EROBIUM. V. BEC-DE-GRUE
ÉROPBILE VULGAIRE. (Mignonnette, Drave du printemps. Quel est le botaniste qui n’ait souri à l’'Erophile? Et cependant cette petite herbe des champs mériterait peu d’être citée, malgré ses propriétés astringentes et vulnéraires, jadis employées contréle panaris, si elle n’était la première de toutes à venir saluer les beaux jours. C’est pour cela qu’on la nomme Erophile (amante du printemps); mais sa durée est aussi courte que son réveil est précoce. Toujours ouverte aux soleils de février, depuis longtemps elle a cessé de vivre quand ceux de mai ou de juin ramènent dans nos champs le Coquelicot et le Bluet.
ERS. Ervum (du grec erpô, ramper). Les tiges faibles et décombantes des Ers, s’accrochant aux corps voisins par les vrilles de leurs feuilles à folioles étroites, es ont fait nommer ainsi. Parmi plusieurs espèces, on distingue :
1° La LENTILLE, E. lens (Arousse, grosse Lentille, Lentille blonde). Le nom de Pelusiaca que lui donne Virgile semble indiquer qu’elle est originaire d'Egypte. Quoi qu'il en soit, elle est depuis longtemps naturalisée en France, et était connue des anciens, témoin ce fameux plat de Lentilles qui coûta si cher à l’un des fils de Jacob. C’est un aliment farineux très-usité. La forme plate, ronde et bombée de la Lentille a fait donner son nom aux verres des instruments d’optique. On s’en sert pour mouler de petits boutons. Toute la plante verte ou sèche est un excellént fourrage.
La Lentille est cultivée en plein champ, et de préférence dans les lieux secs et sablonneux. On la sème en mars et avril; pour que la graine se conserve mieux, on ne bat qu’au fur et. à mesure. Les anciens la faisaient germer avant de la faire cuire, pour développer son principe sucré. Parmi les meilleures variétés, on distingue le Lentillon, la Lentille rouge, la Lentille à la reine.
ERY Doi
90 L'E. ERVILIER, E. ervilia (Komin, Pois-pigeon, Vesce noire), est cultivé dans les pays méridionaux pour son fourrage et sa graine, quoiqu’un peu échauffante. On en donne aux chevaux pour les animer au coup de collier; on dit la plante verte mortelle pour les cochons et la graine dangereuse comme aliment. Cette plante, qui vient dans les terrains secs et calcaires, se sème au printemps pour s’enfouir quand elle est en fleur ; c’est un excellent engrais.
3° L’E. À UNE FLEUR, E. monanthos de Linné, Vicia monantha de notre Flore (Lentille d'Auvergne), est très-répandu dans les montagnes du Lyonnais, où on le cultive sous le nom de Jarousse comme fourrage et engrais végétal, plus propre que la Vesce commune aux terrains schisteux et sablonneux. Ses tiges faibles et grimpantes réussissent mieux quand on mêle avec elle un peu de Seigle ou d’Avoine pour la soutenir. La Jarousse se sème en automne et se fauche ou s’enterre au printemps. Sa graine pourrait se manger comme la Lentille commune.
4 L’E. vecu, E. hirsutum (Gerceau, Luzette), pourrait se cultiver comme lespèce précédente ; mais ses tiges, quoique plus hautes, sont moins rameuses. On la laisse croître sauvage dans les haies, où les moutons la mangent avec plaisir.
ÉRYTHRÉE. Erythræa centaurium. (Petite Centaurée , Herbe-à-la-fièvre.)On a toujours reconnu à cette plante beaucoup de vertus médicales. Toutes ses parties sont douées d’une saveur amère très-franche, et bien plus-encore quand elle est sèche. On emploie surtout ses sommités fleuries comme l’un des amers indigènes les plus estimés, dans tous les cas qui demandent des toniques, mais surtout dans les fièvres intermittentes peu rebelles, comme celles du printemps. On la donne encore dans les affections goutteuses et autres maladies entretenues par l’atonie des organes. Cette plante importante, très-employée dans la médecine populaire, n’est pas rare en été sur la lisière des bois, au bord des prairies et des chemins humides.
ÉRYTHRONE DENT-DE-CHIEN. (Vioulte ou Violette.) Cette belle fleur des hautes montagnes doit le nom singulier de Dent-de-chien à une grosse dent qui fait saillie à la base des trois segments les plus étroits du périanthe. Sa corolle penchée, blanche en dedans et purpurine en dehors, ainsi que ses feuilles radicales marquées de taches rouges, lui ont valu le nom grec d'Erythrone, et l'ont fait introduire dans les jardins. Elle y veut l'ombre et la terre de bruyère ; on la multiplie par ses caïeux, qu’on relève tous les trois ans et qu'on replante de suite.
552 EUP ESCAROLE, V. LAITUE.
ESPARCETTE. Onobrychis sativa. (Bourgogne, Sainfoin, Tête-de-coq.) Après le Trèfle et la Luzerne, l’Esparcette occupe le premier rang parmi les Légurmineuses fourragères ; elle est d'autant plus précieuse qu’elle convient aux terrains médiocres, calcaires surtout, qu’elle bonifie. On l’emploie en prairies artificielles et comme base des prairies permanentes, dont on évite de faire pâturer le regain pour la conserver plus longtemps; ses jolies fleurs roses font l’ornement des champs où elle croît. La variété Sainfoin chaud, Sainfoin à deux coupes, plus vigoureuse que l’Esparcette commune, est aussi plus productive. Ces plantes se sèment avec l’Avoine au printemps et quelquefois en automne. La graine se donne aux chevaux comme fortifiante.