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blable au stipe ligneux des Palmiers. Elle y est droite, cylindrique et élevée ; les bases persistantes des feuilles ou leurs cicatrices la rendent écailleuse ; nue dans toute sa longueur, ellese couronne au sommet de feuilles planes, arrondies, roulées en crosse et en volute. On peut juger en petit de leur “structure interne par la section transversale de la Fougère impériale, Pteris aquilina. Elle a beaucoup de rapports avec les tiges monocotylédones.
Moins imposantes que ces Fougères gigantesques, celles de nos bois et de nos vieux murs réjouissent les yeux par leur vertet gracieux feuillage. Aussi utiles qu’agréables, plusieurs d’entre elles peuvent servir de nourriture aux bœufs et aux chevaux, et toutes d'excellente litière ; souvent les mères, pour fortifier les reins de leurs enfants, leur font des couchettes de feuilles de Fougère. Sous les tropiques, elles sont une nourriture habituelle pour les habitants, et en Norwége on mange aussi les jeunes pousses. Outre ces propriétés générales, plusieurs espèces de Fougères ont d’intéressantes propriétés médicales décrites à leur nom. Toutes font dans les herbiers le plus gracieux effet par leur forme découpée et leur facilité à garder leur couleur verte.
Il existe, pour plusieurs espèces de Fougères, une sorte d’herbier bien plus intéressant que les cartons et les cahiers du botaniste: ce sont les feuilles compactes et serrées des schistes houillers, si communs dans quelques bassins du groupe carbonifère (Saint-Etienne , Anzin , Sainte-Foy-l’Argentière, etc.). Presque touiours à 5 ou 600 mètres de protondeur, quelquefois plus, le mineur arrive à des couches minces, écailleuses, noirâtres, et les caractères qu'il y trouve sont pour Jui un indice certain de la prochaine découverte du charbon; ce sont des empreintes de feuilles de Fougère mèliées de Prèles, de Roseaux, de Lycopodes, etc., mais si bien conservées qu'on peut compter leurs folioles, distinguer leur contour, apprécier leurs fructifications et les déterminer. On sent tout l'intérêt que peut offrir au botaniste et au géologue cet herbier antédiluvien. Le premier y retrouve avec étonnement des plantes tout à fait perdues pour son climat, mais qui se voient encore vertes dans les Indes et en Amérique ; le second bâtit des systèmes, remonte à l’origine des siècles.et se perd dans la nuit des temps; mais tous les deux sont forcés d'admettre des bouleversements prodigieux qui, tassant à la longue les couches de terre et de sable, ont enseveli sous leurs débris d'immenses abattis d'arbres (principe du charbon), réunis dans les bas-fonds par l'action des eaux, mais séparés par elles des Fougères et autres plantes plus menues, qui, nageant
FOU 567 davantage à la surface de l’eau, ont formé les couches supé-
-rieures.
FOURRAGES. On donne ce nom à tous les végétaux dont la feuille, la tige ou la racine servent de nourriture aux bœufs, chevaux, chèvres et moutons. C’est à lagriculteur à apprécier quelles espèces de fourrages sont plus appropriées à ses champs, mais c’est à la Botanique qu'il appartient de lui en faire connaître les noms et les propriétés générales,
Les plantes fourragères sont, avec les Céréales, le plus grand objet de l’industrie des pays agricoles; la Vigne elle-même ne saurait balancer leur intérêt général. On les divise en deux grandes classes, les fourrages naturels et les fourrages artificiels. Les premiers sont propres aux prairies permanentes, et on les fauche pour les faire sécher et consommer à létat de foin et de regain; ils appartiennent presque tous à la
rande famille des Graminées, comme le Fromental, les ‘léoles, Vulpins, Agrostis, Fétuques, Bromes, Avoines, etc. Ils sont vivaces et se perpétuent d'âge en àge sur le même lieu.
Une bonne prairie arrosée, fumée, à mi-côte, est ordinairement le plus riche fonds du domaine qu’on a reçu de ses pères pour le laisser à ses enfants : mais depuis que l’agriculture a acquis par le partage destbiens un développement plus grand et plus actif, ona adjoint aux prairies permanentes les prairies artificielles, dont les Légumineuses forment la base; ce sont les Trèfles, Luzernes, Sainfoins, Vesces, Ers, Fèves, etc., dont la durée, si on en excepte les Luzernes qu’on peut couper pendant vingt ans, n’est guère que de deux ou trois ans et même
d’un an dans certaines espèces. La théorie des assolements,
toute fondée sur l’exsudation des racines, a fait connaitre que celle des Légumineuses était utile aux Céréales, ce qui à fait dire du Trèfle qu'il était le pére nourricier du Froment. Comme plantes fourragères, elles sont d'un immense rapport, se coupent à diverses reprises, augmentent le produit des vaches laitières, et sont pour toutes les terres, par le revirement, un excellent engrais. Les mauvais sols en sont ferti- Hsés, et bien souvent des lieux arides, où nulle autre plante utile ne prospèrerait, deviennent tout à coup, par un peu de culture, une bonne prairie artificielle.
Après les Légumineuses fourragères viennent les fourragesracines, tels que les Pommes de terre, Raves, Carottes, Betteraves, Raïlorts, etc., dont les principes sucrés sont infiniment propres à la nourriture et à l’engrais des bestiaux et à préparer aussi de bonnes récoltés d'Orge, d’Avoine, de Blé trémois, etc.
Enfin viennent les grandes Crucifères, cultivées pour leur
568 FRA tige, les Choux surtout, si nombreux en variétés, le Pastel, les Moutardes, les Chicorées, le Sarrasin vivace. La culture
et les propriétés de chaque espèce de fourrage sont décrites à sa lettre.
FRAGON. Ruscus aculeatus (du latin labruscus, vigne sauvage). (Petit Houx, Houx-frelon, Buis piquant, Brusc.) Ce joli petit arbuste, toujours vert, est unique par la singularité de ses feuilles que quelques botanistes donnent comme rameaux ; elles sont aplaties, analogues à celles du Buis, terminées par une épine aigué ; de leur milieu part une petite fleur blanche ou violette, en étoile ou grelot, à laquelle succède une baie d’un beau rouge, de la grosseur d’une cerise sauvage. Ce petit Houx, commun dans le midi de la France et en Italie, où il a été chanté par Virgile, se plaît à l’ombre et vient trèsbien dans les jardins, où on le place en touffes ou en bordures. On le multiplie d’éclats au printemps; les jeunes pousses se mangent comme les Asperges ; ses baies et ses racines ont leurs propriétés médicales et s’emploient également. On fait en Bretagne avec ses tiges de petits balais nommés gringous pour nettoyer les ustensiles de ménage.
Le F. HYPOGLOSSE ou LAURIER ALEXANDRIN servait en Jtalie à couronner les vainqueurs et les poètes ; il est sans épines et a ses fleurs disposées par petits faisceaux.
FRAISIER COMESTIBLE. Fragaria vesca. La fraise est parmi les fruits ce qu’est la Violette parmi les fleurs ; cachée comme elle sous les feuilles, son parfum la trahit, sa forme gracieuse et son brillant coloris invitent à la cueillir, pour la trouver aussi bonne qu’elle est appétissante et jolie. Elle müûrit en juin, et croit naturellement dans les ravins, sur la lisière des bois, dans les vieilles vignes surtout ; mais il est des expositions qui lui conviennent mieux. On peut citer à ce sujet une commune des montagnes du Lyonnais (Courzieu) où, presque sans culture, elle croît si abondamment dans les vignes el les champs, que sa récolte suffit amplement pour payer l'impôt ioncier.
Ce petit fruit des bois, aussi salutaire qu’agréable, a été iustement surnommé le Solatium herborisantium. 11 est rafraichissant, et convient dans les inflammations de la poitrine et de l'estomac. Linné lui attribuait la guérison de sa goutte. On le conseille dans les fièvres ortiées, contre les engelures en s’en frottant les mains, et comme cosmétique. On en fait des assiettes de dessert, des crèmes, des conserves, des sorbets et des Em à La racine, rameuse et amère, est employée dans les dyssenteries et hémorrhagies. Les feuilles teignent en gris-bleu avec le sulfate de fer et l’alun.