ORCANETTE VÉRITABLE. V. GREMIL DES TEINTURIERS
ORCHIS. Orchis. Ce genre intéressant est nombreux en espèces. Il offre dans les deux tubercules palmés ou globuleux de sa racine une singularité-très-remarquable. Chaque année l’un des deux se flétrit après avoir servi au développement de la tige. Ilen pousse un nouveau du côté opposé, et ainsi de suite ; de sorte que la plante gagne du terrain d’année en année, et peut se trouver au bout de trente ans à un mètre de distance du point de départ où elle a pris naissance.
Ces mêmes tubercules sont importants par le salep que les Turcs en retirent, et que nous pourrions également en extraire, puisque c’est de l'O. mascula et de l'O. morio, si abondants chez nous, qu’ils obtiennent. Le procédé en est facile. Quand la plante est près de fleurir, ils choisissent les plus beaux tubercules, les pèlent et les mettent à l’eau froide pendant quelques heures; ensuite’il les font cuire, les enfilent et les laissent sécher à l'air. Ils y durcissent et prennent une demi-transparence semblable à la gomme adragant. On les garde ainsi jusqu’à ce qu'on les pulvérise peur manger leur fécule ou salep en potage mucilagineux, pectoral et tonique très-estimé. On lassocie fréquemment au lait et au chocolat pour les rendre plus nourrissants.
L'un des plus beaux Orchis indigènes est l'O. fusea de notre Flore, vulgairement nommé Orchis militaire, parce que sa fleur, munie d’un casque bronzé et d'organes vigoureux ayant un air redoutable, rappelle le caractère martial et le port altier d’un homme de guerre. Si notre O. fusca était placé en fleurs dans quelque serre à Orchidées exotiques, beaucoup de ces filles prétentieuses de la zône torride auraient à se cacher devant lamazone au casque d’airain de nos coteaux calcaires.
On a souvent condamné et calomnié nos Orchidées indigènes en disant que, filles de la liberté et de l'indépendance, elles ne subissent pas le joug de nos cultures, et qu’elles périssent dans nos jardins, qu’elles regardent comme une prison. Il est cependant possible de les y acclimater. Quand on imite les circonstances qu’offrent naturellement les stations où elles croissent spontanément, on parvient à les conserver et même à les embellir par la culture. Ce qui fait qu'on ne réussit point ordinairement, c’est qu’on veut leur donner à toutes le mème terrain et la même exposition, placer à côté les unes des autres celles des marais et celles des pelouses arides, celles qui aiment le nord et celles qui ne s’épanouissent
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ORG 731 qu'au midi. Qu'on choisisse à chaque espèce la position qui lui convient et le sol qui lui est approprié, et l’on verra que les Orchis ne sont point aussi indociles qu’on l’a mensongèrement supposé. Pour tous ceux des terrains secs, on se trouvera toujours bien de mettre un lit de cailloux à 30 centimètres de profondeur au dessous des tubercules.
La plupart des Orchidées étrangères croissent sur les arbres et sur les mousses, e! s’y développent en faux parasites. Elles veulent une serre chaude et humide, où leur culture exige beaucoup de soms et de frais.