DE-SAINT-JACQUES. V. AMARYLLIS À FLEURS EN CROIX
LISERON. Convolvulus. (Liset.) Le liseré rose et blanc du Liseron des champs et la tige roulée de la plupart des espèces de ce genre lui ont fait donner ses noms français el
latin. Ses belles fleurs équinoxiales ou éphémères devancent en général le lever du soleil. Elles sont très-remarquables par leur corolle en cloche, à limbe entier et sans segments. Plusieurs espèces sont de plus intéressantes par le principe laiteux et purgatif qu’elles renferment.
Le L. pes camps, C. arvensis (Clochette des blés, petite,
Vrillée), s’entortille autour des Blés. Ses fleurs seraient plus remarquées si elles étaient moins communes. Sa racine est purgative.
Le L. DES HAIES, C. sepium (grand Convolvulus, Manchette-de-la-Vierge, grande Vrillée), grimpe autour des plus hauts arbrisseaux qui l’avoisinent et les couvre de ses belles feuilles vertes et de ses grandes cloches d’un blanc pur. Sa racine laiteuse et purgative, presque aussi active que celle des Liserons étrangers, est connue sous le nom de Scammonée d'Allemagne ou d'Europe.
Un des plus jolis Liserons qu’on puisse cultiver est le L. À FLEURS DOUBLES, C. ou Calystegia pubescens. Pour lui faire ‘ produire tout son effet, on le met dans un pot qu’on place au centre d’un vaseen fil de fer suspendu à un arbre. On conduit les tiges à travers le treillis à mesure qu’elles se développent, de manière à ce qu’elles garnissent également tout le contour. Les feuilles se pressent, les fleurs augmentent chaque jour, et bientôt tout le vase n’est qu'un tissu vivant et florifère dont l'effet est magnifique. Si des branches s’échappent et qu’elles tombent du haut du vase en formant des guirlandes ou des tresses, on ne fait qu’ajouter à la beauté de ces sortes de cultures. On les rend plus riches encore et plus élégantes en mêlant et en combinant avec le Calystegia les Ipomæa, les Maurandia et les Lophospermum (V. ces mots).
Plusieurs autres espèces de Liserons sont cultivées dans les jardins, entre autres le L. TRICOLORE (Liseron du Portugal, Liset ou Belle-de-jour), qui se ferme le soir pour s'ouvrir aux feux du soleil. Trois cercles, bleu, blanc et soufré , dessinent admirablement le contour de sa large cloche, qui est d’une rare beauté. Il est annuel et fleurit de juin en septembre dans les plates-bandes qu’il tapisse de ses tiges décombantes, singularité qui le distingue des autres espèces grimpantes, ainsi que le L. DE BisCAYE, C. Cantabrica, qu'on trouve
près de Lyon sur les coteaux du Rhône, et qui mériterait les.
jardins. Il a quelques rapports avec le L. SATINÉ, C. eneorum, charmant petit a "Espagne à feuilles satinées et à cloches blanches. Celui-ci veut l’orangerie.
Quelques botanistes ont joint au genre Ipomée (V. IPOMÉE), tout composé de plantes exotiques, le C. purpureus (Volubilis des jardiniers). Sa large corolle offre toutes les nuances du
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violet au blanc avec des raies ou des taches de différentes formes, mais toujours fraîches et jolies. On en garnit les treillis et les berceaux ; on le fait grimper autour des fenêtres et suivre tous les contours qu’on se plait à lui marquer. Il est annuel et se sème sur place en avril, un peu plus tard que la Belle-de-jour, qu’il faut semer sur couche pour en Jouir plus tôt.
Parmi les Liserons exotiques employés en médecine pour
leurs racines charnues, lactescentes et résineuses, on cite le
VRAI JALAP, C. Jalapa, de Xalap au Mexique, très-employé comme purgatif; la SCAMMONÉE D’ALEP, C. scammonea, purgatif drastique violent; le MEcnoacaN, C. Mechoacan (Bryone d'Amérique, Fleur-de-quatre-heures), du nom de cette province du Mexique, et le TURBITH VÉGÉTAL, C. ou Ipomæa turbithum, autre purgatif énergique employé autrefois beaucoup plus qu'aujourd'hui.
Le L. SOLDANELLE, C. soldanella, qui croit en Europe, sur le bord des mers, peut être employé comme ces racines étrangères ; il a à peu près les mêmes vertus.
LOBÉLIE. Lobelia (ainsi nommée des lobes profonds de la corolle). Ce genre est composé d'environ 150 espèces, la plupart étrangères ; toutes ont un-suc laiteux qui les rend plus ou moins vénéneuses. La plus dangereuse est la L. Du CniLr, L. fupa, poison terrible et si prompt que l’odeur seule des fleurs provoque d’affreux vomissements. Il suffirait de se frotter les yeux après avoir touché ses feuilles pour perdre bientôt la vue.
La L. BRULANTE, L. urens, qui croit dans les bois humides. pour être moins vénéneuse que la précédente, n’est pas cependant sans danger.
La L. syPHiLITIQUE est très-belle par ses fleurs bleues en épi terminal ; elle est étrangère et se plait au bord des eaux. On la cultive dans les parterres et les jardins pharmaceutiques comme astringente, tonique et purgative. Elle est trèsemployée en Amérique.
Après les L. fulgens et splendens, qui dépassent en splendeur toutes les autres, l’une des plus belles Lobélies est la Carpr- NALE DES JARDINIERS, L. cardinalis, ôriginaire de l'Amérique septentrionale ; ses grandes fleurs en épi ou grappe unilatérale, d’un rouge cramoisi et velouté, attirent tous les yeux par leur éclat. Elle peut réussir en pleine terre, mais elle la veut franche, légère, humide, et, pour l'hiver, l’orangerie ou une forte converture sont de rigueur. Elle se multiplie de boutures au printemps et de l'éclat des racines en automne. Les sauvages de l'Amérique emploient celles-ci comme vermifuges.