‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 926 sur 1111 · V. RONCE · texte numérisé non relu

V. RONCE

MURIER BLANC. Morus alba (de son fruit semblable à la mûre). Cet arbre précieux, source de tant d'industries, qui nourrit de ses feuilles

Ce ver laborieux qui s'entoure en silence Des fragiles réseaux filés pour l'opulence,

parait être originaire de la Chine, car c’est de là que sont venues les premières étoffes de soie ; leur fabrication dans ce- . pays semblerait même remonter à bien longtemps avant l'ère chrétienne. Les Indes et la Perse cultivèrent des Mûriers et fabriquèrent de la soie presque exclusivement, jusqu’à ce que deux moines apportèrent de Constantinople des graines de cet arbre et des œufs de vers à soie, qui devaient bientôt donner l'essor à un commerce immense. Vers le temps des Croisades, la Sicile et l’Italie s’en emparèrent ; sous Charles VIE, il fut connu en France, où, un siècle et demi plus tard, les soins et les écrits d'Olivier de Serres en dirigèrent les progrès. Charles VIII créa des pépinières de Mûriers et accorda des priviléges aux manufactures de soieries de Lyon et de Tours.

Henri IV encouragea beaucoup cette branche d'industrie, mais ce furent Louis XIV et Colbert qui lui donnèrent le plus d'extension. L'intérêt a fait le reste, si bien que de nos jours la culture du Mürier, bornée autrefois aux provinces méridionales, s'étend à présent jusqu'aux portes de Paris. Mais de tous nos départements séricicoles l'Ardèche et le Gard sont ceux qui livrent au commerce la plus grande quantité de soie et la plus estimée, tant l’industrie de leurs habitants a su leur créer des ressources que l’âpreté de leur sol rocailleux semblait leur refuser.

Le Mürier est un arbre de troisième grandeur ; son bois jaunâtre et veiné est propre au tour, et sert à faire des meubles, des tonneaux, des lits que l’on dit garantis des insectes, elc. Les branches font des cercles, des échalas, des treillis ; leur écorce, préparée comme le Chanvre, donné de la filasse bonne pour la toile et le papier. Mais on ne le cultive que pour sa feuille ; le Mürier sauvage ne l’offrant que petite et peu abondante, on le greffe pour l’avoir de meilleure qualité. On sème

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