MUR
au printemps pour mettre en pépinière le jeune plant qu'on pue près de terre, en flûte ou en écusson, lorsqu'il est de a grosseur du petit doigt. Quand l'arbre est de force suffisante, on le met en place vers l’entrée de l'hiver. Un terrain substantiel, mais plutôt siliceux qu'argileux, une exposition à mi-coteau au midi et à l’est, un climat d’une chaleur suffisante, conviennent à sa culture. Ses feuilles sont tardives ; elles viennent seulement en mai, au moment de Féclosion des vers à soie. Elles poussent si rapidement, qu’on peut impunément enlever toutes les premières feuilles, qu'on cueille de bas en haut pour ne pas endommager le bourgeon. La seconde récolte se fait en automne et sert à la nourriture des troupeaux. C’est à la première qu’on le taille pour enlever le bois mort et les rameaux superflus. Il est d'autant plus précoce qu'on le raccourcit davantage et que les branches sont plus près de terre.
Parmi un grand nombre de variétés, les plus cultivées sont les Mûriers de Chine, d'Italie et de Tartarie, les Müriers à grosse côle, luisant, Pérottet, multicaule et Moretti. Ces derniers sont ceux qui donnent les meilleures feuilles et sont les moins délicats.
Le M. norr, M. nigra, est moins répandu que le blanc, auquel il ressemble beaucoup ; ses propriétés sont les mêmes, et ses feuilles conviennent également, quoique moins bien, aux graines de vers à soie. Son fruit est noir, gros et abondant ; il est rafraichissant et nourrissant ; on en fait un sirop pectoral estimé, précieux dans les maux de gorge. Le fruit du
Mürier noir donne par la fermentation un vin qui, après deux ans, se convertit en excellent vinaigre.
Peut-on parler du Mùrier sans dire un mot de l'insecte précieux qui fait sa renommée ? On fait éclore ses œufs ou
raines à une chaleur de 20 à 25 degrés aussitôt que les euiles commencent à pousser. Huit jours suffisent à l’éclosion du ver à soie, qui, au moment de sa naissance, n'a guère plus de 3 millimètres de long, mais qui croit si vite, qu'il acquiert en moins d’un mois une longueur de prèsde9 centimètres. On reçoit les jeunes vers sur de jeunes feuilles de Mürier. Aussitôt que les magnans ou vers sont assez forts, on les place dans leurs magnanertes, théàtre de leur courte vie et paisible atelier de leurs admirables travaux. Ce sont de vastes appartements où l’on entretient une chaleur de 25 à 28 degrés ; ils sont garnis de claies ou rayons qu'on maintient dans une rande Le 8 par le moyen de filets sur lesquels on étend a feuille ; les vers à soie y grimpent par les mailles et abandonnent les débris de leur précédent repos. Ils sont soumis à quatre mues ou changements de peau avant de faire leur cocon.