MYRTILLE. V. AIRELLE
NAÏADE MAJEURE. Les nymphes des eaux ont donné leur nom à cette plante aquatique, dont le vert feuillage flotte au gré des flots; sa fleur, peu apparente, ne se montre qu’en été. La plante sert à nourrir Le poisson et à fumer les terres
après qu’on l’a arrachée des eaux pour l’entasser sur leurs bords.
NARCISSE Des POÈTES. Narcissus poeticus (du grec narké, engourdissement). (Dame, Jeannette, Claudinette, Cou-dechameau.) Les poètes racontent que le jeune Narcisse, s’étant regardé dans une fontaine, fut si épris de sa beauté, que, consumé d'amour pour lui-même, il en mourut; les dieux le changèrent en la fleur qui porte son nom, et qui, croissant souvent au bord des eaux, semble s’y pencher pour s’y mirer encore. Sa fleur blanche était consacrée aux divinités infernales ; on en faisait des guirlandes aux furies.
Le Narcisse se trouve abondamment dans le Midi et dans la plupart de nos prairies de montagnes. Sa beauté et son parfum le font cultiver dans les jardins, où on le multiplie de caïeux qu'on relève tous les deux ou trois ans ; ils sont émétiques. La fleur sert en parfumerie.
Le N. FAUX NARCISSE, N. pseudo-narcissus (Narcisse sauvage, Fleur-de-coucou), plus précoce que le précédent, mais inodore, croit dans les prairies et les bois. La culture en a obtenu plusieurs variétés simples et doubles, jaunes, blan-
£hes, panachées. Les fleurs sont anti-spasmodiques et donnent
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une belle couleur jaune. Le bulbe, qui est émétique, devient vénéneux à haute dose. |
Le N. 3ONQUILLE, N. junquilla, doit son nom à ses feuilles en jonc. On aura peine à croire que cette fleur, si recherchée dans les jardins pour son odeur suave, soit si commune dans nos provinces méridionales qu’elle y vient en plein champ. On a obtenu des Jonquilles doubies par la culture, également de la couleur vive et claire à laquelle elles ont donné leur nom. Le bulbe se plante en septembre, en terre franche et légère, à deux doigts de profondeur, la pointe légèrement inclinée vers le nord, et une petite coquille en dessous pour l'empêcher de s’enfoncer. On l’enlève tous les trois ans pour séparer les caïeux et changer l'oignon de place.
Le N. À BOUQUET, N. fazetta (Narcisse d’hiver), fleurit en mars ; il est aussi commun dans les prairies méridionales que les précédents. C’est de tous les Narcisses celui qui donne les plus belles variétés. Les plus répandues sont les Narcisses de Constantinople et de Chypre, les Narcisses odorant et multiflore. Toutes ces variétés, les doubles surtout, sont délicates et craignent le froid. On les cultive en pot ou sur la cheminée dans de petites carafes d’eau où l’on met deux ou trois grains de sel. Il faut relever les caïeux tous les ans ; sans cette précaution, les fleurs doubles dégénèrent. Les oignons forcés ou de carafe ne refleurissent pas la seconde année ; il importe de les mettre souvent à l'air, quand il ne gèle pas, pour éviter l’étiolement. ,