‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 823 sur 1111 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

fleurs, de très-jolis bouquets à la main qui se conservent trèslongtemps dans des vases. En les séchant à l'ombre, on en fait aussi des bouquets qu’on peut placer dans les appartements, où ils produisent le plus gracieux effet. A Londres, les fleuristes s’en servent avec beaucoup d'avantages pour les ‘bouquets d’hiver et la coiffure des dames. |

1! serait donc à souhaiter que la culture des Graminées devint parmi nous plus intelligente et plus suivie. Déjà elle commence à se répandre, et peut-être un jour viendra où lon se prendra d’une belle passion pour les herbes de nos pr et où l’on offrira des couronnes au plus beau Chien-

ent.

GRASSE-POULE. V. VALÉRIANELLE.

GRASSES (PLANTES). Le tissu cellulaire y afflue en tele abondance, que leurs feuilles épaisses et charnues sont tantôt cylindriques, tantôt triangulaires, et offrent dans la famille des Cactus et des Ficoïdes les formes les plus bizarres.

Les plantes grasses diffèrent essentiellement des autres végétaux par l'absence de stomates ou pores cuticulaires ; aussi ’évaporation de Jeur principe aqueux est très-lente, et leur dessication dans l’herbier si difficile, qu'on n’y parvient qu'à Y’aide d’un fer chaud. On conseille aussi de faire à leur épiderme mille petits trous avec une aiguille bien fine et de plonger dans l’eau bouillante la plante entière, la fleur exceptée. Elles absorbent peu par les racines, l'humidité de Yair leur suffit. Cette organisation particulière les rend propres aux plages brûlantes de l’Afrique, qui seraient, sans elles, privées souvent de végétation et de verdure. Cette parure bizarre s’harmonise bien avec les lieux qu’elle décore.

Nos plus belles plantes grasses viennent des régions équatoriales; leur culture est facile : il ne leur faut que de fa chaleur, peu de terre et presque point d’eau. Toutes réussissent promptement de bouture, qu’on ne plante qu'après l’avoir laissée sécher huit jours, après quoi on la met en un pot dont le fond est garni de gros sable.

GRASSETTE. Pinguicula vulgaris (du latin pinguis, gras). (Langue-d’oie.) C’est dans les prés humides des montagnes, près des saignées qui donnent cours à leurs eaux, que se trouve la Grassette. Ses feuilles en rosace et d’un blanc jaunâtre sont très-remarquables par l'aspect huileux qu’elles présentent et qui lui a fait donner son nom ; elles ont quelques rapports avec celies de la Glaciale. (V. GLAGrALE.) La fleur est un petit cornet bleu, à long éperon, porté sur une hampe de 1 décimètre.

Employée fraiche, la Grassette est émétique et purgative.

GRE 603 Les animaux la repoussent; elle leur est si nuisible, que les Anglais la nomment Tue-brebis. Ses feuilles pourtant sont vulnéraires ; Les pâtres les emploient contre la gerçure des pis de vache; elles servent aux Lapons à cailler le lait de leurs rennes ou à lui donner un meilleur goût ; enfin les Danoises emploient le suc des feuilles pour pommader leurs cheveux.

GRATERON. V. GAILLET.

GRATIOLE OFFICINALE. (Herbe-au-pauvre-homme, petite Digitale, Séné des prés ; on la nomme aussi Gratia Dei, qu’on a traduit par Gratiole.) C’est une plante des lieux marécageux. Ses fleurs sont peu remarquables, mais elle est précieuse par ses propriétés. Elle est amère et très employée dans la médecine des campagnes comme fortement purgative, un peu émétique, hydragogue et vermifuge. Sa décoction se prend en lavements. La médecine vétérinaire aussi s’en sert fréquemment pour purger les chevaux et les bêtes à cornes.

GREFFE ou ENTE. C’est une opération qui a pour but de faire croître un rameau ou un bourgeon d’une plante sur une autre plante.

Au temps où la sève est le plus abondanfe, on voit qu’en enlevant une portion d’écorce, la partie d’aubier mise à nu se couvre de gouttelettes qui se réunissent et forment un tout continu si la plaie est à l’abri de l'air. L’écorce enlevée, ou toute autre présentant les mêmes caractères, étant remise en

contact avec l’aubier, la soudure aura lieu, les ravons mé- ; \

dullaires de la tige s’uniront à ceux de l’écorce étrangère, et laffluence de la sève développera dans celle-ci les bourgeons qui l’accompagnent. Les diverses opérations de la greffe reposent toutes sûr cette explication; mais pour qu’elles réussissent, il faut qu'il y ait : 1° coïncidence dans le développement du rameau qu’on enlève, et qu’on appelle spécialement la greffe, et celui de la plante sur laquelle on le met, et qu’on nomme le sujet ; 2 identité, sinon d'espèce et de genre, du moins de famille, et certains rapports entre les individus. On sent par là quelle idée on doit attacher aux grefles de Rosiers sur Houx pour avoir des roses vertes, de Vignes sur Noyers pour obtenir des grappes de noix, etc. Nous allons expliquer en peu de mots les principales greffes employées.

1° Greffe par approche. Cette manière de grefler, dont la nature sans doute a donné elle-même l’idée, consiste à lier fortement ensemble deux branches d’arbres voisins après les avoir entaillées préalablement jusqu’au quart de leur épaisseur. Les deux entailles doivent être faites de manière à ce qu’elles entrent le plus juste possible l’une dans l’autre. La

plaie est bandée et soigneusement enduite de terre grasse ou de cire à greffer, (V. CIRE A GREFFER.) On supprime la plupart des rameaux au dessus et au dessous de la greffe, dont on incise peu à peu le pied, pour le couper tout à fait quand la soudure sera parfaitement opérée, ce qui aura toujours lieu l’année même. Ce procédé est très-fécond en applications. Aïnsi, on s’en sert pour restituer une-vigueur nouvelle aux arbres en espalier qui ont perdu la leur à cause de leur vieillesse. Pour cet effet, on plante à côté de l'arbre qu’on veut renouveler deux sauvageons de la même espèce; un an après la plantation, on les courbe en croix sur le tronc du premier, un peu au dessus l’un de l’autre ; on lesentaille convenablement, et on les y greffe par approche. L'année suivante, lorsque la soudure est faite, on coupe la tête des deux sauvageons, et le vieil arbre, recevant la sève de ses deux nourrissons vigoureux, se remet à porter des fruits comme dans sa Jeunesse. On peut encore employer la greffe par approche pour former un espalier avec deux arbres. Voici comment M. Luizet, inventeur de cette ingénieuse méthode, en rend compte luimême dans un manuscrit qu’il a bien voulu nous communiques : «En automne 1847, dit-il, l’idée me vint de planter deux Poiriers pour former plus promptement un seul espalier. Voici la manière de procéder pour bien réussir. On doit choisir deux arbres bien égaux et forts, de la poussée d’un an, ou mieux de deux ans; on les plante dans la mème fosse en les espaçant de 40 à 50 centimètres et en ayant soin de tourner en regard les deux coupes des sujets au dessus de la greffe. Après cela, on les incline en croix l’un sur lautre, on les attache à la hauteur de 40 centimètres environ, et on ne les taille presque pas. Un an après la plantation, au printemps, on entaille avec un instrument bien tranchant les deux arbres, exactement à l’endroit où ils se croisent, jusqu’au quart de leur épaisseur, en ayant soin que les deux coupes entrent le plus juste possible l’une dans l’autre. La soudure aura lieu assurément la même année, et les années suivantes la taille sera la même que pour un autre espalier. Cette plantation offre des avantages incontestables, puisque une première année on peut avoir un espalier aussi bien formé qu'avec un seul atbre planté depuis trois ou quatre ans par la manière ordinaire. La plus grande difficulté de la taille en espalier est d'obtenir les branches latérales de dessous le plus fortes possibles ; par ce procédé de plantation, cette difliculté me paraît vaincue. Pour obtenir de beaux arbres, je ne conseille pas des Poiriers greffés sur Coignassier; leurs racines latérales se nuiraient bientôt, et la végétation serait faible. I! convient d'employer des arbres greffés sur franc ; leurs ra-

cines pivotantes se gêneront beaucoup moins. Ces genres d’espaliers doivent être placés à 6 mètres au moins l’un de l’autre. Les variétés de Poiriers nommées Duchesse d’Angoulême, Colmar d’Aremberg, Bergamotte de la Pentecôte, Beurré gris d'hiver, me paraissent excellentes pour ce genre de plantation. »

2% Greffe herbacée. C’est une espèce de greffe par approche: seulement, au lieu d'opérer sur des branches ligneuses âgées au moins d’un an, tantôt on la pratique sur des plantes herbacées (V. ASTÈRE DE LA CHINE), tantôt, si ce sont des végétaux ligneux, la greffe et quelquefois même le sujet sont des bourgeons encore tendres. Il faut donc pratiquer cette opération depuis le milieu de juin jusqu’au commencement d'août. Le mode d’opérer consiste à faire sur le sujet une incision longue de 4 centimètres et terminée à chaque extrémité par une autre incision transversale. La greffe taillée en biseau de la même longueur est insérée entre les écorces et tixée au moyen d’une ligature. L'année suivante, au printemps, la soudure est complète, et l’on opère le sevrage en coupant la greffe au dessous du point d'attache. Cette greffe est aujourd’hui très-fréquemment employée. On s’en sert avantageusement pour remplacer les vides parmi les rameaux à fruit qui garnissent les branches principales du Pêcher ou des autres arbres à noyaux. Il suffit pour cela de courber un des rameaux voisins et de le souder par la greffe herbacée aux places où il manque des rameaux à fruit.

3° Greffe en fente. C'est la plus en usage pour les arbres fruitiers. Elle consiste à couper horizontalement le sujet par le pied, ou de même sorte les branches que l’on veut grefler. Sur ce petit plateau, on fait par le milieu une fente de 3 à 4 centimètres avec une serpette et un marteau; on prend la greffe ou scion (rameau de l’année précédente), garnie de trois ou quatre yeux ; on la taille en biseau par le gros bout sur ses deux faces, et on l’insère dans la fente, de telle sorte que les écorces soient parfaitement en rapport et au mêine niveau. On peut mettre deux scions et même quatre si l’on a fait deux fentes en croix. Cela fait, on enlève, sans déranger les scions, le coin de bois qui tenait les fentes ouvertes, on serre avec un lien, et l’on garnit de cire à greffer pour maintenir la greffe et cicatriser la plaie. Il importe au succès de cette greffe que le sujet soit bien en sève et que les scions n'aient point encore poussé. Pour cela, il faut les couper d'avance et les tenir frais en les enterrant au nord. La grelïe en fente se pratique ordinairement au premier printemps ; cependant on peut avec succès l’employer au mois de septembre, alors qu'il n’y a plus assez de sève pour faire pousser la greit:

avant l'hiver, mais qu’il en reste suffisamment pour la souder au sujet. |

4 Greffe en couronne. Elle se pratique sur les sujets trop gros pour être fendus. Elle consiste à amputer horizontale ment pour insérer entre l’aubier et l'écorce qu’on écarte avec un petit coin de bois très-dur, sans la fendiller s’il se peut, des scions taillés en biseau d’un côté sur une longueur de 4 à 5 centimètres. On serre, et on garnit de cire à greffer.

9° Greffe en flute ou en sifftet. On s’en sert ordinairement pour les Noyers et les Châtaigniers. Pour opérer, on ampute une branche sous un œil à un endroit bien lisse; on fend écorce, sans blesser le boiïs,en deux ou trois lanières de 6 centimètres de long ; on enlève sur la greffe, qui doit être de la grosseur du sujet, un anneau d’écorce de 6 centimètres, garni de ses bourgeons. Cet anneau s’enfile sur laubier du sujet, et l’on relève les lanières sans couvrir les yeux. Si le sujet était plus gros que la flûte, on la fend, et on recouvre avec une des lanières tombantes qu’on avait détachée; sil était moins gros,.on enlève une lanière au sifflet, on rejoint les bords, et l’on garnit bien toutes les fentes de cire à greffer. |

6° Greffe en écusson. Elle se fait à deux époques de Fannée, en mai et juin, en avrilet septembre. A la première époque, elle est dite à œil poussant, et à la seconde, à œil dormant. Voici comment elle se pratique. Il faut :

1° Détacher du rameau que l’on veut greffer un bourgeon bien formé ; on supprime la feuille en laissant la partie du pétiole qui adhère à l'œil, qu’on enlève avec son écorce, carrément en dessus, en pointe en dessous, dans la forme d’un écusson ou d’un triangle. On doit laisser à l’écusson le moins de bois possible.

29 Faire sur le sujet, au point où l’écusson doit être placé, une incision pénétrant jusqu’au bois et offrant la forme dunT,et écarter vers le haut avec la spatule du greffoir les deux lèvres de écorce.

3° Glisser l’écusson entre l’écorce et le bois dans l’incision qu'on a faite sur le sujet, en ayant soin de le glisser jusqu’au fond et de le faire coïncider exactement. Cela fait, on rapproche et on lie les deux lèvres de l'écorce au moyen d'une ligature, de manière que le bourgeon soit bien fixé, mais non recouvert. Quand l'opération est faite avec promptitude et avec une sève abondante, la soudure est infaillible. Il est des personnes qui coupent la tige ou les branches au moment même où elles les greffent; ce procédé est nuisible à la reprise en ce qu'il arrête subitement la sève. Il faut les tailler ou quelques jours avant ou quelques jours après, quand on voit que la

grelfe est soudée et qu’elle commence à pousser. Dans ce dernier cas, on ne doit même pas les couper entièrement et d’un seul coup ; on commence par pincer leur extrémité, puis on les coupe à moitié, et enfin on les retranche. Quand on a greffé à œil dormant, c’est-à-dire à l’automne, il ne faut couper les branches ou la tige qu'au printemps suivant. On doit desserrer les écussons lorsque les ligatures commencent à déterminer des étranglements. Les bourgeons qui se développent en même temps que celui de l’écusson doivent être supprimés avec soin. Quand celui-ci commence à s’allonger, il est bon de lui donner un petit tuteur pour le garantir de Ja. violence des vents.

T° Greffe des bourgeons à fruit, ou greffe Luizet. C’est une espèce de greffe en écusson, décrite par André Thouin dans sa Monographie des greffes, mais imaginée de nouveau en 1846 par M. Luizet, arboriculteur à Ecully. Elle consiste à choisir vers la fin de l’été des bourgeons à fruit (1) sur des branches qui en ont une trop grande quantité ; à les détacher des rameaux comme pour les écussons ordinaires, sans toutefois se préoccuper de la présence du bois enlevé avec l’écusson; à placer ces écussons dans une incision pratiquée comme nous l’avons indiqué dans la greffe précédente, puis à ligaturer.

Voici comment M. Luizet raconte l’origine de sa découverte dans une note manuscrite qu’il a eu l’obligeance de nous communiquer :

« Au printemps1846, j'essayai de greffer en fente, à 16 centimètres de terre, sur de jeunes Poiriers de deux ans, huit boutons à fruit que je trouvai sur de jeunes arbres que Je venais de recevoir. Je pris toutes les précautions possibles, mon but étant de juger plus vite du mérite de ces poires. La floraison de mes greffes fut presque nulle, et je n’eus point de fruit ni sur les unes ni sur les-autres.

« Au mois d’août suivant, je greffai en écusson, et par les moyens ordinaires, douze boutons à fruit de poires Bon-Chrétien. William et Duchesse d'Angoulême, et je cachai mes greffes du soleil avec des feuilles attachées autour, qui restèrent environ un mois. Au printemps 1847, mes douze grefles étaient toutes très-jolies, mais il y en avait trois qui n'étaient pas des boutons à fruit, et je m’aperçus bientôt que deux autres ne tiendraient pas leurs fruits. Mais les sept qui demeurèrent me produisirent neuf superbes poires, dont six Bon- Chrétien William et trois Duchesse d'Angoulême. C'est alors

1) Voyez tome Ier, page 41, n° 96,

que je fis part de ma découverte à tous les horticulteurs et amateurs qui venaient me voir, puis à la Société d’horticulture, ce qui souleva les soupçons de plusieurs membres qui ne crurent pas la chose vraie. Mais une commission fut nommée par la Société, et elle éclaircit tous les doutes par son compterendu à cet effet. »

La greffe Luïzet, qui commence à se répandre, est destinée à opérer une véritable révolution en arboriculture. Par son moyen, les arbres ne se reposent jamais, attendu qu’une main industrieuse vient leur placer des fruits quand ils n’en produisent pas naturellement ou qu’ils n’en produisent pas assez. Il y a même mieux : c’est que lopération, se faisant ordinairement sur les branches gourmandes où la sève est exubérante, force celle-ci à se porter sur les autres branches et à les mettre à fruit. La greffe ne s’exécutant que sur des arbres vigoureux et sur leurs parties les plus séveuses, il ne.faut pas trop se presser. Le commencement de septembre, pour les terrains frais, est préférable au 15 août, et du reste, avant cette époque, il est difficile de distinguer sûrement les bourgeons à fruit de certaines variétés. Le principe, c’est qu’il faut greffer quand il y a encore assez de sève pour souder les écussons, mais pas suffisamment pour qu’ils puissent fleurir avant l’hiver, car alors on aurait fait un travail perdu. Les boutons à fruit pris au sommet des rameaux réussissent mieux que les autres. Cette greffe n’est applicable qu'aux Poiriers ; jusqu’à présent elle n’a point donné de résultat satisfaisant sur les Pommiers. i

8° Greffe par application. On peut greffer non seulement en introduisant la greffe sous l'écorce ou dans une fente commune à l’écorce et au bois du sujet, mais encore en l’appliquant simplement sur l'intérieur de l’écorce. et le bois mis à nu. Cette dernière méthode se nomme greffe par application.

On emploie, comme pour la grefïe en fente, une portion de rameau portant deux ou trois yeux à bois; mais la manière de tailler la greffe et le sujet varie suivant les circonstances.

Deux cas peuvent se présenter : tantôt la greffe est de la même grosseur que le sujet, tantôt c’est celui-ci qui est le plus gros.

Dans le premier cas, l'opération est très-facile : on les taille tous les deux en biseau allongé, bien plan et de même lengueur ; on les ajuste exactement, et on les attache solidement ensemble. C’est la greffe à l’angluise des jardiniers.

Dans le second cas, c’est-à-dire si le suiet est plus gros que: la greffe, ce qui arrive le plus ordinairement, voici comment on procède. Si le sujet n’est pas beaucoup plus gros que la

greffe, on le coupe d’abord carrément, puis on lui enlève obliquement assez d’écorce et de bois pour former une place de même dimension que le biseau de la greile. Si le sujet est beaucoup plus gros, on le coupe aussi horizontalement, puis on enlève d’un côté jusqu’à l’aubier une lame d’écorce telle, que le biseau étant appliqué sur la piaie, le bois de la greffe porte sur l’aubier, son écorce sur les couches intérieures de l'écorce, et qu’il n’y ait point de vide entre eux. Pour obtenir ce résultat et donner à la greffe une direction bien verticale. on l’entaille d’abord perpendiculairement, et l’on fait partir le biseau du fond de l’entaille, de telle sorte qu’à son sommet se trouve un cran à angle droit qui repose à plat sur la coupe du sujet. L'essentiel est de faire coïncider le plus exactement possible la gree et le sujet, et d'éviter de former une courbe disgracieuse à leur point de jonction. Dans tous les cas, une fois que la greffe est attachée, il faut recouvrir exactement les plaies avec une couche de cire à greffer. Celle de Christ est la meilleure. (V. CIRE A GREFFER.)

Ce qui fait le mérite de cette grefle, c’est que non seulement elle est d’une exécution très-facile, mais encore qu’elle convient au bois de tout âge et peut se pratiquer en toute saison.

Terminons ces détails, que quelques mois de pratique apprendront inieux que tous les préceptes, par la description yracieuse que l’auteur des Géorgiques françaises nous a laissée sur les merveilles de la grelle :

Soit donc que d'un rameau la blessure profonde Reçoive un plant choisi dans sa fente féconde , Soit que le sauvageon que l’art veut corriger Dans ses bourgeons admette un bourgeon étranger. Ce dédale savant de vaisseaux innombrables N'’admet ou ne retient que des sucs favorables. L'arbre adopté s'élève, il se couvre de fruits Que le tronc paternel n'aurait jamais produits,

* Etl’arbre hospitalier où la greffe prospère De ces enfants nouveaux s'étonne d'è.re père.

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