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GENTIANE. Gentiana (de Gentius, roi d’Illyrie, qui le premier en fit usage). Ces belles plantes conviennent surtout aux hautes montagnes, et même la plupart à leurs sommets glacés. C’est là seulement que l’acaulis ouvre en entonnoir ses corolles bleues, deux fois plus longues qu’elle, tandis que la glacialis et la verna, hautes tout au plus de quelques millimètres, forment, à côté des neiges éternelles, des tapis du plus bel azur. En descendant un peu de ces cimes neigeuses, on arrive à la G. JAUNE OU GRANDE GENTIANE, G. lutea, l’un. des plus beaux ornements de ces lieux solitaires; ses tiges inajestueuses de 4 à 2 mètres, ses grandes feuilles glabres et ovales, et les nombreux anneaux de ses fleurs ouvertes en étoile d’or, apparaissent de loin dans les hautes prairies, et font battre le cœur du jeune botaniste, qui les chercherait en vain
“sur les collines qui bordent son horizon.
La racine de R grande Gentiane est aussi utile que sa tige.
et ses fleurs sont belles. Elle est très-grosse, fusi‘orme, rugueuse, brune à l’extérieur, jaune et spongieuse en dedans. Sa saveur très-amère et ses propriétés lui ont valu le nom de Quinquina indigène. De tous les amers indigènes que la médecine possède, cette racine est la plus usitée; elle est francaement tonique ; on. l’administre communément et avec le plus grand succès comme telle dans les dyspepsies, les diarrhées séreuses, les affections scrofuleuses, certains cas de goutte, etc. C’est le meilleur succédané du Quinquina dans les fièvres intermittentes faibles. Elle doit ses vertus au gentianin, principe neutre qu’elle contient plus abondamment que les autres espèces de Gentiane, qui participent toutes plus ou moins à ses propriétés. Ses fragments desséchés et taillés en cône servent à dilater les ouvertures fistuleuses. Dans les Alpes et les Pyrénées, on en retire de l’eau-de-vie par fermentation. Les pâtres des montagnes emploient les larges feuilles de la Gentiane à envelopper les fromages qu'ils portent au marché; il y aurait du danger à leur substituer pour cela celles du Vératre blanc (V. VÉRATRE BLANC), qui leur ressemblent beaucoup et se trouvent dans les mêmes lieux.
La G. CROISETTE, G. cruciata, habitant moins haut que les autres, croît au pied des montagnes calcaires; elle s'élève de 1 à G décimètres et se couronne de fleurs bleues en verticilles ; ses feuilles opposées alternent 2 à 2 et font de sa tige une colonne carrée très-remarqnable.
Il est dommage que, des 70 espèces au moins qui forment ce beau genre, aucune ne puisse bien se faire à la culture et à la température de nos jardins. Leurs vrais jardins, ce
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sont les Pyrénées et les Alpes; ce n’est que là qu'on peut les étudier et saisir toutes leurs nuances de couleurs, de formes et d’aspects.