‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 829 sur 1111 · GUEULE-DE-LION. V. MUFLIER · texte numérisé non relu

GUEULE-DE-LION. V. MUFLIER

GUI BLANC. Viscum album. (Pomme hémorrhoïdale, Verquet.) Plante parasite, qui s’attache aux arbres et y pousse en forme de boule bizarre, diffuse, et très-singulière (1). Quel que soit l’arbre qui la porte, sa forme, sa couleur, ses propriétés sont les mêmes ; cependant ce n’est qu’au Gui du Chêne que les Gaulois et leurs druides rendaient les honneurs solennels et attribuaient un pouvoir merveilleux, comme d'assurer la fécondité des troupeaux, de neutraliser les plus dangereux poisons, etc.

C'était au mois de décembre, mois sacré chez nos pères,

qu'ils allaient en grande pompe cueillir l’arbuste mystérieux ;

le chef des druides l’abattait avec sa faucille d’or, et, au premier jour de l’an, le distribuait au peuple en criant : Au gui l'an neuf ! Aujourd’hui encore, dans le peuple, on attache au

Gui du Chêne, sans doute à cause de sa rareté, une sorte de

vénération qui empêche de l’abattre. Il est probable que Virgile fait allusion au Gui du Chêne quand il parle du rameau d'or qu'Enée devait couper avant sa descente aux enfers.

La décoction du Gui donne une belle couleur jaune à la laine alunée ; ses baies sont âcres, amères, et purgent violemment en donnant des douleurs d’entrailles. Leur suc est si poisseux que leur nom Viscum a servi de dénomination à toutes les substances gluantes ou visqueuses. Anciennement on en retirait la glu pour la chasse à la pipée, mais on préfère aujourd’hui celle qu'on prépare avec l'écorce ; pour cela on la

(1) Voyez tomes Ier, page 103, n° 235,

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