‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 937 sur 1111 · NOPAL. V. CIERGE · texte numérisé non relu

NOPAL. V. CIERGE

NOSTOC. Souvent dans les allées de jardin apparaissent après Ja pluie, des expansions gélatineuses d’un brun verdâtre, à bords onduleux, déchirés, formant primitivement une espèce de boule de la grosseur d’un œuf d'oiseau ou de poisson : c’est le fameux Nostoc de Paracelse, lArchée céleste, le Beurre magique, la Fille-du-ciel, la Fleur-du-soleil ou dela-terre, le Crachat-de-la-lune, la Merde-de-coucou, célèbre encore sous mille autres noms pompeux dans les rêveries des alchimistes, qui lui attribuaient des vertus miraculeuses. On conçoit que l’apparition subite de cette Algue dans les lieux où avant la pluie rien ne l’annonçait, mais où existaient ses germes très-prompts à se développer à l'humidité, ait pu fournir un beau champ à l'imagination non éclairée par la science. Le Nostoc a été indiqué comme anti-cancéreux ; en Sibérie, il sert de topique dans les ophthalmies et l’enflure des pieds. On lemploie dans le Nord pour faire croitre les cheveux.

NOYER cuLTriIvÉ. Juglans regia (du latin Jovis glans, gland de Jupiter). Ce bel arbre, originaire de Perse, mais cultivé en Europe de temps immémorial, est, avec le Chêne et le Fayard, l’un des plus grands et des plus beaux que nous possédions. Son bois, non moins précieux que ses fruits oléagineux, assure un riche produit aux contrées où il abonde ; soit qu'on le plante en avenues largement espacées, sur le

flanc des collines ou dans les vallées, il réussit partout où il :

trouve à étendre ses profondes racines et ses larges branches. On lui reproche d’effriter le terrain et de nuire aux champs de blé ; cependant les riches vallées de la Limagne et du Graisivaudan en sont tellement garnies qu’on ne sait qu’admirer davantage ou de la beauté des Noyers ou de la richesse des moissons. On dit que les gouttes de pluie qui traversent son

b | NOY 725 feuillage nuisent aux plantes. Dans l'opinion du peuple, son ombre est dangereuse à ceux qui viennent s’y reposer ; mais Le remède est facile : il suffit d’enlever une feuille, un peu d’écorce, un peu de mousse à l’arbre, et de là le proverbe : Marquez le noyer, ou il vous marquera.

Ce bel arbre est lent à croître. Il convient de laisser franc et de semer sur place le Noyer qu'on garde pour son bois: mais si l’on vise à son fruit, il le faut élever en pépinière. Après avoir faitstratifier (V. STRATIFICATION) pendant l'hiver les plus belles noix, on sème en bonne terre, à 9 centimètres de profondeur et 50 de distance en tous sen£ : quand le sujet a atteint environ 2 mètres, on greffe en fehte, en flûte ou à l'écusson, et l’on met en terre l’année suivante dans un terrain bien défoncé. On peut, en étêtant un vieux Noyer, greffer les jeunes scions qu'il poussera en abondance; car il est à remarquer que le Noyer greflé rend le double ou le triple de celui qui ne Pest pas.

Parmi les variétés intéressantes, il faut citer :

Le N. commun, le plus productif en fruits à huile, mais sa * coque est dure. Le N. MÉSANGE, qui a la coque si tendre que les oiseaux la percent de leur bec; c’est le meilleur pour la table. Le N. DE LA SAINT-JEAN, qui pousse tard, donne ses fruits de bonne heure et convient aux pays froids. Le N. an- GULEUX, dont l’amande est très-enfoncée dans une coque fort dure; ilest grand, fort, vigoureux, et a le bois le mieux veiné. Le N. À GROS FRUITS RONDS, l’un des plus productifs. Le N. À GROS FRUITS, dits noïx barottes ou noix de jauge, dont le fruit est d’une grosseur remarquable, mais l’amande en séchant y fait un retrait considérable. Cette variété est voisine de la noix à bijoux, noix si grosse qu’on y peut loger une paire de gants.

Le bois de Noyer, doux, liant, facile X travailler et propre au plus beau poli, convient à tous les ouvrages de tour et de menuiserie. Les racines surtout ont des veines ondulées et chatoyantes, noires et brunes, qui les font rechercher pour les beaux meubles. En faisant tremper quelques mois le Noyer dans l’eau, ses couleurs deviennent plus vives et son bois plus dur. -

Le Noyer donne par incision un suc qui peut se convertir en sucre. Sa seconde écorce est vésicante. La feuille est un spécifique contre la jaunisse, les maladies de peau et les ulcères peu douloureux. Elles servent à parfumer la pommade de graisse d'ours et à préserver le linge des teignes. Elles donnent, ainsi que le bois et les coques, beaucoup de potasse.

Le brou de noix est vermifuge ; on en fait de l'encre, de

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