‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 780 sur 1111 · FARINE, V. FÉCULE · texte numérisé non relu

FARINE, V. FÉCULE

FAROUCHIE. V. TRÈFLE INCARNAT.

FAVEROLE. V. HARICOT.

FAYARD. V. HÔTRE.

FÉCULE. Principe immédiat, neutre ou indifférent, comme le ligneux, la gomme, le sucre, etc., abondamment répandu dans les parties charnues et peu colorées des végétaux, telles

ue racines de Carotte et de Bryone, tubercules de Pomme & terre et d’Orchis, tiges de Palmiers, moelle de Sagou, grains de Céréales, etc. C’est à la présence de la fécule que ces différents organes doivent leurs propriétés alimentaires.

Ce principe, répandu d’abord dans toutes les parties de la plante, les abandonne peu à peu par le progrès de Ja végétation pour se porter sur l’organe qui doit la conserver ou la reproduire. C’est ainsi que, dans les plantes bisannuelles, les sucs nutritifs se concentrent dans la racine, comme dans la Betterave, le Navet, pour fournir le printempssuivant au développement de la tige et du fruit; tandis que dans les plantes annuelles, comme le Blé, le Haricot, la graine, dans son étroit volume, condense tous les principes nutritifs, toute la fécule, et devient ainsi, malgré sa petite dimension, l'aliment le plus substantiel et le meilleur quinous soit offert par le règne végétal.

De toutes les racines ou tiges souterraines, la plus riche en fécule est la Pomme de terre (V. MORELLE TUBÉREUSE), et de tous les grains c’est le Froment. C’est à la fécule du Froment que nous devons le pain blanc, contenant sur 10 parties 8 parties de fécule. Le Froment est par conséquent trois fois plus alimentaire que la Pomme de terre, qui sur 10 n’en contient que 3.

La fécule, dans les organes même qui en contiennent je plus, est toujours accompagnée de’ quelque autre principe dont on peut la séparer, ou par sa précipitation dans Peau froide, ou par la solution de ses autres principes dans un dis: solvant qui les attaque sans avoir d'action sur la fécule. (V. Bryone.) Celle-ci trouble l’eau froide, s’y précipite, mais ne s’y combine pas. C’est le contraire avec l’eau chaude ; car elle en absorbe une grande quantité, et forme avec elle ces espèces de gelées dont on fait tant usage sous les noms de colle de farine, d'amidon ou d’empois. En quelque petite quantité que la fécule se trouve en dissolution dans l’eau

556 FÉR chaude, on y reconnaitra sa présence à la belle couleur bleue que peut acquérir cette solution par ie mélange de quelques atomes d’iode dissous dans de Falcool.

Les fécules ne sont pas seulement nutritives, elles sont aussi très-souvent employées comme émollientes par la médecine. (V. FROMENT, ORCHIS, SAGOU, etc.)

FENASSE. V. AGROSTIS SPICA VENTI, ARRHÉNATÈRE ÉLEVÉE. FENÈTRE. V. FLORICULTURE.

FENOUIL. Nous comprenons sous Ce nom deux espèces attribuées souvent à des genres différents. La première est le F. OFFICINAL, Fœniculum officinale (Anis ou Aneth doux, Anis de Paris). Il jouit des mêmes propriétés que l’Anis (V. BoucAGE), quoique à un degré plus faible. La graine faisait autrefois, avec l’Anis, le Carvi et le Cumin, partie des quatre semences chaudes majeures, si célèbres dans l’ancienne médecine. Elle est douée, ainsi que la racine, de verus excitantes très-énergiques et fréquemment employées dans les vices de digestion, flatuosités, coliques d'enfants, diarrhées séreuses. On extrait de la semence une huile essentielle, usitée en médecine; la feuille sert à aromatiser les apprêts culinaires; les graines entrent dans la composition des ratafias; on les confit au vinaigre avec les cornichons; les Italiens et les Provençaux mangent les jeunes pousses en soupe ou en salade. -

La seconde espèce est le F. FÉTIDE, Fœniculum graveolens (Anis puant), originaire d’Espagne. Il a les mêmes propriétés que le précédent, mais il est moins employé à cause de son odeur plus forte et moins agréable. On a dit ses semences bonnes contre le hoquet et propres à appeler le sommeil. On en extrait une huile très-répandue dans les pharmacies, et encore aujourd’hui le grand remède en Angleterre contre les coliques des enfants. Les gladiateurs en faisaient usage pour fortifier leurs membres et les assouplir. Dans plusieurs pays, surtout chez les Cosaques, le Fenouil fétide sert de condiment.

FENOQUIL D'EAU. V. OENANTHE.

FÉNU-GREC. V. TRIGONELLE.

FÉRULE. Les Férules sont de grandes Ombellifères propres au midi de l’Europe, à l'Afrique et à l’Asie. Leur tige très-lisse et à feuilles découpées est remplie d’une moelle abondante, qui la rend propre comme l’amadou à conserver le feu très-longtemps; elle est assez forte pour faire de lonques cannes légères. C'était le sceptre des anciens pédagooues. L'usage qu'ils en faisaient sur leurs élèves, en donnant son nom à la plante qui fournissait l’instrument, a été

FEV 537 aussi nommé férule en terme de collége. Les anciens faisaient aussi avec les tiges de Férules des meubles légers et délicats, et l’on rapporte que c’est dans un coffret de ce bois qu’Alexandre gardait les œuvres d'Homère.

Les Férules, même dans l'antiquité, ont été très-célèbres par des propriétés plus importantes. La médecine a toujours fait un grand usage des gommes-résines qu'elles secrètent quand on incise leur tige, leur collet ou leur racine. Sous ce rapport, la Férule la plus intéressante est la F. assa-fœtida, dont le suc, d’abord blanc, se concrète, par son exposition à l’air, en une substance compacte, roussâtre, qui a cowrs dans le commerce sous la forme de pains, et qui est d’une odeur si infecte, que les Allemands l’ont surnommée Sfereus ditboli. Par une différence de goût qu’on a peine à s'expliquer, les Persans la nomment Mets-des-dieux.

L’assa-fœtida, ou remède fétide (de l'hébreu asa, guérir), est en grand usage comme condiment ou aromate dans llnde et la Perse. Il n’est employé en Europe que comme médicament, mais c’est un des plus puissants anti-spasmodiques et anti-hystériques que la thérapeutique possède. On le prescrit dans les affections nerveuses et hypocondriaques, dans les vomissements spasmodiques, la danse de Saint-Guy ; 1l est vanté contre l'asthme, la coqueluche, les accès d’épilepsie, la sciatique, la goutte, la constipation des vieillards, etc. La médecine vétérinaire en fait un grand emploi contre la dyspepsie des chevaux.

. Une autre Férule (si celle qui secrète l’assa-fœtida en est vraiment distincte), le Ferula Persica, donne le sagapenum, substance très-voisine de l’assa-fœtida. On en a fait beaucoup usage comme d’un fondant résolutif et d’un excitant très-actif des organes digestifs ; mais aujourd'hui son emploi est restreint.

FÉTUQUE. Festuca. Genre difficile et nombreux de Graminées, qui fait le fond de nos prairies permanentes. Parmi beaucoup d’espèces, qui tontes donnent un foin menu et délicat, on distingue la F. pes BrReBis, F. ovina, qui convient aux pâturages des mauvais terrains; pour l'hiver surtout ; il est bon cependant, en la semant, d'y associer d’autres graines. La F. ROUGE, F. rubra, se classe parmi les meilleures plantes à faucher. La F. BLEUE, F. cœrulea, donne très-tard Sa panicule violette et noirâtre, plus remarquable par sa couleur que par sa grâce. Elle convient aux prés un peu humides.

FÊVE. Vicia faba. (Fève de marais, Féverole. ) La Fève, originaire de Perse, est la plus grosse de nos graines d'Eu-

558 FEV rope. On croit que c’estundes premiers légumes dont les hommes aient fait usage. Les anciens ont essayé d’en faire du pain, et ils l’employaient comme nous à l’amendement des terres et à la nourriture des bestiaux. On sait pourtant que les Egyptiens, loin d'en manger, ne la semaient point; leurs prêtres même se seraient cru immondes seulement pour les avoir regardées. Pythagore, instruit à leur école, en interdisait l’usage à ses disciples; mais peut-être bien que son fameux précepte : À fabis abstine, avait un autre motif que le respect qu’il avait pour les àmes des morts, qu'il disait passer dans les Fèves : comme les Grecs les employaient dans leurs assemblées pour donner leurs suffrages, le but de la défense du hilosophe était sans doute d'interdire à ses disciples les afaires de l'Etat. La Fève de notre gâteau des Rois est encore aujourd’hui un vote de famille qui rappelle assez bien les votes populaires.

En France, la Fève est devenue aliment, fourrage et engrais. La graine seule se mange telle quelle dans sa Jeunesse ; mais quanil elle est sèche, il faut en enlever la peau en la faisant ramollir dans l’eau; elle prend alors le nom de Féve dérobée ; cile est ainsi moins indigeste et bien meilleure, mais les marins et le pauvre peuple la mangent sans celte préparation. C’est un excellent engrais pour les animaux. En temps de disette, on mêle sa farine au pain; elle sert aussi en cataplasmes émollients. Au xvr° siècle, les élégants l’employaient comme cosmétique. Les Anglais la mêlent au miel pour servir d’appât aux poissons. Les Fèves sont pour les Hollandais l’objet d’un grand commerce.

Dans les jardins potagers, on sème les Fèves au printemps, en rayons ou en toufles de trois plantes ; on bine deux fois et l’on rechausse à la seconde; lorsque la fleur est passée, on pince le bout des branches et de la tige. Ces ‘eunes pousses qu'on retranche se mangent en guise d’épinards ; on peut, en recouvrant la plante à rase terre, espérer une seconde récolte si la première s’est faite avant la maturité des Fèves. Conservées sèches et dans leur cosse, elles gardent jusqu’à cinq ans leur faculté germinative. Les variétés le plus ordinairement cultivées pour la table sont : la Fève à longue cosse, la Fève verte de Chine et la grosse Fève.

La FÉVEROLE, F. vulgaris equina, se sème au printemps

our fourrage ou engrais; elle convient surtout aux terres

ortes et argileuses ; on la coupe lorsqu'elle est en fleurs ou

quand les gousses sont déjà formées; seule ou mélangée à quelques Céréales ou à d'autres Légumineuses, c’est l’une des plantes qui épuisent le moinsle sol et préparent les plus belles récoltes de Froment. Enfouie verte, la Féverole est un ex-

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cellent engrais végétal; on la sème à la volée et préférabiement en raies pour faciliter les binages.

‘FÉVIER D’AMÉRIQUE. Gleditschia triacanthos (du nom d’un botaniste allemand et des épines à trois pointes, en grec treis-acantha, qui garnissent je tronc). Ce. bel arbre, qui, dans nos climats, atteint la hauteur de 15 mètres, se couvre de l’élégant feuillage de tous les Mimosas; son tronc droit et uni donne un bois dur, précieux, où les rayons médullaires sont très-sensiblement marqués; les nœuds d’épines longues, rouges et dures qui sortent çà et là de l'écorce attirent l’attention; elles sont si aiguës et si dures, qu’on peut les employer comme des poinçons à broder. Les gousses gigantesques du Févier, larges, longues, comprimées et d'un rouge brun, sont pleines d’une sorte d'amande ou fève, qui lui à donné son nom; ces gousses, légèrement pulpeuses et sucrées, donnent en Amérique un vin agréable par le moyen de la fermentation. Le Févier ne craint point le froid et vient en terre légère, où il se multiplie de rejetons et de graines. Il est dioïque ou polygame; il y en a une variété dépourvue d’épines.

FICAIRE. Ficaria ranunculoides. (Petite Chélidoine, Eclairette, Scrofulaire, Herbe-aux-hémorrhoïdes.) Dès le commencement de mars, la brillante Eclairette attire et réjouit les regards par l’éclat métallique de son étoile d’or ; elle borde les ruisseaux de ses tiges décombantes, couvertes de feuilles qui participent si peu aux qualités âcres et vésicantes de sa amille, qu’on les mange en potage. Ses racines tuberculeuses, en petites figues allongées, l’ont fait nommer Ficaire. Les propriétés qu’on lui attribuait jadis contre les hémorrhoïdes et les scrofules lui sont aujourd’hui contestées.

-FICOIDE. V. MÉSEMBRYANTHÈME.

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