‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 763 sur 1111 · DOU · texte numérisé non relu

DOU

MAGNE est plus rare et lui ressemble beaucoup. La D. SEPTEN- TRIONALE, toujours tournée vers le nord, ne se plait que sur les rochers des montagnes.

DORINE. Chrysosplenium alternifolium et oppositifolium. ‘Cresson, Hépatique ou Saxifrage dorée.) Les noms botanique et vulgaire de la Dorine sont justifiés par la couleur dorée deses caliceset de leurs bractées. LeC. alternifolium, plus rare chez nous que loppositifolium, est plus grand dans toutes ses parties. Tous deux fleurissent au commencement du printemps, et forment, tout près des chutes d’eau, dans les ruisseaux des montagnes, de larges touffes, assez analogues par leur beau vert à l’'Hépatique des fontaines. On peut les inanger en salade comme le Cresson ou la petite Montie, avec l'quelle elles ont assez de rapports. Les Dorines sont apéritives et diurétiques, mais peu usitées.

DOUBLES ou PLEINES (FLEURS). La nature, dit M. de Candolle, mème dans ses écarts, tend toujours à l'accroissement, à la richesse et à la beauté. Les fleurs doubles ou pleines en sont la preuve. Il arrive souvent que les soins d’une culture attentive, l’abondance des engrais ou la richesse du sol font affluer sur les étamines et les carpelles une si grande quantité de suc, que tous ces organes, ou seulement une partie d’enire eux, se convertissent en pétales. Cette transformation, qui ne se fait qu’aux dépens de la fructification, est le but des soins du fleuriste, qui trouve la fleur d'autant plus belle qu’elle est plus riche en pétales, plus double ou plus pleine ; tandis que le botaniste, amant de la simple nature, n’apercoit plus en elle qu'un beau monstre et une brillante anonalie.

Quelquefois la transformation n’est que partielle, et il reste à la plante assez d’étamines et de carpelles pour avoir quelque espoir de postérité. La fleur n’est alors que semi-double ; c’est elle qui donne les meilleures graines à récolter. Plus communément la fleur est pleine et atteint ainsi sa plus grande beauté , disons aussi sa plus grande durée, parce que dans toutes les plantes la persistance des pétales étant calculée sur le temps nécessaire à la dissémination du pollen de toutes les étamines, il arrive que les fleurs pleines n’en ayant pas doivent avoir une durée beaucoup plus longue. Elle sert à consoler de leur perte si elles sont annuelles, car, n'ayant point de graines, il est impossible de les reproduire dans le mème état; mais si elles sont vivaces ou ligneuses, Ja bouture, la grefle, la marcotte et l'éclat des tiges sont des moyens faciles de conserver et de propager leur stérile beauté.

Page 1