DES- ALLEMANDS , DES -CAPUCINS, DES-MOI- NES, ETC. V. CRANSON
— DES HAIES. V. SISYMBRE OFFICINAL.
MUCÉDINÉES. Cette nombreuse tribu de l'immense famille des Champignons n’apparaîit le plus souvent à nos veux que comme un fin duvet qui tapisse de blanc, de jaune ou de vert les substances en fermentation, le papier humide, le fromage, les mets qui commencent à se gâter, etc. ; et cependant, -vu au microscope ou à une forte loupe, c’est un frais gazon, un pré fleuri, quelquefois mème une haute forêt et
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tout un monde de merveilles, tant la nature (ce nom, dit le célèbre Cuvier, est une expression respectueuse de celui de son auteur) a mis de perfection jusque dans le dernier de ses ouvrages! Ces végétaux en miniature ont une petite tige, des branches, des rameaux souvent bifurqués, quelquefois en étoile, mais toujours munis de petits corpuscules globuleux qui s’en détachent et les reproduisent. La putréfaction développe ces plantes éphémères, mais elle est bien loin de les produire. Elles n'apparaissent jamais sur les surfaces corrompues qui restent privées d'air; c’est lui seulement qui dépose sur elles ces germes microscopiques qu'il a enlevés ailleurs et qui se développent aussitôt qu’ils en trouvent loccasion favorable.
MUCILAGE. Substance végétale, de nature visqueuse et nourrissante, se dissolvant dans l’eau chaude comme la gélatine animale et se prenant comme elle en gelée par refroidissement. Le mucilage, émollient le plus précieux que possède la médecine (V. GuimauYyE), est répandu dans toute la plante, mais plus abondamment dans les racines, la tige et le fruit. La famille des Malvacées est de toutes celle qui en contient le plus. Il a de l’analogie avec la gomme, mais il a moins de consistance et n’est point comme elle une sécrétion. Toutes les plantes abondent en muctïlage dans leur jeunesse, mais la gomme n'apparait que dans quelques unes, et cela surtout quand elles sont vieilles et malades.
MUFLIER DES JARDINS. Añfirrhinum majus. (Mufle-deveau, Gueule-de-lion, Pantoufle.) Voici comment le candide Dodoëns recommandait en 1650 de s’adonner à la culture des Mufliers : « Plusieurs horticulteurs et amateurs de jolies plantes ont soin de se frotter d’huile de Lis ou d'huile de Rameau virginal (Ligustrum vulgare) dans laquelle on a mis de la graine de Mufle-de-veau, sachant pertinemment que cette dernière graine acquiert ainsi la faculté de rendre ceux qui sont oints d’icelle très-agréables aux princes et aux grands de ce monde ; ce qui est d'autant plus certain, que le Mufle-deveau, par ses grimaces et l’art d'ouvrir sa gueule, fait peur aux sorciers et aux démons, de sorte que celui qui porte sur soi une fleur de cette plante est sûr d’avoir avec lui son ange gardien, lequel chasse le diable. » Si nous ne croyons plus aux propriétés merveilleuses attribuées par Dodoëns aux Mufliers, au moins les regardons-nous comme des plantes charmantes, propres à orner les rocailles et les vieux murs. On en possède et on en trouve tous les ans un grand nombre de variétés. La seule qu’on n’ait pas pu encore obtenir est celle à tube blanc et à lèvres panachées. Deux amateurs de Mufliers
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ne s’abordent jamais sans se demander : « L'avez-vous? » Et c’est le mot d'ordre parfaitement compris de tous les adeptes, mot par lequel se reconnaissent facilement entre eux les amateurs d’Antirrhinum. H existe un moyen de distinguer avant la floraison les Mufliers panachés de ceux qui doivent ètre unicolores. Lorsque Îles jeunes plants ont 4 à 6 feuilles, si la face inférieure de ces premières feuilles est uniformément ou verte, ou brune, ou rosée, les Mufliers seront unicolores; si cette face inférieure est rayée ou panachée de rouge, les fleurs seront infailliblement panachées, et le seront d'autant plus que les stries de la feuille seront plus prononcées. Par ce diagnostic, on pourra facilement former des groupes de Mufliers panachés et d’unicolores; on fera bien cependant de distancer et de ne point trop multiplier ceux-ci, parce que leur pollen, en se portant sur les premiers, tendrait promptement à les faire dégénérer.
Le M. RUBICOND, À. orontium, qui croit dans les champs cultivés, passe pour vénéneux.
MUGHO. V. Pr.
MUGUET DE Mar. Convallaria maïalis. (Lis de mai, Lis des vallées, Muguet des Parisiens.) Le joli petit Muguet des bois ne rappelle du Lis que son éclatante blancheur ; beaucoup moins beau sans doute, il plaît peut-être davantage par le charme des lieux où on le trouve : son odeur moins forte est plus suave; sa fleur précoce, qui succède immédiatement à la Violette, se hâte de venir nous réjouir avec les Lilas. Les parfumeurs l’emploient à aromatiser les pommades. Les fleurs
. Séchées et réduites en poudre sont un violent sternutatoire.
On faisait autrefois grand cas de l’eau de Muguet distillée ; on l’employait dans les vertiges, les palpitations, l’apoplexie et les maladies de nerfs; ses vertus cordiales lui ont valu le nom d’eau d’or. Les Allemands en préparent un élixir pour les indigestions, les défaillances, etc., en faisant macérer les fleurs deux mois dans de l’eau-de-vie. Les feuilles trempées dans la chaux donnent une assez belle couleur jaune.
La grâce et l’odeur du Muguet Pont fait introduire dans tous les jardins; il lui faut l'ombre et l'humidité. On en cultive
* deux variétés intéressantes : l’une à fleur rouge clair, l'autre
à fleur double et à tige plus haute que la commune : on les multiplie de racines et reietons.
Les M. ANGULEUX et MULTIFLORE, C. polygonata et multiflora (Sceau-de-Salomon multiflore et commun, Genouillet, Signet), ont une racine fort singulière, formée d’articulations agglomérées, semblables à des sceaux ou à des breloques de montre; de là le nom de Sceau-de-Salomon donné à ces jolies