TOME III
650 JÉR en têtes bleues, balancées sur de longs pédoneules. On l'indiquait jadis comme astringente et vulnéraire.
JASMIN. Jasminum (du grec iasimos, propre à guérir et récréer). Genre d’arbrisseaux la plupart étrangers et à fleurs odoriférantes. Parmi plus de 50 espèces connues, on cultive surtout en France le J. OFFICINAL, BLANC Où COMMUN, originaire des côtes du Malabar. Quoiqu'il réussisse très-bien dans nos climats, avec la précaution de l’abriter contre un mur et de le planter en terre légère et chaude exposition, il est encore plus sûr de mettre un peu de litière sur le pied. Ce charmant arbrisseau, qu’on élève en palissade, en colonne et en haie, offre un feuillage élégamment découpé, que relèvent les bouquets de fleurs blanches en corymbe qui terminent ses rameaux ; il fleurit d'autant plus qu’on l’arrose plus souvent et qu’on le taille davantage. Sa délicieuse odeur se communique aux liquides, aux poudres, à l'esprit de vin. C’est des fleurs qu’on extrait l’essence de Jasmin dont se servent les parfumeurs et les liquoristes. On l’a vantée comme anti-spasmodique. Les fleurs de ce Jasmin, quoique toujours simples, ne donnent point de graines dans nos climats; on le multiplie par éclats, marcottes et boutures.
Une seconde espèce, voisine de celle-ci, mais à fleurs plus grandes, plus parfumées et extérieurement lavées de rose, est le J. p’EsPAGNE, beaucoup plus délicat; on ne le conserve qu’en orangerie. C’est principalement de ses fleurs qu'on extrait l'essence de Jasmin, en les mettant sur des couches'de coton imbibé d'huile de ben. (V. Sryrax.) On le greffe sur le Jasmin blanc.
La seule espèce indigène est le J. JAUNE OU A FEUILLES DE CYTISE, J. fruticans. À croît sur les coteaux du Midi; son feuillage toujours vert et ses fleurs en panicule serrée sont assez jolies pour l'avoir fait introduire dans les jardins. Il est sans odeur, mais supporte aisément le froid de nos hivers et réussit en tout terrain; on en fait des haies d'agrément.