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elles y déposent ce beau bleu si connu dans le commerce sous le nom d’indigo, ou de bleu d'Inde, qui fournit à la teinture l’une de ses plus belles couleurs. On en fait une laque bleue ; on en obtient aussi avec l'acide sulfurique le bleu de composition ou bleu de Saxe, dont les blanchisseuses font usage pour donner au linge blanc une teinte un peu bleuâtre. Les bagasses d'indigo, ou résidu des plantes qui ont donné leur couleur, font un bon engrais.
Des Indes l’Indigotier, qui leur doit son nom, a passé avec avantage dans nos colonies d'Amérique ; la chaleur qu’il demande ne nous permet pas de cultiver en Europe cette plante si précieuse pour les arts. La Botanique a offert à notre agriculture plusieurs plantes qui peuvent aussi donner du bleu, comme le Pastel, le Tournesol, la Renouée des teinturiers (V. ces mots), mais il n’en est aucune qui puisse le disputer à la solidité et à l'éclat de l’indigo.
INSECTES. Petits animaux articulés dont la plupart vivent sur les plantes et s’en nourrissent; les uns, comme le papil- Jon, se contentent d’en sucer le miel; d’autres, comme l'abeille et le bourdon, leur dérobent en outre le pollen, ou fine poussière des étamines, pour en former les alvéoles de cire où se déposera leur cher trésor. Quelques uns à état de larve, comme les chenilles, attaquent les plantes, rongent les feuilles et causent parfois de tels ravages, qu’on a cherché dans tous les temps les moyens de les en préserver. Nous avons indiqué dans notre premier volume quels sont les insectes les plus nuisibles aux plantes et les moyens de les en délivrer. |
Les insectes, qui donnent tant de vie et de mouvement à Ja nature, et qui, par leur nombre infini, confondent l'esprit d'observation et font plus encore que le reste éclater les richesses de la création, les insectes, disons-nous, ne sont certainement pas toujours pour les plantes de vains et dangereux parasites. Écoutons le poète :
Chaque plante a le sien ; au fond de leurs calices Le ciel d’un doux nectar déposa les délices; L’insecte, s'y plongeant avec avidité,
Sort chargé des trésors de la fécondité,
Ce léger papillon à nos yeux si futile, ” Qui sait si de son vol l'erreur n'est pas utile’. Peut-être, en son essor vif et capricieux,
H hâte en se jouant le grand œuvre des cieux ; Peut-être, quand il semble inutile et volage, Nos fruits sont ses présents et nos fleurs son ouvrage, Tant Dieu dispose tout ! tant par d'utiles nœuds Les règnes différents correspondent entre eux!
On sait en effet que bien souvent les insectes, emportant d’une fleur à l'autre le pollen qu’ils leur enlèvent, font pro-
duire à leurs graines les plus heureuses variétés. À larticle FiGuter (caprification), on peut voir en peu de mots le rôle
important d’une espèce particulière d'insectes.
INULE. Genre de Corymbifères radiées comptant près de 49 espèces, dont la plupart, à beiles fleurs jaunes, méritent d’être cultivées.
La plus célèbre est l'E. AULNÉE, Inula campana, X. Helenium, que les poètes ont fait naître au pied de l'arbre où la belle Hélène fut attachée pour avoir causé la mort de tant de héros. Ils lui attribuaient la vertu d'inspirer la gaîté à ceux qui en mettaient dans leur vin. C’est une trèsbelle plante. Elle a de 4 à 2 mètres de haut, et se garnit de feuilles et de fleurs proportionnées à sa taille; ces dernières l'ont fait nommer OEil-de-cheval. Sa grosse racine, charnue et allongée, est aromatique et amère. On la nomme Panacéede-Chiron, à cause de ses propriétés toniques et même excitantes. Le principe amer qu'on en retire est l’inuline. On la donne dans les catarrhes muqueux, les engorgements pulmonaires, Comme incisive et désobstruante; Ja médecine humaine et la médecine vétérinaire l’emploient aussi fréquemment comme détersive des ulcères. Les racines de trois ans sont les meilleures. Elle est commune aux environs de Paris; on la cultive dans tous les jardins pharmaceutiques. Elle aime l'humidité.
L’T. DYSSENTÉRIQUE où CONYSE DES PRÉS était employée contre la dyssenterie. On y attachait autrefois des idées su-
perstitieuses, telles que de préserver de la foudre, des acci-
dents, des maléfices, etc.
L'ILE puricatRE (Herbe-aux-puces, Astère-aux-pucerons)
éloigne, dit-on, les insectes par sa mauvaise odeur; ses fleurs
sont très-petites ; ce sont les moins belles du genre. Ces trois espèces croissent dans les lieux humides. Celles qu’on rencontre sur les coteaux du Midi n’ont de remarquables que leurs beaux fleurons jaunes entourant un disque noir. Quelques unes de celles-ci sont passées dans les jardins et en font l’ornement une partie de l'été.
IODE. Corps simple, ainsi nommé du grec ion, violette, pour la couleur de sa vapeur. IL a été découvert depuis une cinquantaine d'années par M. Courtois dans la soude obtenue par la combustion des Varechs et autres Algues marines. C’est un des riches présents que la médecine doit à la Botanique et à la chimie; elle en fait le plus grand usage, combiné ordinairement à d’autres substances (la potasse surtout), comme stimulant et résolutif dans les affections lymphatiques, le goitre, les scrofules, les maladies chroniques de la peau, etc., etc.