GRO
juin de plus de fruits que de feuilles; ils se présentent en grappes d’un rouge vif ou d’un blanc perlé avec une grâce et un éclat qui invitent à les cueillir. C’est un fruit très-estimé pour son goût fortement acide et ses propriétés rafraichissantes ; on le mange cru ; on en fait un sirop très-usité en médecine, des gelées excellentes, des glaces, des sorbets, du petit vin et même de l’eau-de-vie. L’acide pectique s’extrit du fruit de ce groseillier. Les feuilles teignent en jaune et le bois en noir.
Il existe plusieurs variétés de Groseillier à grappes ; le Gondouin et la Groseille-cerise ont des fruits remarquables par leur grosseur, mais d’une chair moins fine et moins délicate que l’ordinaire. Toutes se multiplient de graines et d’éclats. On peut, en empaillant les arbres un peu avant la maturité, jouir de leurs fruits jusqu’en septembre ; les feuilles tombent, mais la grappe, loin de se dessécher, perd de son acide, se ride et s'améliore. .
Le G. noir, R. nigrum (Cassis, Poivrier), est plus grand ct plus fort que le rouge ; ses fruits en grappes, à gros grains noirs peu nombreux, sont d’abord repoussants par leur mauvaise odeur et leur goût auquel on s’accoutume ; on finit même par en manger avec plaisir. On cultive généralement le Cassis pour en faire dans les ménages une liqueur ou retafia stomachique assez estimé. Voici comment on le prépare. Prenez Cassis bien mûrs 560 grammes, concassez-les, et faites-les infuser pendant un mois dans 2 litres de bonne eau-de-vie. Au bout de ce temps, exprimez le jus en pressant à travers un linge; faites un sirop (V. Srror), de telle sorte qu'il y ait 500 grammes de sucre par litre d’eau-de-vie; mélangez le tout, et bouchez soigneusement les bouteilles. La liqueur sera excellente ; si on voulait lavoir meilleure, on pourrait, dans la fabrication de son sirop, employer du bon vin vieux au lieu d'eau. Les feuilles en infusion sont apéritives et diurétiques; elles donnent une teinture jaune dont on se sert pour colorer l’eau-de-vie. Le suc du fruit teint en bleu par les alcalis,set en pourpre-violet par le sel d’étain.
Le G. Des ALPes, R. alpinum, commun dans les bois de montagnes, a de petites grappes peu estimées. On le reconnaît à ses feuilles luisantes en dessous.
Les Groseilliers étrangers se cultivent plutôt pour la singularité de leurs feuilles que pour la bonté de leurs fruits. Les plus remarquables sont le G. ROUGE, R. sanguineum, et le G. DORÉ, R. aureum. Rien n'est beau dans un parterre comme le Groseillier rouge au premier printemps. Ses fleurs écarlates s’épanouissent en même temps que les Couronnes impériales, un peu avant les Jacinthes, et éblouissent le re-
EL