MOUSSERON. V. AGARIC
MOUTARDE. Sinapis (du grec sinon-opus, fatiguant les yeux). Parmi les espèces que présente ce genre, très-voisin de celui des Choux, il en est trois dans nos provinces qui sont dignes de fixer l'attention.
La M. NOIRE, S. nigra (Senevé, Navette rousse, Russe- -bouc), cultivée en grand dans le nord de la France. On croit qu'elle est le grain de senevé dont parle l'Evangile, parce que c’est la seule dont la tige forte et rameuse s'élève de là 2 mètres ct peut sur ses rameaux loger les oiseaux du ciel. Les jeunes feuilles se mêlent, comme le Cresson alénois, à la salade. Toute la plante peut servir de fourrage ; mais elle
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est surtout cultivée pour sa graine, très-employée en médecine comme rubéfiante. Cette graine, brune en dehors et jaune en dedans, est d’une saveur piquante. Entière, elle est imodore; mais pulvérisée, elle a une odeur très-pénétrante qui, lorsqu’on la broie dans l’eau, irrite fortement les yeux. Elle doit à une huile volatile, dont le principe a été nommé sinapisme, Paction énergique qu’on lui connait, et qui la rend si précieuse au début d’une foule de maladies. Elle stimule fortement les surfaces gastriques et sert d'accompagnement obligé aux substances indigestes. La Moutarde de Dijon est pour la table celle qu’on estime le plus.
Outre ce principe actif qui rend si utile la graine de la
Moutarde, elle renferme aussi une huile fixe, aussi douce que
celle d'olive, que lon mange, que l’on brûle et qu’on emploie en médecine. Elle est connue sous le nom d'huile de beurre ou de Moutarde.
La M. BLANCHE, S. alba (Moutardine), a acquis depuis peu une grande célébrité; ses graines jaunâtres, plus grosses de moitié que celles du Senevé, ont été préconisées par les médecins anglais comme une panacée universelle. On prétend qu’elles sont toniques, stomachiques et laxatives ; elles participent faiblement au principe actif de la Moutarde noire;
leur farine, employée comme assaisonnement des mets, est
beaucoup plus douce. Cette Moutarde se sème assez épaisse, après la moisson, sur les chaumes, à la suite d’un léger labour. C’est un si bon fourrage pour les vaches laitières, à-la fin de lété,. qu’on l’a nommée Plante-de-beurre. Ses feuilles
se mangent comme assaisonnement de salade.
La M. pes cHAMPS, $. arvensis (Navette-des-serins, Jatte, Russe), croit naturellement dans les terrains fertiles. On la cultive aussi comme fourrage dans quelques contrées ; ses feuilles apprètées se mangent comme celles du Chou. On extrait de la graine une huile douce; elle peut être employée aux mêmes usages que celle de la Moutarde noire.