IBI
IPÉCACUANHA. Cest le nom qu'ou donne àla racine du Cephalis ipecacuanha, petit arbrisseau du Brésil appartenant à l’importante famille des Rubiacées; elle offre une suite d’anneaux irréguliers, articulés, rugueux ; son odeur est peu sensible quand elle est sèche ; sa saveur est âcre et amère.
C’est un des émétiques les plus fréquemment employés ; on le donne surtout aux enfants. Il est aussi purgatif, mais en moindre degré; on l’a vanté comme un astringent infaillible dans le cas de flux intestinaux. Son application la plus usitée peut-être est comme incisif dans les embarras bronchiques et la pléthore muqueuse du poumon. L'importance de l'Ipécacuanha l’a fait nommer comme par excellence Racine du Brésil.
IPÉCACUANHA INDIGÈNE. V. BRYONE.
IPOMÉE ou QUAMOCLIT ÉCARLATE. Ipomæa coccinea. (Jasmin rouge de l'Inde.) Charmante Convolvulacée, originaire de la Caroline, très-semblable dans son port au Volubilis des jardiniers, mais s’en distinguant par une petite corolle en entonnoir d’un écarlate très-vif. Ses tiges grimpantes s’élancent très-haut et garnissent parfaitement les supports en pont suspendu qu’on leur présente.
L’I. QUAMOCLIT ou FLEUR-DE-CARDINAL ressemble à la précédente pour la fleur, mais ses feuilles sont pennatifides; elle vient des Indes. Ces deux belles plantes, en fleurs tout l’automne, se contentent de la pleine terre; mais pour en jouir de bonne heure, il faut semer sur couche. Toutes deux sont annuelles et très-sensibles au froid.
IRIS. Iris. La belle Iris, messagère de Junon, figurée par l'arc aux sept couleurs, était peinte revètue d’une robe richement nuancée de mille teintes, ce qui lui a fait dédier l’élégante famille qui porte son nom. Le genre Iris compte plus de 60 espèces, qui font au printemps l’ornement de nos jar- ‘ins. Elles sont toutes plus ou moins singulières par leurs feuilles ordinairement en glaive, et s’emboîtant par la tranche, et surtout par le développement excessif de leurs stigmates, qu'on prendrait pour trois pétales.
L'T. D'ALLEMAGNE, L. Germanica (Flambe, Flamme, Glaïeul bleu), est le plus grand; ses belles fleurs bleues, vielettes ou lilas se succèdent. On en obtient, en pilant ses pétales avec de la chaux, le vert d’Iris dont se servent les peintres. ses souches radicales ou racines forment de grosses toutes horizontales qui viennent partout, jusque sur les vieux murs ; elles sont purgatives, et même vénéneuses prises à forte dose. Les parfumeurs s’en servent pour leur odeur de violette; on les emploie aussi à savonner le linge.
IVR 645
L’[. DE FLORENCE, I. Florentina, à fleur blanche, est celui dont on emploie la racine à faire les boules d’Iris pour exutoire et une poudre fine pour nettoyer les dents. Il est purgatif et employé par les parfumeurs et les confiseurs pour aromatiser ce qu'ils préparent. Il sert à falsifier les vins blancs de Saint-Péray et de Seyssel, qui en ont nature!lement le parfum.
L’I. Nain, L. pumila (petite Flambe), est cultivé dans les jardins; sa petite tige, l'éclat et la variété de ses couleurs, sa précocité, sa forme, semblable au grand Iris, le rendent très-propre aux bordures, où il est du plus joli effet.
L’I. DES MARAIS, [. pseudo-acorus (Flambe d’eau, Glaïeul jaune, faux Acore), diffère des précédents en ce qu’il est indigène, et que ses grands pétales jaunes ne sont ni ciliés ni barbus. Il croît sur le bord des eaux, dans les fossés et les étangs. Sa racine est vénéneuse, ou au moins fortement émétique. Elle teint en noir ; on en fait de l’encre avec les sels de fer. La graine torréfiée peut servir de café. Ses fleurs telgnent en jaune.
L’L FÉTIDE (Gigot, Spatule, Glaïeul puant) a une odeur de viande rôtie quand on froisse ses feuilles. Il croit dans les taillis; sa fleur, petite et roussâtre, n’a rien de remarquable ; on ne le cultive que pour ses jolies graines d’un rouge de corail. Sa racine est purgative et anti-hystérique.
L’L. BULBEUX, L. æiphioides (fris ou Lis d’Espagne et d’Angleterre), est cultivé comme plante bulbeuse. Il est trèsrépandu dans les jardins et offre de nombreuses variétés toutes recherchées. On en en fait des bordures et des planches extrêmement Jolies par la diversité des couleurs. Son suc vert, joint à l’alun, sert en peinture. Les oignons, très-semblables à ceux du Safran, doivent être relevés dès que la tige est fanée et replantés de bonne heure. Les fleurs teignent la laine et la soie alunées en vert solide; leur suc, mêlé à un peu d’alun, est très-estimé en peinture.
ISATIS. V. PASTEL.
IVRAIE. Lolium (du grec dolios, trompeur, pour l’enivrement qu’il produit). Ce genre se’distingue entre les Graminées par ses épillets échelonnés. Quatre espèces seulement sont intéressantes :
4° L’I. ENIVRANTE, L. éemulentum. (Herbe d’ivrogne). C’est linfelix lolium de Virgile, la zizanie funeste dont parle l'Evangile, et qui doit être séparée du bon grain. Annuelle comme les Céréales, elle se sème, grandit et mürit en mème temps ; comme elle leur ressemble beaucoup, ce n'est bien qu’à la maturité qu’on l'en peut séparer et la lier en bottes