplante à poste fixe. Quelle que soit la position qu'on leur destine, en amphithéâtre, en longues rangées, en massif, en corbeille (car leur diverse stature, de 3 à 30 décimètres, les rend propres à toutes ces dispositions), il faut au moins entre chaque pied 4 mètre 50 centimètres de distance en tous sens. On ne conservera qu'une tige à chaque Dablia, et, dès le commencement de juillet jusqu'aux premières gelées, on jouira d’une multitude de fleurs devenant toujours plus belles à mesure qu’elles seront plus nombreuses. Pour que les fleurs soient plus grandes, il convient de retrancher aux Dablias une grande quantité de petites branches qui absorberaient inutilement la sève ; mais il faut le faire à mesure, et ne pas attendre qu’elles soient toutes développées pour les supprimer ensuite toutes à la fois. Chaque plante doit être fixée à un ou plusieurs tuteurs qui l’empècheront d'être brisée par le vent ; on doit le faire de telle sorte que l'air et la luière puissent circuler librement dans l’intérieur de chaque toufle, et, par conséquent, c’est une très-mauvaise méthode que celle qui est généralement suivie, et qui consiste à attacher les tiges et à les serrer fortement à un piquet central ;