‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 824 sur 1111 · GRELOT. V. MUGUET DE MA, NIVÉOLE · texte numérisé non relu

GRELOT. V. MUGUET DE MA, NIVÉOLE

GREMIL. Lithospermum officinale. (Herbe-aux-perles, Bléd'amour, Millet perlé.) Les semences du Grémil sont assez remarquables pour lui avoir mérité tous ces noms. Ce sont de petites perles luisantes et nacrées, extrêmement dures; elles font son plus bel ornement. Cette plante, très-commune dans les terrains calcaires, forme d’assez hautes touffes sur le boril des chemins. L’infusion de ses graines passe pour diurétique et apéritive; quelquefois on prend en guise de Thé ses sommités fleuries. Dans le Nord, on se sert de sa racine pour & farder et colorer le beurre.

Le G. POURPRE-BLEU, L. cæruleo-purpureum, joint à l’éclat perlé de ses graines celui de ses fleurs d’un beau bleu passant au rouge. Il est remarquable par la différence de ses rameaux fleuris, toujours dressés, d’avec ses tiges stériles, couchées ou rampantes.

Le G. Des cHAMPs, L. arvense, très-commun au printemps dans toutes les terres à blé, n’a que des semences noires et rugueuses; mais sa racine, rouge en dehors, sert dans le Nord aux mêmes usages que celle du Gremil officinal.

Le G. DES TEINTURIERS, L. ténctorum, le plus important de tous, croît abondamment dans la France méridionale ; il renferme dans sa racine la véritable orcanette, qui donne une cou leur rouge assez solide; on l’emploie pour colorer des préparations médicinales, des liqueurs, des sucreries; elle sert aussi à la peinture.

GRENADIER. Punica granatum. (Balaustier.) On le croit originaire d'Afrique ; il en fut apporté par les Romains au temps des guerres puniques, d’où lui est venu son nom. Cet arbuste élégant, condamné à l’orangerie dans nos climats, fait l’ornement des buissons du Midi par ses grandes fleurs de carail, qui contrastent admirablement avec son vert et léger feuillage. Le fruit, qu'on nomme grenade ou migraine, est revêtu d’une écorce coriace, connue en médecine sous le nom de malecorium (cuir de pomme); il enferme une multitude de petits grains rouges, succulents, agréablement acidulés, qu’on suce avec délices dans les grandes chaleurs. Les cloisons qui les séparent n’ont rien de bon ; mais l'écorce, où le tannin abonde, est employée, ainsi que les fleurs, comme astringente dans tous les maux produits par Paffaiblissement des organes, flux chroniques, hémorrhagies passives des poumons et des intestins, diarrhées atoniques, ramollissement des gencives, etc. La racine du Grenadier est un spécifique contre le tænia (ver solitaire); mais ce remède pris à trop forte dose provoque quelques uns des effets du poison, tels que vomissements, assoupissement, vertiges. On se sert de l'écorce et du fruit pour tanner le maroquin. Avec du sulfate de fer on en obtient de l’encre noire; on en obtient de la rouge avec de Falun.

La fleur et le fruit du Grenadier sont célèbres dans la mythologie païenne et dans l’histoire. Ce fut pour avoir sucé quelques grains d’une grenade que Cérès ne put ramener des enfers sa fille Proserpine, et de là les grenades que l’on voyait sur les médailles de cette reine des morts. La fleur passait chez les anciens pour le symbole d’une amitié parfaite, l’union des graines, si bien disposées en petits compartiments,

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pour celui d’une société ou d’un peuple policé. Plus tard on a nommé grenade une espèce de pot à feu qu’on lançait sur les ennemis, et grenadiers les soldats chargés de cet emploi ; c'était l'élite des armées, comme nos grenadiers d’aujourd'hui, Les grenades qui servent d'ornement aux troupes d’artillerie tirent probablement leur origine de ces anciens pots à feu.

. Les grenades ne doivent être cueillies que bien mûres. Elles se conservent assez longtemps et peuvent très-bien voyager. On les mange crues, on les confit au sucre, et on les dit très-bonnes pour précipiter là bile, mais surtout pour rafraichir ; pour ce dernier usage, on en prépare une limonade. |

Abandonné à lui-même, le Grenadier n’offre qu'un buisson touffu, de médiocre grandeur, très-propre à former des haies d'agrément et même de défense par les épines qui terminent souvent les rameaux ; mais, cullivé avec soin, il s'élève de 6 à 10 mètres. Dans le Nord, on le cultive comme les Orangers ; pour le déterminer à fleurir, il suffit de pincer les sommités des nouvelles pousses.

GRENADILLE BLEUE. Passiflora cærulea. (Fleur-de-la-Passion, Passiflore bleue.) Ce nom de Grenadille, ou petite grenade, vient de son fruit très-semblable à celle-ci ; il est, dans quelques espèces, rempli de grains mangeables et même délicats par leur pulpe rafraîchissante. La coque est si dure, qu’on en l'ait des bonbonnières. Ce genre d’environ 100 espèces, toutes de l'Amérique méridionale, demande en général, en France, la serre ou l'orangerie ; quelques unes cependant peuvent passer l'hiver dehors. Leurs rameaux sarmenteux et grimpants gar- nissent très-bien les cabinets de verdure.

La Grenadille bleue a une fleur aussi singulière que belle. On croit y remarquer, en y regardant d’un peu près, les principaux instruments de la Passion : 3 styles en forme de clous terminent l'ovaire ; celui-ci est soutenu par une petite colonne d'où se détachent 5 longues étamines ; leur filet fait la lance et leur anthère l'éponge ; au dessous est une large couronne formée de rayons du plus bel azur. Le tout repose dans une large corolle de 6 à 9 centimètres, blanchâtre ou jaunâtre. soutenue par un calice presque aussi grand. Ces belles fleurs ne durent qu'un jour, mais elles se succèdent de juiilet en septembre.

La culture de cette espèce, l’une des plus belles et des plus ‘ustiques, demande quelques soins. On doit la semer de bonne

ieure sur couche, l’acclimater peu à peu à un air plus froid. la placer contre un mur bien abrité, et lui donner à grimper.

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