ŒIL
Les belles variétés se multiplient par boutures et marcottes. (V. ces mots.) Celles-ci doivent être sevrées avant l'hiver et mises en pot seulement au printemps. Pour obtenir de nouvelles variétés, on a recours au semis. Les bonnes graines sont très-rares et doivent être récoltées avec le plus grand soin sur les OEillets doubles, parfaits de forme et de couleur. On sème en terre de bruyère ou terreau léger pour repiquer en terre francie. Une expérience faite au jardin botanique de Dijon permet de distinguer d'avance les OEillets doubles d’avec les simples. Tous les plants qui présentent trois ou quatre cotylédons, ou bien un cotylédon beaucoup plus divisé que J’autre ou divisé en deux parties, donnent constamment de magnifiques fleurs doubles.
L’OE. PLUME, D. plumarius ou moschatus (Mignardise, Œillet musqué), se cultive en bordure. Ses toufles gazonneuses, couvertes de fleurs en mai et juin, embaument les allées. Ia plusieurs variétés : la Rose est la plus commune et s'étend davantage ; la Mi-blanche et la Couronnée sont plus délicates ; toutes se propagent aisément de l'éclat des racines.
L’CE. 8arBu, D. barbatus (Bouquet-parfait, OEïllet-de-poète, Jalousie), originaire d'Allemagne, est très-répandu. Il est inodore, mais fait. de belles touffes ; ses tiges, droites et feuillées, portent en cyme une multitude de petites fleurs serrées, rouges,. blanches ou nuancées, et forment à elles seules un bouquet tout fait. Il est rustique et se multiplie comme on veut.
L’OE. DE LA CHINE, D. Sinensis (OEillet de Perse), est plus
* dilicat. Quoique b'sannuel, il faut le ressemer tous les ans
sur couche et repiquer en terre légère. Il tient le milieu entre le Bouquet-tout-fait et la Giroflée, et offre toutes les nuances du rouge au blanc. On le reconnait à l'éclat velouté de ses pétales ; ses fleurs durent presque toute l’année.
Les espèces indigènes les plus intéressantes, très-propres aussi à orner les jardins, sont : l’OE. SUPERBE ou MIGKOx- NETTE DES MONTAGNES, à longs pétales frangés, d’une délicatesse charmante ; \'OE. pes CHARTREUX, D. Carthusianorum (OEïl-de-perdrix), très-commun dans les bois sees et sur les coteaux arides; il est d’un rouge éclatant; l'O. DELTOÏDE, à couleurs vives et tiges décombantes; l’'OE. RUDE, D. asper, commun dans le midi de la France, où il décore les rocailles de ses jolies touffes glauques et de ses fleurs d’un rose tendre.
Les OEillets odorants, tels que la Giroflée et la Mignardise, sont les seuls employés en médecine comme céphaliques, et en parfumerie pour les essences et les pommades. On compose avec l’OEillet rouge ou grenadin une liqueur de ménage