MYR
son nom, devenu symbolique, a une origine touchante. Un jeune homme se baignait dans une eau pure; une touffe de Myosotis en fleur le tente ; il nage vers elle, la cueille et la jette à ses amis en s’écriant: «Ne m’oubliez pas! » Onne le revit plus, mais la plante a gardé ses derniers mots et sa mémoire. Cette fleur chérie se retrouve partout, dans les bouquets, les tableaux, les ornements des dames. On se plaît à en faire des assiettes russes, petits îlots de fleurs flottantes sur des vases d’eau ; le Myosotis s’y retrouve dans son élément et s’y épanouit. Ses petites fleurs bleu de ciel, dressées en queue de scorpion, sont d’un effet charmant en couronne.
Tous les Myosotis sont mucilagineux et anti-ophthalmiques, appliqués en cataplasmes.
MYRICA. Myrica. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux de Ouest et du Nord, appartenant à la famille des Amentacées; leurs chatons sont dioïques; les fruits, légèrement charnus, sont intéressants par la sécrétion d’une espèce de cire odorante dont on'se sert pour l’éclairage. Le plus remarquable des Myricas, sous ce rapport, est le CIRIER DE LA LOUISIANE OU DE PENSYLVANIE, M. cerifera, de l’'Amérique septentrionale. Ses drupes ne sont pas plus gros que des grains de poivre, mais contiennent tant de cire verte, qu’en les faisant bouillir dans l’eau on en obtient beaucoup à la surface de ce liquide. Elle brûle très-bien en exhalant une bonne odeur. La racine est employée en décoctions astringentes contre les pertes de sang.
Le M. GALÉ (Myrte bàtard, Thé de Simon Pauli, Pimentdes-marins, Poivre du Brabant), croît en Belgique, au nord et à l’ouest de la France. C’est un petit arbrisseau des marais. Ses feuilles peuvent remplacer le Thé, le Houblon pour la bière, les épices dans les mets; leur décoction est employée contre la vermine des troupeaux. Les rameaux se mettent dans les appartements pour écarter les insectes et servent au tannage. Les semences et les boutons teignent en jaune.
MYRRAE. V. BALSAMIER.
MYRRHIDE, MYRRHIS. V. CERFEUIL.
MYRTE COMMuN. Bel arbuste toujours vert, à petites feuilles luisantes et odorantes, à fleurs blanches et étamines nombreuses. Le Myrte, célèbre dans l'antiquité et cher aux poètes, était consacré à Vénus et aux nymphes. Les dieux lares-et les divinités domestiques des pauvres foyers en étaient couronnés ainsi que les suppliants, les magistrats et les vainqueurs aux jeux isthmiques. Cet arbre des pays chauds y devient d’une belle grandeur; mais dans le nord del’Afrique et le
NAR 717 midi de l’Europe, où il croît abondamment, ce n’est qu’un charmant arbrisseau qui, dans nos provinces, demande l’orangerie. Il lui faut, pour conserver ses feuilles, de l'air, du jour et de l’eau. On ‘le multiplie de graines, rejetons, marcottes et boutures. | Le Myrte se taille comme on veut, en boule, pyramide, palissade, etc. On en fait dans le Midi des murs de verdure charmants, aussi précieux qu’agréables ; il fournit un bois dur, propre au tour. Ses feuilles servent au tannage, ses baies s’emploient en cuisine et remplacent le poivre : c’est en les mangeant que les merles de Corse acquièrent l’arome spécial ui les caractérise. On en retire une teinture ardoisée. Les euilles et l’écorce donnent par la distillation une huile essentielle connue en parfumerie sous le nom d’eau d'ange. - MYRTE ÉPINEUX. V. FRELON.