TOME III
abondantes dans les jardins, ont été préconisées comme vulnéraires, détersives, astringentes et purgatives, mais Sont maintenant sans usage.
La L. Des ALPES, d’un grand effet par ses-fleurs d'un violet pourpre à palais orangé, croit dans le voisinage des neiges éternelles, tout à côté de la Renoncule des glaciers. On la trouve abondamment dans les montagnes du Jura.
LION-DENT p’auTOmne. Leontodon autumnale. Cette Lactuacée, très-différente du Pissenlit, nommé vulgairement Dent-de-lion, doit ses noms grec et français aux découpures pointues et anguleuses de ses feuilles, qui présentent des variations vraiment singulières. Les fleurs ne paraissent qu'à la fin de l'été. Elles sont petites, nombreuses, beaucoup moins belles que celles du Pissenlit; mais la tige plus haute est un meilleur fourrage.
LIS BLANC ou commun. Lilium candidum. La Palestine et la Syrie sont l’heureuse patrie de ce beau Lis. Du reste, son éclat et sa culture facile l'ont partout répandu. Il était trèsconnu des Grecs et des Romains. Le chantre de Mantoue veut qu’on sème le Lis à pleines mains sur le tombeau de Daphnis. La noble fleur du Lis a brillé pendant longues années sur l’écusson de nos rois ; ik a toujours été choisi pour l'emblème heureux de l'innocence et de la pudeur, et il a mérité qu'on
dit de lui :
IL est le roi des fleurs si la rose est leur reine,
Le Lis est très-répandu dans les jardins, où ilse multiplie :
abondamment. Il ne craint point le froid. Ses caïeux doivent ètre relevés tous les trois ou quatre ans, avant que les feuilles aient poussé, et replantés aussitôt après à 12 centimètres de rofondeur ; ils donneront alors des fleurs. La larve du criocére des Lis, aussi dégoûtante que l'insecte parfait est joli, les attaque souvent. On peut les en préserver par des fumigations ou des bains de tabac, ou mieux encore en les bassinant avec la préparation de M. Tatin (1).
Le Lis blanc est le type de plusieurs autres espèces cultivées dans les jardins, qui 0 rent comme lui leurs pétales droits et leur corolle campanulée. 11 faut citer comme les plus répandues le L. ORANGÉ ou ACAJOU, L. croceum d’Autriche, et le L. BULBIFÈRE, originaire des Alpes, couronnant tous deux une tige bien feuillée de grandes fleurs jaune-acajou, piquetées de noir. Le second offre sur sa tige une mul-
(:) Voyez 1omE ler, page 94.
titude de petits bulbes qui reproduisent la plante et peuvent donner des fleurs au bout de trois ans.
Le L. MARTAGON, l’une des plus belles fleurs des hautes montagnes, est le type des espèces de Lis à fleurs pendantes et à pétales presque en rond, roulés en dessus comme un turban. Leur forme singulière est souvent rehaussée par les plus brillantes couleurs. Le plus beau de tous est sans contredit le L. MAGNIFIQUE, L. speciosum de Thunberg, que les jardiniers appellent L. lancifolium, quoiqu'il ne ressemble en rien à ce dermer. C’est une des plus belles plantes que l’on puisse voir. Quand la tige est couronnée de trente ou quarante magnifiques fleurs relevant avec grâce leurs pétales nuancés et pointillés des plus riches couleurs, on est tenté de se mettre à genoux pour mieux admirer tant de splendeur. Cette plante n’est pas seulement la parure superbe des mois de juillet et d’août, ses fleurs répandent encore une agréable odeur pendant le temps de leur éclosion. La variété blanche se distingue par un arome plus pur, plus délicat et plus pénétrant, ue peut utiliser ; car les pétales, séchés et conservés dans des vases clos, peuvent servir à parfumer les crèmes, glaces et sorbets. Pour cela, quand ils tombent naturellement, on les recueille sur une feuille de papier blane, puis on les laisse un ou deux jours se dessécher à l’ombre, en ayant soin de les préserver des mouches qui en sont trèsfriandes. On les conserve ensuite dans des vases de cristal fermés ; ils y gardent pendant plusieurs années une délicieuse odeur de vanille. Ce superbe Lis peut supporter l'hiver de nos climats en le recouvrant dans les grands froids; il préfère la terre de bruyère, aussi bien que tous les Martagons.
Les Lis joignent à la beauté des propriétés utiles. Leurs oignons, surtout ceux du Lis blanc, servent en cataplasmes émollients et résolutifs quand on les fait cuire sous la cendre ; leurs pétales, macérés dans l'huile d'olive, sont un remède contre la brûlure ; cette mème huile est employée dans les maux d'oreilles et la gerçure de la peau.
L1S D'EAU, D'ÉTANG. V. NYMPHEÆA.