‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 755 sur 1111 · DAME-D'ONZE-HEURES. V. ORNITHOGALE EN OMBELLE · texte numérisé non relu

DAME-D'ONZE-HEURES. V. ORNITHOGALE EN OMBELLE

DAMIER. V. FRITILLAIRE PINTADE.

DAPHNÉ ou LAuRÉOLE (du grec daphné, laurier). Ces gracieux arbustes, assez semblables au Laurier d’Apollon par leurs fleurs odorantes et leurs feuilles souvent persistantes, forment un genre nombreux; il est important par la daphnine ou néroine, principe vénéneux, âcre et caustique, répandu dans toute la plante, et surtout dans son écorce et ses racines, qui les rend vésicantes et propres à remplacer les mouches cantharides. Leurs baies sont purgatives. Toutes les espèces de Daphné ornent les jardins, les unes par leurs feuilles toujours vertes, etles autres par leurs fleurs roses et odoriférantes. Un terrain léger leur convient; il faut semer à la maturité de la graine pour voir lever le plant au printems prochain. On multiplie aussi les Daphnés par la greffe.

L'espèce la plus commune dans les bois est le D. LAURÉOLE (Lauréole mâle, Laurier purgatif, Laurier des bois). Il convient aux bosquets d'hiver par son feuillage toujourt vert, groupé gracieusement au sommet des rameaux. On le cultive surtout pour servir de sujets à grefler à l'anglaise ou à la pontoise les autres espèces de Daphné. Sa fleur, qui vient de février en mars, est fort peu apparente.

Le Daphné le plus cultivé dans les jardins d’agrément est le MÉzÉRÉON (Bois-gentil, Bois-joli, Laurelle-gentille). Tous ces noms Jui sont dus pour la précocité de ses fleurs, qu’on voit paraitre dès les mois de décembre, janvier et février, pour peu qu'il se rencontre quelques Jours sans gelée. Ses rameaux se couvrent dans toute leur longueur d’une multitude de petites fleurs roses ou blanches, d’une odeur douce et ane Les feuilles, qui ne viennent que longtemps après les fleurs, protégent les baies rouges qui leur succèdent. Les oiseaux sont si friands de celles-ci, qu’on a de la peine à les en éloigner. Il serait dangereux d’en manger; on ne peut même

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garder à la bouche un petit morceau de son écorce sans y développer pour longtemps une inflammation douloureuse. La pulpe des baies, légèrement torréfiée et façonnée en pilules avec de la gomme, est employée contre les dartres rebelles. Le bois, coupé en fines lanières, sert à faire les chapeaux blancs satinés qui nous viennent de la Suisse. Ce charmant arbrisseau croît sur les montagnes ; il vient bien partout dans les jardins d’agrément, cependant il pré’ère un terrain frais à mi-ombre.

Le GarOU, Daphne Gnidium (Sain-bois, Thymélée à feuilles «le lin, Daphné paniculé), croit sur les coteaux du Midi, et fait la décoration de leurs rocailles par ses rameaux arrondis en tête, garnis de petites feuilles très-serrées, et couronnés en juin de petites fleurs blanches ou rougeûtres ; il est également cultivé comme plante d'agrément, et comme plante pharmaceutique pour les propriétés de son écorce. C’est principalement le Sain-bois qu’on emploie comme vésicant, en le faisant macérer dans le vinaigre et l’eau tiède pendant cinq ou six jours, pour l'appliquer ensuite sur les parties de la peau où l’on veut appeler la suppuration. L’inflammation se développe promptement; il faut, dans les commencements, renouveler l’appareil soir et matin. Le Garou peut aussi donner une teinture jaune.

Les autres Lauréoles indigènes cultivées dans les jardins d'agrément sont : la THYMÉLÉE DES ALPES, D. eneorum (Lauréole odorante), très-rustique, à fleurs d’un rose vif et d’une odeur suave ; le D. pes ALpes, à fleurs blanches, aussi odorantes, mais plus délicates ; le D. BLANC, D. tarton raira, que ses feuilles à poils argentés font reconnaître pour enfant du Midi : elles font son principal mérite.

Les espècees étrangères sont nombreuses ; l’une des plus remarquables est le D. Indica, cultivé dans les serres pour

‘ son odeur délicieuse. Le D. Pontica, D. À FEUILLES DE CI-

TRONNIER, des côtes de la mer Noire, est couvert, de mars en mai, de fleurs verdâtres, odorantes, grèles et géminées. 11 doit être planté en pleine terre abritée et couvert pendant les froids. Le D. Boirs-DENTELLE, D. lagetto, Lagetta lintearia, de Saint-Domingue, est très-curieux par les feuillets de son écorce : ils sont excessivement minces et nombreux ; quand, après avoir battu l'écorce, on les sépare et on les étend, ils formert un tissu léger et délicat comme de la dentelle. On en fait des cocardes, des manchettes, des nattes et une foule de jolis ouvrages.

DATTIER CULTIVÉ. Phœniæ dactylifera. (Palmier-dattier.) Moins majestueux que le Cocotier, mais non moins utile par

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