À MES ÉLÈVES
L'étude de la nature, si pleine de charmes, peut s'embellir encore de ceux de l'amitié. C’est elle qui vous offre un faible travail dont elle a adouei les peines, et dont, je l'espère, elle excusera les défauts. Comment, sans elle, eût osé écrire celui qui n'aurait dû peut-être qu'apprendre et écouter ?
Je devais un hommage à l’Argentière, abri modeste des vertus et des sciences, lieu foriuné où toutes mes années coulèrent heûreuses. J'en devais un à celui qu'avant vous je nommais mon père (1), et dont le cœur généreux sut étayer ma faiblesse
(1) M. Beaujolin, alors supérieur du petit séminaire de l'Argentière, aujourd'hui vicaire-général du diocèse de Lyon.
pour la faire servir à vos besoins. Puisse cette Etude des Fleurs acquitter mon tribut, et être pour vous, mes amis, une compensation légère à l'insuffisance de mes leçons! Il vous fallait un livre élémentaire : j'ai essayé de le faire, et d’être ainsi, dans les jours de l'absence, quelquefois encore avec vous.
Si, dans vos courses lointaines, vous revoyez une fleur de la vallée, peut-être vous rappellerat-elle l'asile où de pieux sentiments vous rendirent heureux. Là, parmi tous vos amis, il en fut un qui l’est et le sera toujours. Heureux si, en vous faisant aimer la nature, il a pu quelquefois élever vos âmes jusqu’à son auteur ! Il n’a cherché que la plus grande gloire de Dieu, et ne demande que votre souvenir devaut lui,