La chaleur. La chaleur, ce grand stimulant des forces
vitales, distend les vaisseaux, les pénètre et rend plus active l'influence des autres agents. Dans une température au dessous de zéro, la graine reste inactive ; au dessus de 50°, elle se dessèche et perd sa force végétative. Entre ces deux limites, une chaleur de 25 à 30°, unie à une humidité convenable,est celle qui est la plus favorable à la germination.
23. L'air. L'air est aussi nécessaire aux graines pour gerner et pour s’accroitre, qu'il est indispensable aux animaux pour respirer et pour vivre. Voilà pourquei les graines enfoncées trop profondément dans la terre ne peuvent y donner aucun signe de vie.
Des deux gaz élémentaires dont il se compose, et qui sont l'oxygène pour les 0,21 de son volume, et l’azote pour les 0,79, oxygène seul est propre à la germination. Des graines placées dans du gaz azote y périraient infailliblement ; mais aussi l'oxygène pur et isolé ne tarderait pas à détruire les germes. Son activité trop puissante a dû être tempérée parle mélange de l’azote dans la germination. L’oxygène de l'air s’empare de l’excès de carbone que contient la graine, et forme avec lui de l'acide carbonique qui est rejeté au dehors. Alors les principes laiteux ou sucrés des cotylédons et du périsperme se développent et servent de premier aliment à la jeune plante, trop délicate encore pour absorber une nourriture plus substantielle,
24. Ces conditions une fois réunies, que l’on place la graine dans la terre, siége naturel des plantes, ou sous un abri quelconque, qui puisse, en communiquant l'humidité, intercepter la lumière, funeste à la germination en ce qu’elle fixe trop le carbone, et aussitôt commencera le grand acte de la germination (lg. 3).
Les tuniques dilatées se ramollissent, s’entr’ouvrent et donnent passage à la radicule (r), qu'une tendance irrésistible entraine vers le centre de la terre. La gemmule (g), obéissant à un instinct contraire, quelle que soit la position de la graine, cherche l’air et le soleil, et s’élance hors du sol. Quelquefois les cotylédons restent sous terre, comme dans le pois-fleur ;
ÉLÉMENTAIRE. 11 alorsils se flétrissent et finissent par disparaître ; mais le plus souvent ils-précèdent la gemmule dans son mouvement ascensionnel. Arrivés à la lumière, ils verdissent, se déroulent, s’étalent et commencent à puiser dans le sein de latmosphère une partie des fluides qui doivent être employés à laccroissement de la jeune plante. Dès cet instant la germination est opérée.
25. Dans la germination des graines monocotylédones (fig.4), plusieurs radicelles (r) naissent ordinairement des parties inférieures et latérales de la tigelle. Quand elles ont acquis un certain développement, la radicule principale se détruit et disparaît. Aussi les plantes monocotylédones n’ontelles jamais de racine pivotante (fig. 5). De plus, la gemmule sort le-plus souvent par la partie latérale du cotylédon et non par son sommet.
26, Toutes les graines n’emploient pas le même espace de temps pour germer. Ainsi, il en est qui lèvent dans un espace de temps très-court : il ne faut au cresson alénois que deux jours ; à l’épinard, au navet et au haricot que trois jours; à la laitue que quatre ; à la plupart des graminées qu'une semaine. D’autres graines, au contraire, demeurent un temps fort considérable avant de donner aucun signe de développement. : ce sont celles qui ont un épisperme très-dur, comme celles du pécher, de l’amandier, qui ne germent qu'au bout d’un an; du noïsetier, du cornouillier, qui ne se PORN que deux années après avoir été mises en terre.
27. Tout ce que nous venons de dire sur la germination ne convient évidemment qu'aux végétaux cotylédonés. Quant aux plantes acotylédonées, comme elles n’ont ni fleurs, ni graines, ni embryon, elles germent d'une manière toute différente, sur laquelle. les savants n’ont formé jusqu’à BRU que des conjectures très-incertaines.
QUESTIONNAIRE
Qu'est-ce que la germination ? — Quelles sont les conditions nécessaires à læ graine pour qu’elle ait lieu ? — Quels agents extérieurs doivent y
concourir ? — Quelle est l'action propre à chacun de ces agents 2 Quels sont les phénomènes qui accompagnent la germination ? — Quelle différence présentent-ils dans les plantes monocotylédonées et dans les plantes dicotylédonées ?—Faut-il longtemps aux graines pour germer ? — Quelle remarque y a-t-il à faire sur les végétaux acotyledonés?""
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