‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 2)Chapitre 973 sur 1111 · PAVIA. V. MARRONNIER · texte numérisé non relu

PAVIA. V. MARRONNIER

PAVOT. Papaver. Belle autant qu’elle est utile, cette plante a fixé attention des premiers hommes, qui ont reconnu ses propriétés soporifiques, puisqu'ils mettaient un Pavot dans la main de Morphée, et qu'ils le consacraient à Cérès, dont il endormit la douleur. Ils faisaient aussi des càteaux de ses graines mêlées au miel et à la farine, et de là l’épithète de nourricier, vescum, que Virgile lui donne.

Le P. SOMNIFÈRE OU DES JARDINS, originaire de la Perse, est depuis longtemps naturalisé en France. On le cultive dans les jardins pour la beauté de ses grosses fleurs en boule, offrant toutes les nuances du rouge au blanc, et devenant très-facilenent doubles avec une immense quantité de pétales. Il n’a contre lui que sa mauvaise odeur, + Pavot des jardins offre deux variétés moins belles, mais plus importantes : l’une est l’'Œillette ou Pavot, à fleur simple d’un blanc lilas , à capsules perforées sous le disque et à graines noires ; l’autre est le Pavot blanc à grosse tête ou Pavot-des-boutiques, à grosses

PÉC 157 capsules toujours fermées et à graines blanches, L’OEillette se cultive en grand dans les départements du Nord; ïl lui faut un terrain profond, substantiel et légèrement humide. Elle ne se repique pas; on sème et on éclaircit deux ou trois fois. La graine donne une fort bonne huile, la meilleure et la plus douce après celle d'olive. Elle se fige moins vite et sert, Comme elle, à l'éclairage, à la cuisine et à la peinture. Son marc, mis en tourteaux, est un engrais pour les animaux. En plusieurs provinces on mange la graine de Pavot, et à Gêénes on en fait des dragées.

Les têtes du Pavot blanc sont d’un fréquent usage en médecine. Elles ont en petit, et toujours d’une manière bénigne, les propriétés de l’opium. On les emploie en décoction comme narcotiques et anti-spasmodiques.

L’opium est l’extrait du Pavot somnifère. On sait de quelle célébrité il jouit chez les Tures et les Orientaux, qui, malgré ses effets dangereux, se livrent avec frénésie à la séduisante ivresse qu'il inspire. Ce précieux narcotique s'obtient par des incisions faites à la plante, à la capsule surtout, sous la forme d’un suc blanc qui se durcit à l’air. Selon l'emploi qu’on en fait, il peut être très-utile ou fort dangereux. Il agit sur le système nerveux et provoque au sommeil par l'engourdissement où il plonge tous les organes. A plus grande dose, c’est un stimulant énergique qui porte au plus haut degré d’excitation toutes les fonctions vitales ; à dose trèsforte, c’est un poison violent. |

L’opium nous vient de l'Orient et de la Perse. Celui qu’on prépare en France a les mêmes qualités pour les usages pharmaceutiques. On purifie l’opium du commerce en le traitant par une grande quantité d’eau froide; on le nomme alors laudanum ou extrait d’opium. La morphine, principe immédiat et alcalin du Pavot, est encore plus active que l’opium; la codéine, qui s’en rapproche beaucoup, la méconine et la narcotine, qu’on y trouve aussi, sont moins importantes.

Le P. coQuELICOT, P. rhœæas (Pavot coq, Ponceau), d’un si bel effet dans les champs de blé, embellit encore les jardins, où il devient double et offre toutes les nuances du

-rouge au blanc. On le sème en massif ou bordure en automne ou au printemps. Ses pétales sont employés comme pectoraux et adoucissants dans les catarrhes pulmonaires. Ils teignent en rouge la laine avec l’alun et l'acide acétique.

PAVOT CORNU. V. GLAUCION.

PÊCHER. Persica. Le nom latin et celui de Perse, donné quelquefois à la Pêche, indique le pays d’où cet arbre intéressant tire son origine. Le fruit délicieux qu'il produit, si

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recherché en France, est, dit-on, un poison mortel en Perse. La petite quantité d’acide prussique qu’enferment son amande et ses fleurs a peut-être donné lieu à cette imputation. On en extrait un sirop moins usité que les feuilles et les fleurs, qui sont vermifuges et purgatives. La décoction des premières sert à laver et purifier les tonneaux; bouillies avec le lait, elles lui donnent un goût d'amande amère.

Les pèches, qui sont d’autant- plus savoureuses qu’elles ont müri sous un soleil plus chaud, se mangent crues, en compote et confites à l’eau-de-vie. Pour les avoir bonnes et les conserver dans ce dernier état, voici comment il faut les préparer. On cueille de belles pêches, un peu avant leur maturité, au milieu du jour, par un temps sec et chaud. Il faut les choisir sans taches et éviter celles qui ont le noyau adhérent. Après avoir bien essuyé le duvet qui les recouvre, on les fend jusqu'au noyau, pour donner au sirop et à l’eau-de-vie la facilité de les pénétrer et de les confire à fond. On fait ensuite un sirop (V. Sirop) pour lequel on emploie 4 kilogrammes de sucre et 6 litres d’eau pour 100 pèches. Lorsque le sirop est bouillant, on y met lès pêches, non toutes à la fois, mais successivement, et on les y laisse quelques minutes. Il faut les retirer avec une écumoire aussitôt qu’elles blanchissent. Dans cette opération, on doit agir avec promptitude, parce que les pêches qui cuisent trop ne valent rien pour l'eau-de-vie. A mesure qu’on les retire, on les met sécher sur une table couverte de linges blancs, en ayant soin de les poser sur lenaille afin que l’eau puisse mieux s’écouler. Quand le sirop commence à candir, on le laisse refroidir, et on y ajoute 4 litres de bonne eau-de-vie. On met alors les pêches dans des bouteilles à large ouverture, et l’on vide par dessus le liquide jusqu’à ce qu’elles soient pleines. Les pêches surnagent d’abord, puis vont au fond; c’est un signe qu’elles peuvent se conserver plusieurs années, pourvu qu’on aït soin de tenir les bouteilles parfaitement bouchées. Les abricots confits se préparent absolument de la même manière.

On fait de l'alcool avec les pêches, et avec leur amande de l’eau de noyaux. Leurs coques brûlées donnent le noir de pêche. Le bois de Pècher, qui est dur et d’un rouge brun à larges veines, est l’un des plus beaux que nous ayons. IL est recherché des tourneurs et ébénistes. Les Chinois en prennent la poussière pour colorer leurs fruits artificiels et leur donner le parfum de la pêche. On trouve sur cet arbre beaucoup de gomme ayant cours dans le commerce avec celle des Amandiers, des Cerisiers, etc.

Les Pèchers se cultivent à plein vent dans le midi et dans le centre de la France et en espalier dans le nord. Les belles

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